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Entretien avec Eric Coulon, "Le dévoiement du christianisme", aux Editions Sulliver - la revue Trans-humance

Eric Coulon : Je dois reconnaître que le titre proposé peut contenir une certaine ambiguïté. Il nous faut sans délai la prévenir, la lever et fournir pour cela une précision d’importance. Ce qu’il est nécessaire d’entendre par ce titre, c’est non pas que le christianisme s’est, de lui-même, par lui-même et en lui-même, dévoyé mais qu’il y a eu dévoiement par rapport au christianisme, glissement menant hors du christianisme, en chrétienté, mouvement conduisant finalement à faire passer le christianisme pour ce qu’il n’est pas. Le « dévoiement » est ici à entendre comme détournement de la conscience et usurpation par rapport à une voie originaire et fondatrice qui, elle, est demeurée et demeure immuable. Cette voie originale est celle proposée et indiquée par le récit chrétien canonisé, notamment par les Évangiles. Le dévoiement ainsi entendu est peut-être une trahison mais c’est une trahison radicalement aveugle d’elle-même, aveuglée qu’elle est par la certitude qui l’habite d’être la seule et unique voie chrétienne droite et fidèle.

Ledevoiement

  • Vous opposez clairement la source chrétienne, le moment fondateur, avec Jésus-le Christ himself, et l'après, avec la chrétienté, comme dans ce passage.  "La voix de Jésus-Christ est une voix s’exprimant de façon inconditionnelle, parce que guidée par le Verbe et régie par le seul souci, par la seule nécessité de la Vie, de la Lumière, de la Vérité ; la voix des hommes de la chrétienté fut trop souvent une parole conditionnée par des impératifs mondains partiels et partiaux. La voie du christianisme est métanoia, une voie religieuse et métaphysique empruntant le chemin phénoménologique conduisant à la clairière transcendantale où la communion de l’humain et du divin peut seule s’accomplir ; la voie de la chrétienté est une voie religieuse et morale se perdant dans les méandres de l’arbitraire sociopolitique et de la contingence historique et y égarant avec elle ceux qu’elle entraîne. La voix du christianisme s’adresse à l’individu, monte du plus intime en lui, fait appel à ses puissances supérieures, exige de lui le dépassement de soi, sa maturité globale, et, enfin, le conduit vers la plus haute et la plus harmonieuse des communions entre les êtres comme entre les êtres et Dieu lui-même. La voix de la chrétienté, pour sa part, résonne de l’extérieur aux oreilles des masses anonymes, pétrifie les élans de vie, joue avec et manipule les puissances réactives de l’homme, le maintient dans l’immaturité et la dépendance, et, finalement, le plonge dans le plus sombre nihilisme. Enfin, la voie du christianisme est celle de l’Église invisible, de l’incarnation, de la communauté transcendantale et de la non dualité, elle amplifie et intensifie la communion avec la Vie ; la voie de la chrétienté est celle de l’Église visible, du formalisme, du collectif institué et des dualismes, elle amplifie et intensifie la fascination pour le monde."  Est-ce à dire que, pour être chrétien, il faut impérativement renoncer à l'Eglise ? Qu'est-ce qui, dans son Histoire, incarne et démontre un sens du négatif qui plaide contre elle ?

La question est de savoir de quelle Eglise nous parlons. S’il s’agit de l’Eglise terrestre, renoncer, de la part de chacun, aux intérêts, aux orientations, aux enjeux, aux rites, aux discours et aux pratiques qui sont les siens est en effet une condition nécessaire, que je qualifierai de phénoménologique, d’accès à la voie chrétienne, c'est-à-dire au sens religieux et métaphysique dont elle est porteuse. L’institution ecclésiastique ne peut être pleinement au service de l’esprit car elle est avant tout placée au service d’un collectif anonyme, grégaire, réactif et passif potentiellement et effectivement soumis à toutes les manipulations, dominations, crispations et fascinations inhérentes à l’existence de tout groupe mondainement institué. En soi, l’Eglise terrestre historique n’est pas une version négative et critiquable d’une possible Eglise terrestre idéale qu’il s’agirait de retrouver ou d’instituer, elle est seulement le versant mondain, et donc irrémédiablement et nécessairement soumis aux effets négatifs de toute pesanteur liée à une spatiotemporalisation et à une collectivisation de l’esprit, d’une épreuve spirituelle personnelle et extramondaine. Toute Eglise terrestre, quel que soit son nom : catholicisme, protestantisme, église orthodoxe, et qu’elle que soit sa nature, ne fait qu’accomplir son destin d’institution de pouvoir et de contrôle. Les exemples historiques et structurels de l’usurpation comme des dérives ne manquent pas ; citons, entre autres points que nous mettons en évidence dans notre livre, la constitution de l’orthodoxie au IVe siècle, les baptêmes de masse ou des enfants, la duplicité des rapports entre le spirituel et le temporel, les violences liées à l’Inquisition et aux Croisades, le contrôle des consciences (confession, casuistique, directeur de conscience) ou encore l’instrumentalisation du savoir. Entropie, moralisation et inclination sociopolitique sont les principaux facteurs faisant obstacle à une conséquente conversion des individus, seul objectif et enjeu d’importance pour une religiosité soucieuse d’opérativité. La seule véritable et féconde Eglise, c'est-à-dire communauté digne de ce nom, est l’Eglise invisible ou, pour le dire dans un registre plus phénoménologique, la communauté transcendantale des êtres communiant dans le Sens universel, ce que le catholicisme a appelé la « communion des saints », court-circuitant toute médiation et toute représentation institutionnelle et mondaine. Selon nous, hors de l’Eglise terrestre est le salut. Le salut se trouve hors de l’institution. Le chemin vers le Soi universel se trouve hors de l’institution. Le chemin vers l’autre se trouve hors de l’institution. Le chemin vers l’Autre se trouve hors de l’institution.

  • D'un point de vue historique et philosophique, cet éloge de l'Origine et cette accusation contre les prétendus fidèles constitue un couple lié, répété, observable autant pour le christianisme que pour l'Islam (dans le wahhabisme par exemple). Et lorsque ces exégètes "puristes" prennent de l'importance dans les communautés de foi, on peut observer une surenchère dans les choix et les impératifs "durs". Or votre livre laisse penser que vous pourriez développer une spiritualité positive, qui est implicite dans ce livre. Comment éviter les erreurs de la chrétienté, ce formalisme dogmatique ?

Plutôt que d’effectuer une « éloge de l’origine », très souvent génératrice de ce double écueil qu’est, d’une part, la croyance en une vérité perdue, et, d’autre part, la naissance d’une nostalgie pathétique, c’est un retour au principe (au sens de l’archê des Grecs, c'est-à-dire à la fois commencement et commandement transcendantaux) fondateur que nous mettons en perspective. Ce principe est le fond d’un sens universel impliquant pour chacun interpellation, conversion, renaissance et accomplissement, épreuve personnelle s’il en est. Quant à votre question, ce que j’ai avancé précédemment y répond en partie. Il est encore question de la nature du rapport entre le divin et la conscience, une conscience non pas collective mais individuelle. Le formalisme dogmatique, qu’il prenne la forme d’un intégrisme et d’une intolérance radicales ou qu’il se traduise par des croyances et des pratiques cultuelles, qu’il soit l’œuvre des « gardiens » autoproclamés de la droite foi ou se manifeste chez la très grande majorité des fidèles, qu’il s’actualise comme violence physique, psychique et(ou) symbolique, ce formalisme a toujours pour cause principale ce que nous appelons l’usurpation par la représentation. Qu’elle se présente sous la forme d’institutions, de rites ou de discours, la représentation, lorsqu’elle n’est pas support et médiation d’une épreuve de reconduction-renaissance à ce fond dont nous parlions mais s’impose ─ et dès lors s’interpose ─ de l’extérieur aux êtres comme autorité souveraine, devient immédiatement source de domination, de fascination, d’imposture, d’idolâtrie, d’entropie, d’affectation, de simulation, de passivité, de formalisme, d’ostentation, source de grands airs et de grandiloquence. La représentation n’est plus alors moyen mais fin, elle n’est plus activation du noyau mais génératrices d’automatismes aliénants. C’est au fond l’histoire circonstanciée de cette usurpation que j’ai essayé de mettre en évidence dans mon livre.

  • De Jesus, Iéchoua, "Christ", il y a et il n'y a que les Evangiles, les 4 textes, semblables et différents, qui, par leur nombre, se légitiment chacun par l'autre, tout en incarnant, pour la première fois dans cette aire-là, la subjectivité du témoin. Nous qui sommes habitués aux dialogues platoniciens et à la figure civique socratique, ce Jésus n'est pas un homme de Jérusalem. Il fréquente plutôt les malheureux, les miséreux, les souffrants, et, s'il ne leur parle pas d'espoir, il leur donne espoir, par ses actions "magiques". Sans magie, la "divinité" de Jésus aurait eu du mal à être perçu et cru. Or, c'est précisément une des dimensions que l'Eglise catholique s'est obstinée à relativiser, voire nier. Comment interprétez-vous la figure de ce fondateur, notamment dans ses actions "héroïques", magiques mais aussi de contestations des pouvoirs établis ?

A propos de Jésus-Christ, n’oublions pas les textes que l’on qualifie d’apocryphes, c'est-à-dire ces textes que l’orthodoxie catholique, pour des raisons à la fois théologiques, tactiques, stratégiques et dogmatiques n’a pas désiré retenir dans la constitution du Canon officielle, comme par exemple l’Evangile de Thomas. Ce que vous appelez « magie » correspond dans l’économie du récit chrétien à la présence et à l’action du Verbe fait chair. Elle renvoie à la figure de Jésus-Christ thaumaturge. Que cela soit pris au premier ou au second degré, c’est la question d’un pouvoir qui est mise en évidence, celle de l’esprit incarné, ce qui peut valoir comme spécificité radicale de Celui venu annoncé et manifesté la Bonne Nouvelle ou comme horizon spirituel et motif d’une nouvelle considération de la connaissance. Je ne crois pas que l’Eglise refuse de reconnaître, tout au moins de croire, à ce qu’elle appelle des « miracles », certainement pas pour ce qui est de Jésus-Christ mais pas non plus dans l’histoire des hommes ; il semblerait par contre qu’elle fasse preuve à ce sujet de prudence et qu’elle préfère ne pas s’attarder sur cette question là. Pour qu’elle raison et que faut-il en penser, je n’ai pas de réponse à ces questions. Une chose cependant est sûre, que reconnaissent du reste la plupart de ceux qui ont réfléchi aux origines du christianisme, sans la Résurrection qui accompagne et, peut-on dire, accomplit la Passion, il y a peu de chance qu’il y ait eu un mouvement chrétien. L’angoisse et le doute l’auraient sans doute emporté sur la force de conviction ou sur ce que vous nommez « l’espoir ». Mais ceci concerne, dirons-nous, les faits. Sur le plan de la symbolique spirituelle et du récit initiatique, la Résurrection constitue, par rapport à la Passion, l’étape indispensable venant compléter la structure traditionnelle mettant en scène une mort symbolique suivie d’une renaissance spirituelle. La figure du Jésus contestataire fait effectivement partie des possibilités de lecture du récit chrétien. Au risque de me répéter, je dirai que s’il existe une dimension « subversive » du christianisme, comme le pense Jacques Ellul, elle provient du fait, et c’est là selon moi ce qui constitue l‘originalité et la force du christianisme, de la double affirmation de l’importance spirituelle de l’individu comme lieu d’une épreuve fondamentale d’une part, de la vie transcendantale comme source et milieu essentiels d’autre part. Autrement dit le christianisme conduit de surcroît à relativiser et le groupe, et la société et ce que nous appelons le monde, c'est-à-dire les préoccupations, les intérêts, les orientations, les enjeux, les conceptions et l’ensemble des formes, toujours transitoires, partiaux et partiels, qui constituent l’environnement transcendant des hommes. Relativiser n’est pas ici nier mais renvoyer ces réalités à ce qu’elles sont, c'est-à-dire des écorces se détachant de la vie même dont nous faisons en permanence, pour la plupart sans le savoir, l’épreuve.

  • Dans votre "épilogue faisant office d'ouverture prophétique", vous déclarez que "la religion du Fils ne s'est encore jamais accomplie", en ajoutant que "C'est le retour du Christ, le nouvel avènement du Fils qui demeure le seul véritable impératif civilisationnel et spirituel. La matrice de cette renaissance n'est pas mondaine, mais transcendantale, ce n'est donc pas dans le monde qu'il faut chercher cette venue -qui est en réalité un advenir à- mais au plus profond de l'individu, dans l'extramonde où, où de toute éternité, brûle le divin." N'est-ce pas là le signe le plus important de changement dans un discours chrétien, qui cesse d'en appeler au dehors, à la foi des autres, aux masses, ... et qui invite chacun à devenir un peu plus "divin", par ses efforts personnels ?

La « religion du Fils » est impossible car la conjonction opérative de l’institution ecclésiastique temporelle avec l’être individuel est elle-même un processus impossible. Parlons plutôt de « religiosité du Fils », ce qui implique le maintien à distance de toute institution temporelle et le recentrement des enjeux sur l’épreuve spirituelle individuelle accomplie à travers un rapport immédiat au divin. Cette épreuve est effectivement le changement le plus conséquent qu’il puisse y avoir chez un être et je pense que notre époque est en quelque sorte une matrice en même temps qu’un creuset favorables à cette transformation personnelle. C’est toute la question du Royaume de Dieu qui est ici posée, et son avènement est notre épreuve fondamentale. Tout dépend en réalité de l’orientation du regard et de la nature de notre rapport au réel. L’alternative est au fond très simple : ou bien je suis soumis au prince de ce monde et à son royaume, c'est-à-dire diverti et fasciné par les constructions sociopolitiques, positivistes et idéologiques jusqu’à l’aliénation totale de ce qu’il y a de plus intime, de plus précieux et de plus actif en moi ; ou bien je retrouve une communication féconde avec la vie universelle, avec le cosmos et avec les autres, ce qui constitue le chemin le plus sûr vers la communion dans le Sens. Ou je suis tourné vers la source transcendantale de vie dont je porte en conscience la charge génésique que j’incarne et transfigure à la fois, ou je suis détourné d’elle et j’erre indéfiniment au milieu des formes désincarnées et défigurées qui tendent à me réifier. Ou je livre ma puissance d’être aux multiples injonctions émanant des formes et des forces contingentes, ou je fais coïncider cette puissance avec la Puissance et le Sens unifiants dont est grosse la vie. Ou j’attends en vain une solution d’envergure en provenance du monde dont ce n’est pourtant en aucune manière la vocation, ou j’accompli de moi-même, par moi-même et en moi-même ce qui, du plus profond, du plus singulier et pourtant du plus universel de l’être, s’adresse à moi et se présente comme mon destin plénifiant. Ou je suis actif, ou je suis passif. Ou je reste mineur et dépendant des matrices mondaines, ou je deviens majeur et m’en libère pour renaître à l’universel devenir. Nous sommes de ceux qui, à la suite notamment de Raymond Abellio et Michel Henry, chacun très différemment, pensent qu’il y a une étroite parenté et conjonction entre le christianisme et la phénoménologie initiée par Husserl. L’introduction que je propose est une tentative, évidemment très esquissée, de lecture phénoménologique du christianisme.

  • Vous venez de créer une nouvelle revue, "Trans-humance", avec un premier numéro. Pourquoi une telle revue, et de quoi parlez-vous dans ce premier numéro ? Où est-il possible de se la procurer ?


Les motifs explicites ayant conduit à la création de Trans-Humance sont quadruples : la revue est tout d’abord le fruit d’une heureuse rencontre humaine et intellectuelle entre des êtres ayant décidé un beau jour, un de ces jours où naissent les enthousiasmes féconds, de constituer et de participer à une expérience créatrice commune ; il y a ensuite le désir d’articuler, de faire signe vers, de rendre visible et d’ouvrir des perspectives, certes différentes mais toutes relativement inactuelles et radicales, sur le réel, de ces perspectives intellectuelles et éthiques qui ne sacrifient en rien aux enjeux sociopolitiques ou aux idoles de la tribu et valorisent plutôt l’expérience personnelle ; c’est aussi l’envie de mettre en œuvre une plateforme d’ouverture, d’exigence et d’intransigeance, sans a priori, sans chapelle, sans inertie, sans condition, sans formalisme, afin de fédérer et de réunir, sous une forme ou sous une autre, des consciences, des êtres, des individus habités par le souci et la joie de comprendre, d’éclairer et de partager ; une question précise constitue la quatrième motif, celle de la représentation (sa nature, ses enjeux, sa positivité, ses limites) que nous n’abordons pas nécessairement de front mais au travers d’un thème clé, à savoir l’être humain, son être et son devenir, ses modes de connaissance et d’existence.

Compte tenu de ce dernier point, chaque numéro comporte un dossier thématique annoncé sous la forme d’une périphrase à la structure récurrente : L’homme qui… Le premier numéro porte sur L’homme qui parle tout seul, figure généralement associée à une forme de déséquilibre mental et psychologique, être que l’on observe de loin et duquel on se détourne car il incarne le hors norme, l’asocial ou la folie. Pour nous, cette figure est celle de l’être en mutation, de l’être en communication avec le divin ou encore celle de l’artiste inspiré. Le second numéro (à paraître courant décembre 2009) traitera de L’homme qui porte des prothèses. Trans-Humance comporte aussi ce qu’on appelle habituellement des rubriques, c'est-à-dire des cadres récurrents, que nous avons nommé Grand Largue & Labyrinthes ainsi que des confrontations en vis-à-vis de représentations baptisées En regard. Pour accéder au sommaire, obtenir certaines informations et savoir où trouver Trans-Humance, nous renvoyons au blog de la revue : http://transhumance.hautetfort.com/


L'Insurrection qui vient - The coming insurrection, le comique de Fox News, les limites du projet insurrectionnel

Dans la note précédente, l'extrait vidéo de ce monologue foxien est comique mais aussi passionnant, puisqu'il est toujours fascinant d'assister au spectacle d'une conscience qui s'empêtre et s'enfonce dans ses contradictions. Selon Glenn Beck, l'extrême-gauche mondiale est dangereuse car, dans la situation actuelle, elle ferait un appel aux armes et à l'insurrection violente. S'il y a bien un pays dans le monde dans lequel il est possible de se procurer "librement" des armes, avec tous les "dégâts collatéraux" (pour reprendre une formule étatique et cynique, typiquement état-usienne), c'est bien entendu "le pays de l'Oncle Sam", dans lequel un Charlon Heston faisait encore il y a peu le singe, le fusil à la main - ououououou... "Droit sacré" selon certains qu'ils seraient prêts à défendre les armes à la main, qu'ils soient membres ou non d'une milice, moyens qui favorisent une criminalité trés élevée - mais les experts en tous genres veillent, braves gens. Ensuite, ce chroniqueur semble oublier et l'Histoire américaine et la Constitution, puisque, selon les fondateurs des Etats-Unis, il existe un autre droit sacré populaire, celui de l'insurrection, contre un régime mauvais. En France, ce droit sacré populaire est commémoré chaque 14 juillet.... Mais pour Glenn Beck, le Bien et le Mal sont connus depuis longtemps. Enfin, ce sujet des "citoyens armés" est plus profond encore qu'il n'y paraît - car que se passe t-il lorsque des citoyens, comme les Français, sont par essence "désarmés" face aux pouvoirs en place ? Ce sont les forces de l'ordre-du-désordre qui disposent du monopole de la violence, avec les conséquences que l'on connaît. Faut-il être armés et comment ? De quels types d'armes les citoyens peuvent-ils légitimement disposer pour se défendre et dans quelles circonstances peuvent-ils en faire usage ? Le débat est essentiel. Reste que, comme "Capitaine" l'a dit en commentaire dans la note précédente, "L'insurrection qui vient" ne chante pas l'insurrection violente en tant que telle, mais prétend faire le constat d'une fatalité. Et c'est là que l'on peut considérer que l'ouvrage a des faiblesses structurelles, dans toutes les généralités creuses qui sont énoncées comme "le comité invisible est du côté de ceux qui s'organisent" (or, les RG et les services anti-terroristes s'organisent énormément !). En effet, le postulat de l'ouvrage est qu'il existe un droit et un pouvoir insurrectionnel populaires, décisifs, SANS PRISE EN COMPTE DU CONTEXTE HISTORIQUE, celui du renforcement des moyens étatiques, totalitaires, policiers et militaires contre les citoyens. Jamais les citoyens du monde n'ont été aussi nombreux, mais jamais ils n'ont été aussi faibles, par la faiblesse de leurs réseaux et par les moyens ET la violence de l'idéologie de l'Etat-du-Bien vécue et transmise par celles et ceux qui se pensent être ses seuls "fonctionnaires", que ce soit en France ou en Iran. Et ce que Julien Coupat et ses amis ont vécu est bien la démonstration que, malgré un dossier vide, des décideurs peuvent (le Patriot Act c'est encore là-bas, et la Raison d'Etat ici) faire ce qu'ils veulent ou presque de quelques vies pendant des mois. Et la question, c'est : est-ce que "L'insurrection qui vient" et "le Comité Invisible" renforcent le peuple potentiellement insurrectionnel ou est-ce qu'ils l'affaiblissent ? 

L'Insurrection qui vient - The Coming Insurrection...


"Lors de son show -en version traduite par Libé ci-dessus- Glenn Beck lit des extraits du livre sur fond d'images d'émeutes en France et de manifestations au Japon ("Ils ne font pas ça, normalement, les Japonais!", s'étrangle-t-il). Pour le chroniqueur -qui annonce emmener le livre en vacances- il est urgent de lire l'Insurrection qui vient "afin de connaitre ses ennemis".
Nul besoin de lire un livre d'un journaliste de Fox News, leurs idées "conservatrices" d'extrême-droite sont bien connues, toujours en faveur des guerres qui enrichissent leurs amis du lobby militaro-industriel... 

L'Iran n'est pas une démocratie ? ! Quelle surprise !

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L'oeuvre complète est ici


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7 minutes de plaisir, et plus encore...

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Misère du Sarkozysme, un ouvrage capital

ARIES

La fabrique des crétins, suite, la ploucocratie qui avec 53% a voté pour...


Qu'est ce qui gravite autour de la terre
envoyé par mehzz. - Regardez plus de vidéos comiques.

Rappel : Un auteur d'une 50 années, M. Brighelli, s'est fait une réputation en faisant de l'Education Nationale le creuset de la "fabrique du crétin". Voici la preuve du niveau intellectuel d'un homme de plus de 50 ans..., exemple édifiant de la décadence intellectuelle des générations du baby-papy-boom...

Danger Travail Pierre Carles part 2

Qui est Daniel Cohn-Bendit ?

Hervé Novelli, de l'extrême-droite idéologique à l'extrême-droite gouvernementale

"Un sous-ministre et le CSA ont pu enterrer un reportage de France 3 Centre, sans passer par la case justice. Retour sur un sujet qui ne passe pas : l'engagement politique d'Hervé Novelli, dix ans de militantisme à l'extrême droite réduit par l'intéressé à un « engagement de jeunesse ». Un reportage désormais inaccessible. On pourrait l'appeler « l'effet du Paon » : comment un politique brandit une bonne grosse menace de procès en diffamation pour effrayer une chaîne de télévision publique qui finit par lâcher son journaliste et parvient ainsi à retirer des archives de son site internet le dit-sujet. Le tout se finit, comme l'a annoncé Libération le 16 juin dernier, par une jolie reculade du secrétaire d'Etat aux PME. Hervé Novelli renonce à déposer plainte, parce que le CSA a fait le ménage, adressant une « mise en demeure » à la chaîne. La « génération Occident » blanchie par la politique"


La suite est à lire sur Rue89

Florence Cassez, dans les mains d'un Etat mafieux...

Ah, les voyages, les beaux pays, le Mexique, le folklore, local, les us et coutumes. Michael Blanc en sait quelque chose, lui qui a été abandonné par l'Etat français. Les particularités locales, le droit... Florence Cassez est allée vivre au Mexique, sans doute trop insouciante de la réalité politique et économique de ce pays, dirigé par une oligarchie mafieuse, responsable du désastre économique et social du pays, à l'origine de l'explosion des violences. Dossier pris en main par le chef de l'Etat français, à la hussarde, la médiatisation internationale de cette "volonté-de-libérer-Florence-Cassez" a froissé la susceptibilité machiste des Mexicains qui, désormais, se font un malin plaisir de détenir et de faire souffrir cette femme qui a eu le seul tort d'avoir de mauvaises fréquentations. Le droit pénal mexicain est comique-tragique, puisque Florence Cassez a été jugée et condamnée à 90 ans de prison (ramenées à 60 ans), sans preuves. Et la mobilisation citoyenne française comme celle de l'Etat français en cette affaire est totalement insuffisante - aucune pression sérieuse n'est exercée sur les dirigeants actuels de l'Etat mexicain. "Etat-ami", disait il y a quelques jours l'ambassadeur du Mexique en France. Il faut se garder d'avoir de tels "amis".

Retraites : non, il n'est pas vrai que la seule solution soit de travailler plus longtemps, pourquoi, comment ?

La politique ultra-libérale et d'extrême-droite continue d'être mise en place en France. Désormais, on annonce : l'âge légal de la retraite devrait être repoussé, et le nombre de trimestre de côtisations augmenté. Rappelons les choses : un, pour avoir une retraite à taux plein, il faut avoir le nombre minimal-maximal de trimestre de côtisations, et, pour les salariés qui ont commencé à travailler dans les années 80-90, cela signifierait déjà qu'ils seraient obligés de travailler jusqu'à plus de 63, 64, 65 ou 67 ans. Pour les salariés qui ont commencé à travailler après les années 80, ce nombre total de trimestres sera inatteignable, puisque leurs générations ont subi le chômage. Ces futurs retraités dans 20 ou 30 ans devraient travailler jusqu'à plus de 70 ans ! Or, quoiqu'il en soit des progrès de la médecine, la biologie humaine a ses lois, et, après 60 ans, celles et ceux qui ont déjà travaillé plus de trente ou quarante ans sont fatigués, et les maladies, bénignes ou plus graves, apparaissent. L'espérance de vie d'un ouvrier qui parvient à la retraite à 60 ans est de six ans (et dans quel état ? et avec quelle retraite mensuelle ?) alors que celle d'un cadre est de plus du double. "Travailler plus longtemps" signifie seulement que celles et ceux qui travaillent ne s'arrêteront jamais de travailler, et mourront avant d'être à la retraite ou juste après. C'est le "progrès social made UMP", le retour concret à la féodalité de plus en plus évidente, avec les seigneurs et les gueux. Mais pour parvenir à cela, ils ont besoin que vous les laissiez faire, que nous les laissions faire. Alors ?

Ce financement peut être aisément assuré par une taxation des hauts revenus et des capitaux en circulation.

Fillon : les déficits compromettent "la survie même" de nos économies

Stratégie et technique ultra-libérale : diriger un pays - ruiner son économie et son budget - vendre les biens et les services publics à leurs amis - s'enrichir sans effort (ou presque). Depuis deux ans, la dette française a augmenté de 300 milliards d'euros. Qui a été premier ministre pendant cette période, qui est premier ministre ?

L'information nationaliste, pro-gouvernementale, sur France Info par exemple, l'exemple du chômage

"Le nombre de chômeurs inscrits au Pôle emploi en catégorie A en France métropolitaine a connu une hausse de 1,5% en mai, soit 36.400 demandeurs d’emploi supplémentaires. Mais le rythme de la hausse ralentit par rapport au premier trimestre."

En somme, le chômage continue d'augmenter, mais comme il augmente moins vite, c'est la preuve que les choses vont mieux, que vous pouvez respirer et être rassuré, ...
La vérité, c'est que le chômage de la seule catégorie 1 continue de croître, et puisqu'il faut ajouter les autres catégories, il faut constater que "la politique gouvernementale" n'est pas bonne...

L'Iran, les manifestations, Obama, la police américaine, la police française

C'est le problème avec les évènements d'Iran : des prétendus démocrates occidentaux, qui, ici, trahissent autant qu'ils peuvent les droits civiques, en soutenant des "politiques de sécurité" fascisantes, se servent de ce qui se passe en Iran pour tenter de nous faire oublier qui ils sont et ce qui se passe CHEZ NOUS. Or, si le régime des mollahs est un régime d'assassins, qui, à l'occasion de ces manifestations, se révèle "tel qu'en lui-même", il est gênant de voir le très décevant président américain, M. Obama, instrumentaliser ces faits pour, implicitement, nous laisser croire et penser que les Etats-Unis sont une démocratie exemplaire, alors que les actions et les charges policières à l'occasion des manifestations civiques sont souvent d'une grande violence, et que, à ma connaissance, le "Patriot Act" n'est toujours pas aboli. Quant à la France... (le rapport d'Amnesty)

Le régime en Iran des Mollahs est un régime criminel - mais qui ne le savait pas ?

A lire

Lecture-débat philo, le 7 août 2009, le Clos du Barradis, le jardin d'Anne Lafon, sur les hauteurs de Monbazillac, "Qu'est-ce que ce sens qui nous effleure ?"

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Noam Chomsky, "Comprendre le pouvoir"

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Sujets abordés dans ce premier volume : • Les médias : une analyse institutionnelle • Expérimentation d’un modèle de propagande • Le monde d’Orwell et nous • Le véritable antisémitisme • La démocratie sous le capitalisme • Le complexe militaro-industriel • La guerre économique permanente • Le terrorisme américain et libyen • Business, apartheid et racisme • Gagner la guerre du Vietnam • « Génocide », USA et Pol Pot • « Anti-intellectualisme » • Dissiper les illusions • Comprendre le conflit au Moyen-Orient Sujets abordés dans ce deuxième volume : - « le réalisme » des alternatives au capitalisme. - Les façons les plus efficaces de combattre l’endoctrinement dans nos sociétés - le conflit Israélo-Palestinien. - L’auteur fait un tour du monde des conflits en particulier ceux qui surgissent dans les ex-pays socialistes - Il développe les divers engagements individuels, notamment ceux des intellectuels, et des diverses formes d’activisme politique. (Par la suite, il développera les engagements et mouvements collectifs, à paraître dans le tome 3) Au sommaire : Les intellectuels et le changement social / Luttes populaires et combats pour un autre monde (Bilans et perspectives) / S’organiser : échecs et succès des principes organisationnels de la gauche / Rompre avec le système : construire un autre futur. Le site du Livre en anglais et en français

L'Iran et "les pays démocratiques", la même violence de la caste des "prêtres"...

En Iran, les élections auraient été truquées par les dirigeants, soutien du président actuel. Incroyable, non ? En Iran ? ! Car l'Iran est tout de même un pays connu pour être une "démocratie", avec son "Conseil de discernement" (ou ici) En France, chacun peut, théoriquement, se présenter aux élections présidentielles, mais il faut le parrainage de 500 maires, ce qui constitue déjà une étape de pré-sélection, comme en Iran. Ensuite, les dirigeants iraniens, religieux et "non"-religieux, ont voulu "le pouvoir", l'ont obtenu par "la" violence, s'y sont maintenus et s'y maintiennent "par la violence", et ce depuis "la révolution", en 1977. En France, le pouvoir de la 5ème République est issu d'un putsch gaulliste perpétré en 1958, en profitant de la crise algérienne. 10 ans après, ce pouvoir était en crise, mais en mai 1968, il a réprimé, tué, et il s'est maintenu, malgré tout. Et depuis il s'est conforté. Que se passerait-il en France si les citoyens étaient dans la rue pour contester "la politique du gouvernement" ? Si ? Mais que se passe t-il depuis 2007 ? Il y a, tous les mois, et encore récemment, des mobilisations massives, avec le soutien d'une majorité de la population, et la violence politico-économique continue. Ce sont des pouvoirs intrinsèquement violents parce qu'ils ne sont pas démocratiques et entendent ne pas l'être, comme les rois avant 1789 refusaient de partager l'ensemble de leur(s) pouvoir(s). 


Participer aux élections en Iran, c'est participer à une procédure qui valide l'ensemble du régime, et donc, c'est ne pas remettre en cause sa prétendue légitimité ni même son existence. 

La confrontation mondiale entre les "citoyens" et "les gardiens", la caste des "prêtres" (qu'ils soient mollahs la-bas ou parlementaires ici) continue, et pour l'heure, les citoyens continuent d'être faibles... 

StopLouverture.com, oui, il faut laisser seuls et entre eux les membres de ce gouvernement et de cette majorité d'extrême-droite

"Gagner les élections", c'est pour certains élus la voie rêvée pour "un métier de rêve" (dixit leur mentor), en accédant aux plus hautes fonctions (Ministres, secrétaires d'Etat). Avec les revenus qui sont liés, les avantages en nature, chacun peut alors faire le "geek" (et peu importe les résultats catastrophiques de ce pouvoir). Mais voilà : la stratégie de division des prétendus adversaires ou opposants du chef de l'Etat a permis à des personnalités qui passaient pour n'être pas de son camp, puisque non membres du parti présidentiel, d'entrer dans le sérail, au détriment de quelques fidèles qui l'ont en travers. StopL'ouverture.com vous invite à soutenir explicitement la volonté de quelques Umpistes d'avoir une majorité de droite, et seulement de droite ! Oh oui ! Comme ils ont raison ! Car il est très important qu'ils soient entre eux et seuls, comme ils le sont maintenant, minoritaires. Alors, signons ! 

Home - Chôme, du financement de l'extase Arthus-Bertrand au licenciement de 1800 emplois dans le groupe PPR

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Propagande & contrôle de l’esprit public, par Noam Chomsky

"Il faut bien comprendre que la guerre menée contre les travailleurs est une vraie guerre. Cette guerre est en même temps ancienne et nouvelle et, si elle se mène de façon parfaitement consciente à peu près partout, c’est plus particulièrement vrai aux États-Unis. Les milieux d’affaires y ont une conscience de classe très marquée et en même temps c’est un pays très libre, ce qui permet d’obtenir beaucoup d’informations. Ils parlent et on peut avoir accès à leurs propos. Ils considèrent depuis longtemps qu’ils mènent une guerre de classe très âpre, même s’ils ne veulent pas que ça se sache.

  • 1  Doug Fraser est l’ancien président du syndicat de l’automobile United Auto Workers. Un peu (...)Parfois cependant, cela apparaît plus publiquement, comme il y a une vingtaine d’années lorsque Doug Fraser démissionna du Labor Management Council en accusant les dirigeants patronaux d’avoir déclenché une guerre totale contre les travailleurs, les pauvres, les chômeurs, les minorités et même contre la classe moyenne1. Il leur reprochait également d’avoir déchiré le fragile contrat social élaboré au cours d’une période de croissance et de prospérité et qui avait en fait été arraché (mais il n’en disait rien) à la suite de luttes sociales très intenses menés dans l’environnement très dur des années 1930.

3La seule chose que l’on puisse reprocher à la prise de position de Doug Fraser, c’est qu’elle arrivait bien trop tard. La guerre dont il parle avait commencé – et de manière ouverte – dès l’époque de l’élaboration de ce fragile contrat social, c’est-à-dire dès les années 1930. Nul besoin de consulter des archives secrètes pour le savoir. Pas plus qu’il n’est nécessaire de s’être trouvé du mauvais côté de la matraque lorsque les grèves furent brisées par la force à la fin des années 1930. Cela se déroulait dans la rue. Si ces événements sont pourtant si peu connus, c’est que ni le système éducatif, ni les universitaires (ceux de Harvard par exemple) ne leur prêtent la moindre attention. Ce n’est tout bonnement pas un sujet d’étude.

4À l’évidence, la propagande entrepreneuriale est l’un des principaux éléments de l’histoire des États-Unis au xxe siècle. C’est un secteur industriel considérable. Bien sûr, elle s’affiche dans les médias commerciaux, mais elle concerne également tout l’éventail des moyens de communication à destination du public : l’industrie du divertissement, la télévision, une part importante de ce qui circule dans les écoles, et beaucoup de ce qui paraît dans les journaux. Tout cela ou presque est directement servi par l’industrie des relations publiques, née aux États-Unis au tout début du xxesiècle pour ne réellement prendre son essor qu’à partir des années 1920. Cette industrie touche désormais le monde entier mais sans commune mesure avec les États-Unis.

5Dès le départ, l’objectif aussi explicite que parfaitement conscient de cette industrie fut de « contrôler l’esprit public » – comme on disait alors. Dès les premières années du xxe le siècle, cet « esprit public » fut considéré comme la plus grande des menaces qui pesaient sur les entreprises. La puissance des milieux patronaux était considérable, et comme nous vivons dans un pays très libre (comparé à la plupart des autres), il est difficile – ce qui ne veut pas dire impossible – d’avoir recours à la violence d’État pour écraser les aspirations populaires à la liberté, au droit et à la justice. Il fut ainsi assez rapidement évident qu’il faudrait contrôler l’esprit des gens. Je dois admettre que cela n’a rien de nouveau. Tout cela se trouve déjà chez David Hume et la pensée des Lumières. Même à l’époque des tout premiers frémissements annonciateurs de la révolution démocratique dans l’Angleterre du xviie siècle on s’inquiétait déjà de ne pas parvenir à contrôler le peuple par la force et on recherchait d’autres moyens de le faire – contrôler les pensées, les sentiments et les comportements sociaux des gens. Il fallut donc inventer différents mécanismes de contrôle destinés à remplacer le si efficace recours à la force et à la violence. Celui-ci, très prisé par le passé, n’a cessé depuis, fort heureusement, de décliner avec les années – mais pas partout…

  • 2  Edward Bernays,Propaganda, Kessinger Publishing, 2004.

6Il suffit de ne pas trop s’éloigner de l’élite de Cambridge pour en apprendre long à ce sujet. La principale figure de l’industrie des relations publiques est en effet un très éminent libéral de Cambridge – libéral à la sauce Roosevelt-Kennedy – décédé récemment. Il s’agit d’Edward Bernays, qui écrivit dans les années 1920 un manuel sur l’industrie des relations publiques. Un classique qui vaut vraiment d’être lu. Et je ne parle pas ici d’une personnalité politiquement à droite mais bien de l’aile libérale située à gauche de l’échiquier politique américain. Ce livre s’intitule Propaganda2.

  • 3  « Propagande » désigne à l’origine la congrégation romaine fondée pour la propagation (...)

7(Je dois souligner que la terminologie a changé dans ce domaine au cours de la Seconde Guerre mondiale, avant laquelle le terme de propagande était assez ouvertement et librement utilisé pour évoquer le contrôle de l’« esprit public ». Par la faute de Hitler, le terme finit par avoir d’assez malheureuses connotations, et on s’est décidé finalement à l’abandonner. De nos jours, on utilise d’autres termes, mais quand on lit les travaux de sciences sociales et les écrits produits par l’industrie des relations publiques des années 1920 et 1930, on constate que leurs auteurs qualifient ce qu’ils font de « propagande3 ».)

8Le Propaganda de Bernays est un manuel à l’usage de l’industrie naissante des relations publiques.

La suite est à lire ici

Paul Aries - No Conso et Misère du Sarkozysme

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La société de consommation est triste, injuste et impossible : non seulement 20 % des humains s’approprient 86 % des ressources planétaires mais cet « enfer climatisé » n’est pas généralisable puisqu’il dépasse la capacité même de régénération des écosystèmes. Nous devons donc en finir avec cette domination des uns sur les autres et de tous sur la planète pour vivre simplement en véritables humains. Ce choix est celui de la responsabilité mais aussi de l’utopie : il est le seul capable de redonner un sens à nos valeurs comme la liberté. Nous entendons opposer à la logique économique boulimique l’objectif de vivre avec « moins de biens mais plus de liens ». La construction d’un projet politique fondé sur « la gratuité de l’usage et le renchérissement du mésusage » permettrait de résoudre à la fois les questions environnementales et sociales par le retour au politique. Seule la perspective d’une « grève générale de la consommation » peut rendre la puissance aux petits face à cette infime minorité de puissants qui s’engraisse de notre mal-vie et de la destruction de toute chose.

http://www.paul-aries.fr/index.php/2006/10/10/8-manifeste-pour-une-greve-generale-de-la-consommation

Le sarkozysme n?est pas que Sarkozy, ni tout Sarkozy. Courant politique largement importé, il est la version française de la contre-révolution néo-conservatrice qui a déjà triomphé dans de nombreux pays. En rupture avec la tradition républicaine, il réalise une synthèse entre la vieille droite orléaniste, ralliée à la république faute de mieux, et le néo-conservatisme, étranger à toutes les traditions politiques et philosophiques libérales françaises : la droite française ne serait jamais assez à droite car notre tradition libérale serait un faux libéralisme. La suite

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Après les élections européennes, le "succès" des Verts, Home - les Eco-Tartuffe

L'ENSEIGNEMENT DE L'HISTOIRE-GÉOGRAPHIE DE L'ÉCOLE ÉLÉMENTAIRE AU LYCÉE Vecteur de propagande ou fondement de l'esprit critique ?

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"Sarkozy, vampire des médias", merci les Suisses

div>En Suisse, Nicolas Sarkozy cartonne : diffusée au début du mois sur la Télévision Suisse TSR, l'enquête intitulée "Sarkozy, vampire des médias" a récolté 33% de part d'audience, quand la célèbre émission d'investigation qui la programmait, Temps Présent, en rassemble autour de 20% sur les sujets étrangers.

Même succès sur Internet, où la télévision le met en visionnage gratuit : déjà 40 000 vues, contre 7000 en moyenne pour les autre reportages. Il faut dire que la Suisse, pays dont la presse avait révélé la rupture entre Nicolas et Cécilia quand personne n'osait le faire en France, porte un regard étonné sur l'indépendance -ou plutôt le manque d'indépendance- des médias en France. Ce qui donne, en 28 minutes (que nous diffusons intégralement), un panorama complet, à la fois édifiant et déprimant, des rapports entre le président de la République et les médias français. Edifiant puisque l'enquête constitue un efficace résumé des nombreuses manifestations des curieuses relations qu'entretient Nicolas Sarkozy avec les journalistes. Alain Genestar, David Pujadas, Daniel Schneidermann et d'autres confrères moins connus témoignent.

Acrimed, la disparition du vol AF447, le vide journalistique fait passer le temps et pendant ce temps on ne parle pas de...

"Lundi 1er juin 2009. On apprend qu’un avion d’Air France de laligne Rio-Paris a disparu avec plus de 250 passagers à bord. Accident dont on ne saurait contester le caractère tragique, même en le confrontant aux chiffres quotidiens des victimes de la faim ou de la guerre, souvent moins exposées dans les médias. Les « catastrophes aériennes », en effet, bénéficient généralement d’une large médiatisation, surtout quand il s’agit d’un avion français, d’une compagnie française et/ou de morts français en grand nombre. Mais une médiatisation pour dire quoi et le dire comment ? I. Un accident tragique La place accordée à la disparition de l’avion, le contenu et les formes de son traitement médiatique confirment, s’il le fallait, que la télévision privilégie l’information spectaculaire et compassionnelle. Et cette information spectaculaire l’est d’autant plus qu’elle est délivrée en « en temps réel » Du lundi 1er juin au mercredi 3 juin inclus, tous les JT de TF1 et de France 2 ont accordé une place écrasante à la médiatisation de l’accident. Les chiffres parlent, partiellement, d’eux-mêmes :" La suite est à lire ici

Acrimed et On n'est pas couché-Ruquier-Naulleau-Zemmour face à Erika Moulet

"L’émission « On n’est pas couché » animée par Laurent Ruquier sur France 2 et diffusée chaque samedi soir en deuxième partie de soirée, n’est pas, et ne prétend pas être, un sommet du « bon goût ». Futilité des questions, « pipolisation » des invités et promotion assourdissantes étaient, pensions-nous jusqu’à présent, les trois ingrédients majeurs de cette émission. C’était sans compter sur celle du 11 avril 2009, 100ème du genre, dans laquelle le machisme – déjà très présent dans l’univers de la télévision – est venu agrémenter la recette. Emission de mélange des genres où se côtoient artistes en promotion et hommes politiques en quête de public, vedettes sportives et journalistes respectables, personnages et intellectuels de télévision, « On n’est pas couché » se bornait jusqu’alors à évaluer la « personnalité » des invités et à tenter d’en savoir plus – toujours plus – sur leur vie. Le fond, abordé au compte-goutte par les acolytes de Ruquier, Eric Naulleau et Eric Zemmour, se transformant vite en sujet de polémique : le but n’étant pas de débattre mais… de se battre. Lors de la 100ème, Erika Moulet, journaliste sur LCI, est entrée dans l’arène. Au milieu d’une assistance entièrement masculine, elle a subi, pendant plus de 17 minutes 30, les assauts machistes et phallocrates de Laurent Ruquier, mais aussi, dans une moindre mesure, ceux d’Eric Naulleau, Eric Zemmour, et Patrick Timsit. La séquence est visible intégralement sur le site de Dailymotion. La suite sur le site d'Acrimed (...)

Sois belle et tais toi !

La journaliste de LCI a deux terribles défauts

Elections européennes 2009, une courte parenthèse..., la ploucocratie française

C'était une élection à caractère spécial : en un seul tour, et pour un parlement européen que les citoyens connaissent mal, puisque, à l'heure médiatique, aucun média ou aucune chaîne ne relaye son activité... L'abstention annoncée a eu lieu, et la première faute d'une certaine gauche, dont le PS, aura été de ne pas marteler que, de la part de celles et ceux qui se sont opposés au gouvernement et à la majorité (ce qui représente 70% des citoyens), ne pas voter revenait à permettre à l'UMP d'obtenir une victoire, certes, en trompe-l'oeil, mais une victoire tout de même, dont il était certain qu'ils se vanteraient. Et c'est ce qui se passe depuis hier soir. Le collège électoral a beau n'avoir pas obtenu la participation de la moitié de ses inscrits, les 28% de l'UMP sont instrumentalisés par le pouvoir pour en faire la victoire du chef de l'Etat ! Il faut mesurer le scandale de cette situation, puisque, si celles et ceux qui forment la majorité civique et qui rejettent la majorité présidentielle avaient voté, les résultats d'hier auraient été très différents, et l'UMP, la majorité et le gouvernement auraient pu être en situation de blocage. Là, ils vont faire comme s'ils avaient les mains libres de. L'abstention aura donc été criminelle, alors que certains lui font gloire d'avoir du sens ! Car si les électeurs de gauche ne voulaient pas soutenir une nouvelle fois les candidats PS, ils pouvaient voter pour d'autres listes, ce que certains n'ont pas manqué de faire pour la liste Bové-Joly (pas de Cohn-Bendit sur les affiches), ou dans une moindre mesure pour le Front de Gauche. Et d'ici les prochaines élections, européennes, et 2012, le temps est long, et les mauvais coups portés contre les citoyens à tour de bras depuis 2007 devraient continuer, à commencer par une gestion calamiteuse des moyens publics avec un chômage en croissance permanente. En Europe, la victoire des conservateurs, relative, illustre plutôt la progression d'une ploucocratie, débilisée par des programmes berlusconiens, et notamment chez les plus de 60 ans, celles et ceux qui ont bénéficié de l'Etat providence et social pendant toute leur vie, et qui, parvenus à la retraite, votent pour ses ennemis, pour la droite, dans un mélange sidérant d'égoïsme et de stupidité pure. Pour la gauche en France, le vote de droite des plus de 60 ans devra être travaillé au corps par des engagements novateurs. En quelques jours, la bulle de cette élection va se dissoudre, avec le "retour à la réalité" : chômage, déficits, incurie, attaques contre les libertés, ...

Il faut cultiver son Jardin ? Le Jardin des Roses d'Anne Lafon sur les hauteurs de Monbazillac

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A côté de sa demeure, Anne Lafon possède un jardin, qu'elle a aménagé. Désormais, ce lieu, inauguré il y a quelques jours, sera ouvert le week-end au public (cf. conditions). Il se trouve à Monbazillac, sur les hauteurs de Bergerac. Pour visiter ce Jardin, il faut prendre contact avec Anne Lafon (Le Clos du Barradis à Monbazillac)

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