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« mars 2005 | Accueil | mai 2005 »

Pas encore...

Il n'y a la peste,
le choléra,
la variole noire
que parce que la danse
et par conséquent le théâtre
n'ont pas encore commencé d'exister.

(Pour en finir avec le jugement de Dieu) - Antonin Artaud

Le réseau Vatican en France

Pour la revue "Pas très catholique !" (dont vous trouvez ci-dessous la présentation dans la note intitulée "la revue Pas très catholique !"), nous cherchons donc à cerner, identifier, exposer, les acteurs, du "réseau Vatican", en France. Les témoignages que nous cherchons concernent autant l'Eglise, de l'intérieur, que les médias clairement affiliés à l'Eglise (TF1 par exemple), mais aussi les revues (Revue Tsimtsoum), ou encore les blogs (comme celui dit du "Stalker"), sans oublier notre inimitable Président de la République, premier écrivain du pays. (adresser votre texte à dieusansreligions@yahoo.fr )
Revuepastrescatholique_2





Dans quelle langue parlera la revue "Pas très catholique !" ? Comme il est bien entendu visible dans le monde de la vie -et pas dans cette haine de la vie qui est au fond même du christianisme, comme Nietzsche l'a démontré scientifiquement-, c'est la langue du désir - le désir de "l'Inconnu", pour les formes de la vie, "l'homme", en fait les hommes, et les hommes les plus intéressants pour l'Inconnu et ses "anges", les femmes, mais aussi les autres êtres vivants qui communient à la joie, vitale, de la force, donnée par... Le désir de l'Inconnu, c'est-à-dire que le désir n'est pas "le propre" de l'homme puisqu'il n'a rien qui lui soit prore, sans doute; mais le désir de l'Inconnu, car il s'agit d'affirmer, pour une nouvelle "théologie", que le désir, peut et doit, être au coeur, de l'existence du défunt "Dieu", re-né "Inconnu", le désir du et pour le monde, le désir du et pour la diversité, le désir du désir, la "sexualité même de Dieu". "Pas très catholique !" - n'est-ce pas - et fort heureusement... La revue sera donc pour moitié informative, et pour l'autre moitié, destructrice et créatrice - en matière de "religion". Elle est donc destinée à ceux et celles qui ont des forces en réserve.

Un grain de sable pour rien ?

Voici, in extenso, la copie d'un courrier reçu de la part de Fabrice Trochet, responsable du site "le grain de sable"; et ma réponse. Son éventuel "droit de réponse" sera publié, avec ma réponse. Il y a quelques jours, Fabrice Trochet a reçu un exemplaire de "Dieu sans religions"; et m'a adressé hier le courrier ci-dessous.

Fabrice Trochet
: L’idée est interessante et sans doute ambitieuse de faire un livre sur un Dieu sans religions. C’est plutôt un pamphlet et donc cela manque de discernement. Car je ne pense pas que « notre époque (soit) désormais quotidiennement occupée, par les fanatiques monothéistes » D’ailleurs en France c’est plutôt le contraire même si il y a eu une période d’euphorie avec la mort de Jean-Paul II, oui en France c’est plutôt le contraire car les églises incendiées ne font que quelques lignes dans nos médias et sont souvent carrément censurés. Comparer les religions à des organisations criminelles est tres exagérés. Ce sont les mouvements athés qui ont entrainés les peuples dans les guerres et les violences. C’est aussi bizzare que l’on a peu parlé des Kmers rouges qui assassinèrent leurs pays. Tous ces dirigeants avaient mis en pratique ce qu’ils avaient retenu de l’enseignement reçu à l’université française.J’ai fini de lire la superbe biographie de Zundel  par Bernard de Boissière (j'ai lu ton livre en plein milieu de cette biographie). Tu verras que ce prêtre disais aussi que le femme est la plus proche du créateur. Je te conseille de lire Maurice Zundel . Commence par la biographie. Je me sens tres proche de ce qu’il dit. J’aurais aimé assister à une de ces conférences. Pourquoi ne pas mettre des accents à «j’ai créé». On peut mettre un accent sur
le deuxième e. Concernant la lettre à Oussama , j’ai mieux apprécié mais dommage qu’il ne la
lira sans doute jamais. J’aimerais bien aussi connaître son avis suite à cette lettre.

JCG : Merci pour le fait que l'idée soit "intéressante" et "ambitieuse". Donc il fallait le faire - ? Un pamphlet ? Seulement ? Une opposition à ? Mais alors, le discours de "Dieu sans religions" ne permet pas d'ouvrir une fenêtre pour la possibilité d'une foi, individuelle, et collective, sans religions ? Mais non, "Dieu sans religions" n'est pas un pamphlet, mais un texte poétique, une création, comparable, toutes proportions gardées, à "Ainsi parlait Zarathoustra". Les idées exposées par "Dieu" lui-même (sic!) dans ce discours devront être fondées, dans un traité de philosophie auquel je travaille; mais chaque chose en son temps. Car les livres de philosophie en tant que tels ont, jusqu'ici, prouvé leur impuissance face à la force, narrative, des zélateurs monothéistes. Il s'agit donc d'être sur leur terrain, et c'est ce que je fais encore avec mon projet, déjà avancé, d'une "Contre-Bible" (cf. la présentation de la Genèse sur "l'action littéraire"). Combien de lecteurs pour les livres de philosophie dans le monde ? combien de lecteurs pour la Bible dans le monde ? La raison a beau être "brillante", les âmes préfèrent les histoires. Les philosophes, qui ont déserté la narrativité, doivent aller au travail - car c'est autrement plus difficile d'écrire un récit que de construire trois arguments dans une supposée cohérence. Quant à la "lettre à Oussama Ben Laden", ton unique phrase consacrée à la plus longue partie du livre prouve peut-être que tu ne l'as pas lu; sans doute parce que tu étais convaincu, à priori, qu'Oussama Ben Laden ne la lira pas - mais qu'en sais-tu ? Sans compter que je ne tente pas de dialoguer seulement avec lui, mais à travers lui, avec ceux qui sont tentés, ou plus que tentés, par l'islamisme radical, et je crois qu'en Europe, ils sont fort nombreux, et avec le monde musulman en général. On parle tant de ce "dialogue" des "civilisations", et il n'a jamais lieu, puisque nous subissons, ici comme partout, la loi de l'inceste social au fondement du "communautarisme". Quoiqu'il en soit, je n'ai pas essayé de faire un livre "sur" un dieu sans religions, mais de dé-montrer, par l'exemple, que Dieu, dé-duit de ce que les siècles de culture religieuse nous ont dit et répété à son sujet, EXISTE, et qu'il existe dans une telle LIBERTE qu'il ne peut pas être l'esclave d'une "religion". Reprenant à son compte et pour parler de lui ce que les siècles et les théologiens ont dit de ce "dieu créateur", le discours propose d'en formuler les principes et d'en tirer les conséquences. Et ces conséquence sont évidemment terribles pour les "religions", en fait les sectes du Moyen-Orient. Car si ceux qui en sont les chefs prétendent, encore, être fidèles à Dieu, à la pureté, ..., la conséquence de la pensée sur l'existence de Dieu et son être est tout simplement le... silence; puisqu'ils ne peuvent plus parler en son "nom", ...Benladen_1

Je ne me lis donc pas comme certains lecteurs, et heureusement, d'autres lecteurs me lisent différemment encore !

Quant à "cela manque de discernement", comme il n'y a pas d'autres explications, je ne peux comprendre. Que des mouvements athées aient accompli ce qu'ils ont accompli est un fait; et je ne vais pas les défendre. M'as tu lu ? Car cette remarque censée défendre les "organisations religieuses" est curieuse, comme si je pouvais défendre les organisations athées parce qu'elles seraient athées; mais non. Qu'elles soient "monothéistes", comme l'Eglise, ou une instance étatique, l'athéisme est selon moi au coeur même de leur existence; le sujet pense et vit comme s'il était dieu lui-même, et de "dieu" lui-même, n'a cure... Je crois que "Dieu sans religions" l'explique, par le biais du discours de Dieu, sur l'Eglise catholique elle-même. C'est peut-être un paradoxe et un renversement dialectique, surprenants, mais je crois avoir des yeux de... l'âme pour le voir !

Tu ne penses pas que «notre époque (soit)désormais quotidiennement occupée, par les fanatiques monothéistes». Nous ne vivons donc pas dans le même monde global; Oussama Ben Laden, les islamistes répandus dans l'ensemble du monde musulman, les chrétiens fondamentalistes, l'Eglise telle qu'elle est avant et après Vojtyla, et maintenant Ratzinger. Josephratzinger03 Eglises incendiées ? Je tombe des nues. Tu dois disposer d'informations secrètes dont je n'ai jamais entendu parler ! Sinon, sérieusement, je ne crois pas qu'il y ait de tels incendies, donc je ne comprends pas le sens d'une telle affirmation. Me prends-tu pour un imbécile par hasard ? Où et quand des Eglises ont-elles été incendiées ? Et par qui ? En Inde ? Par des... fanatiques monothéistes... ? Fanatiques monothéistes que, à mon sens, tu prends bien à la légère : ils ont "offert" à l'exécutif américain, par leur folie criminelle, les conditions de possibilité d'un pouvoir étatique dont les prérogatives paraissent aujourd'hui être en totale contradiction avec les droits démocratiques fondamentaux. Car s'il n'est pas étonnant de voir Oussama Ben Laden et ses lieutenants mépriser et rejeter la démocratie, il est par contre surprenant et vertigineux de voir les Etats-Unis, matrice historique de la démocratie moderne, accepter un "Big Brother" avec l'Etat fédéral, par le simple fait de la "menace terroriste". Pour tous ceux qui vivent aux Etats-Unis, Al Qaeda a déjà réussi à modifier des conditions décisives de leur vie quotidienne - des aéroports jusqu'à l'usage d'Internet. Et ce n'est rien ? Quant à ce qu'ils peuvent encore faire dans les mois qui viennent, c'est-à-dire le pire, comment considérer qu'il n'y a pas, selon le lieu, la gravité des actes commis, ..., de conséquences internationales ? Et au sein du monde musulman, que fais-tu de la pression qu'ils exercent ? des crimes qu'ils commettent, en Algérie, en Irak, au Pakistan, en Inde justement ?

Comparer les organisations..serait très exagéré ? Faisons alors le bilan de leur Histoire, cela devrait être permettre de trancher ce point.

Un prêtre a donc dit la même chose que moi - et il semble donc que du coup la même idée ait plus de valeur énonce par lui que par moi ?! Et puis je suis stupéfait que le responsable du grain de sable soit aussi imbibé d'une culture religieuse aussi orientée. Si je vais sur "le grain de sable", et que j'examine les rubriques "le coin des anars", "le surréalisme", et quelques articles, je suis surpris par le décalage que je trouve entre les idées exprimées, le ton, et cette lettre que tu m'as envoyé. Un prêtre a donc dit - et tu me conseilles sa lecture. Je suis désolé de te décevoir. Mais je ne dépense pas un seul de mes deniers pour un texte d'un prêtre, un de plus, écrit par un homme qui, quoiqu'il en soit de sa valeur personnelle, de sa "bonté", a tout de même abandonné sa liberté de conscience pour se soumettre totalement au souverain pontife; et même si celui-ci pense et dit que "la femme est plus proche du créateur", a t-il réussi à diffuser et faire partager cette idée dans l'Eglise ? Est-ce avec le cardinal Ratzinger que l'Eglise va pouvoir opérer une "révolution" dogmatique ? Et c'st sans compter que, en choisissant d'être prêtre, il a accepté de se faire le propagandiste, insupportable, de la Bible, Ancien et Nouveau Testament, avec son cortège d'explications et d'interprétations propres à l'Eglise.

Je t'ai adressé un exemplaire parce que je te pensais capable d'une lecture "critique" : critique, car aussi critique des idées, de mettre en cause, des idées, un argument, ce qui est parfaitement juste, mais nécessaire, utile, et pour l'auteur, et pour les lecteurs, mais  aussi critique, capable de mesurer l'oeuvre, la mettre en perspective, dans le temps (l'Histoire) et pour le maintenant. Je me suis donc trompé. Je le dis et le répète : une lecture qui critiquerait de manière générale et sérieuse l'ouvrage, je veux bien, mais là, ces quelques remarques, sans cohérence, jetées dans un mail, ca sent mauvais... le mépris - inconscient ou... ?  Au moins, l'avantage de cette situation est que nous savons l'un et l'autre où nous en sommes. Sauf si tu as écris ce mail entre le fromage et le dessert - et dans ce cas, tu aurais du prendre le temps de digérer... Si cet ouvrage te paraît à ce point mineur, il serait juste que tu en fasses don à une bibliothèque.

Je pense donc que pour l'édification des lecteurs, des visiteurs et lecteurs de "l'action littéraire" comme du "grain de sable", je vais publier ta lettre et ma lettre envoyée ici.

Ce qui me choque, c'est "le temps perdu"; le tien, par cette lettre qui n'en est pas une; le mien, pour une nouvelle erreur : l'écrivain du "grain de sable" sait commenter "l'actualité" ("pourquoi ce site") mais pas les livres... C'est finalement moi qui suis fautif. En lisant mieux le "grain de sable",  est-ce que je ne respire pas l'odeur de l'hostie, le parfum de l'encens, est-ce que je n'entends pas le bruit d'un chapelet ? Est-ce que je ne trouve pas les oeuvres de Dantec à côté des Evangiles ? Je pense et espère que les "anars", les "situs", et autres, vont pouvoir se réveiller de leur sommeil dogmatique sur "le grain de sable", comme je viens de le faire. "Grâce" te soit rendu... !

Un temps présent maudit

RECHERCHER :

L'Histoire est vertigineuse pour le temps présent. Pensez : qu'ils aient existé, des hommes comme Antonin Artaud, Artaud01_1Dali, génie dès l'âge de 4 ans, Dada, qu'il y ait eu, en France, les "surréalistes", mais aussi, bien sur, Baudelaire, Rimbaud, c'est-à-dire ces hommes, et quelque fois ces femmes, qui ont vécu, qui ont pensé, qui ont écrit, à l'écart des pouvoirs établis, contre les pouvoirs établis, contre "la" morale mensongèrement morale, contre l'Eglise, qu'ils aient, par leur vie, leurs actes, leurs écrits, qu'ils aient fondé "la" culture, française; et qu'aujourd'hui, cette culture soit morte, parce que ceux qui prétendent donner le là, de la langue en mouvement, de la pensée, ce sont les Beigbeder et cons sorts; TF1 et Télérama; en un mot, que la culture française soit morte, et que, sur ce désert, l'homme du désert qui croît, l'homme nihiliste, rit, et rit, et rit, avec les amuseurs publics, dont la liste est trop longue, collaborateurs du Pouvoir puisqu'ils enfoncent dans nos crânes épouvantés les formes hallunicatoires de ceux qui sont les maîtres. Toi, qui vient ici et qui n'est pas français, mon conseil est de fuir. "L'Europe" est un four - un foyer incandescent où la vie brûle, un échec, humain, total. Et si tu veux le savoir, tu peux, tu dois regarder dans les yeux, mais aussi leur corps, aux "maîtres du pays", les "financiers", les "grands patrons", les "premier ministre" et ministres - et tu verras la démultiplication du vide, aspiré par un trou noir - car sur cette terre, ils n'incarnent qu'un fait : la digestion. Leur "lieu" de vie, leur "lieu commun", c'est la "brasserie"; où la bière se brasse, où les "idées" se brassent, se repassent et se vendent - comme ainsi, écrit sur un coin de table, par un poète élyséen, "la fracture sociale". Ecrit, acheté et revendu, des millions - "l'action littéraire" a fait leur fortune.Resistants_1 Rimbaud a eu raison, Rimbaud a eu tort. C'est ici qu'il faut refonder l'humain, c'est ici qu'il faut faire le nettoyage, c'est ici qu'il faut travailler à vivre, au paradis, dans l'innocence, c'est d'ici que, demain, nous pouvons renâitre, à et par la source. Nous pouvons annoncer lui annoncer sa mort, la mort de son type :
le "bureaucrate" ne sera plus qu'un lointain souvenir cauchemardesque, les partis, les ministères, ... Les peuples contre l'Etat - Bannierenobeigbeder_3hommage bref mais entier rendu ici à Pierre Clastres.

La revue : "Pas très catholique !"

"L'action littéraire" annonce la préparation pour la création d'une nouvelle revue littéraire, la revue "Pas très catholique". Revue A l'heure où le catholicisme institutionnel et officiel fait tout pour revenir à la mode, pour reprendre la main, pour, malgré les dénégations de Benoît XVI avec l'énième paradoxe chrétien du refus du monde (pour mieux prendre le pouvoir en son sein)', à l'heure où, à nouveau, nous subissons, ici, comme là-bas, la répétition de la ferveur "monothéiste" (dont le dynamisme reste avant tout la violence de quelques-uns envers tous), s'intéresser à "l'universel" à la différence et contre le catholicisme, prétention originaire à l'Universel, c'est, pêle-mèle, écrire sur et contre les "écritures"; car comment ne pas voir que la technique de l'écriture, puis de l'imprimerie, géniales pour les écrivains et les lecteurs passionnés, ont servi la propagation de la propagande chrétienne, partout, qu'il n'y a pas, semble t-il, un pauvre espace libre de cette terre où l'ombre de la Bible ne traîne ses menaces; c'est s'approprier la méditation sur "Dieu", alias ici l'Inconnu, contre le discours monothéiste qui prétend à une science de Dieu; c'est oser défendre les peuples opprimés, non seulement par la "mondialisation", mais par l'Eglise elle-même, que ce soit en Amérique du Sud ou en Amérique centrale, mais aussi en Afrique, et ce depuis 1492; c'est essayer de pénétrer les secrets d'une France "catholique", alors qu'elle est une République, laïque; c'est, contre l'Eglise de Ratzinger, écrire, décrire et comprendre pourquoi un couple d'hommes ou de femmes sont hétérosexuels dans leur "homosexualité" même, et plus encore, unis seulement par le sentiment de l'amour, par-delà le sexe; c'est de toute façon, écrire, parce que, être, libre, mais aussi, sensible, attentif aux choses et aux êtres, et n'être "pas très catholique" parce que n'étant pas capable de se soumettre à une autorité qui veut tout, qui réclame tout, la foi sans raison, n'étant pas capable de se suicider sur le plan intellectuel, esthétique, moral même, n'étant pas capable de mettre fin à la force de la pensée en soi, quel que soit son vecteur. L'appel est donc lancé aux écrivains, aux auteurs, aux textes, pour une parution fin 2005 (avec une maison d'édition à déterminer). Revue_1

Benoit XVI, édifiant !

"Benoît XVI, en prenant ce nom, se place sous le signe du pontificat de Benoît XV consacré ces jours-ci par les médias : «Pape consensuel», apôtre de la paix. Rien n'est plus faux. Quand le cardinal Della Chiesa accède au pontificat, c'est un diplomate chevronné. Avec son secrétaire d'Etat, le cardinal Gasparri, il proclame la neutralité la plus absolue du Saint-Siège dans le conflit (L'Osservatore Romano le 18 octobre 1914). Pape_tbnLa réalité est tout autre. La curie avait depuis longtemps fait son choix entre l'Entente (France, Russie, Grande-Bretagne, Etats-Unis) à laquelle un mythe tenace veut que la papauté soit favorable depuis Léon XIII, et son alliance avec l'apostolique Autriche voire avec le Reich luthérien du Kulturkampf, contre tous les Etats assimilés ou unis à la France des Lumières plus ou moins laïcisés.

L'ennemi principal est bien la France et ses alliés schismatiques ou hérétiques. Le Vatican avait même un «but de guerre» : la liquidation de l'orthodoxie dans les Balkans (thème que l'on retrouvera en 1940). (...)" (Libération, le samedi 23 avril 2005)

"Le passé nazi du pape : passion et dérapage" (pour les documents auxquels il renvoie)

Il a déjà dit (en italique - mes réponses suivent) :

  • Il y a en Occident une étrange haine de soi qui peut être considérée comme pathologique. De façon louable, l'Occident tente de s'ouvrir à plus de compréhension pour des valeurs extérieures mais il ne s'aime plus lui-même. (...) Et pour quoi trouve t-on, oui, en Occident, une "étrange haine de soi" ? N'est-ce pas parce que, et l'Occident, et le monde entier, s'est trouvé, se trouve et pourrait l'être encore à l'avenir, "défiguré" par une conscience monstrueuse. Au cardinal allemand, contemporain du nazisme, faut-il lui rappeler les faits ? Et s'il ne les connaît pas, faut-il lui faire un cours sur les exactions des conquistadors espagnols, bénis par la Sainte Eglise... ? Mais oui, cette "haine" n'est pas bonne ni juste. Car ce n'est pas l'essence de l'Occident, mais son dévoiement, dont les "idées", les doctrines, les discours ne viennent pas de son sein, mais, du Moyen et du Proche Orient, avec les "monothéismes" violents, ou encore de l'Inde, puisque les nazis qui arboraient le symbole de la svastika reprenaient à leur compte la théorie et la politique des castes. Que l'Occident s'aime, certes, mais nullement dans un sens chrétien, mais dans un sens où, libéré du christianisme, de l'islam, du judaïsme, de l'hindouisme, il crée ce qu'il recherche le plus secrètement et le plus évidemment, le "paradis sur terre".
  • Le dialogue avec le monde est possible mais seulement sur la base d'une identité claire : on peut et doit s'ouvrir, mais seulement une fois acquise sa propre identité et donc quand il y a quelque chose à dire.(...). Belle et juste banalité selon laquelle, pour parler, et parler "avec" quelqu'un, il faut avoir "quelque chose à dire", et c'est le cas du chrétien, moulin à parole, sur Jésus et compagnie. Mais est-ce un "dialogue" ou un monologue ? Dans la mesure où ce qu'est l'autre, ce que dit l'autre, n'a pas d'importance...
  • Les papes et les pères du concile espéraient une nouvelle unité catholique et, au contraire, nous nous sommes dirigés vers une dissension qui pour reprendre les paroles de Paul VI semble être passée de l'autocritique à l'autodestruction (...) Quelle "unité catholique" ? Cette recherche de l'unité n'est-elle pas la preuve d'un désir et d'une volonté de pouvoir toujours vivace et dangereuse ? Car lorsque les catholiques ont eu, et ont encore le pouvoir, ...
  • «Dieu est très marginalisé. Dans la vie politique, il semble indécent d'en parler comme s'il agissait d'une agression contre le non-croyant. Le monde suit sa route, excluant Dieu comme quelque chose qui n'appartient pas à cette terre, et il en est de même dans le monde de l'économie ou dans la vie privée. (...) Une société dont Dieu est absolument absent s'autodétruit (...) Les apparences ! Faut-il pardonner à un homme désormais réputé infaillible une telle erreur d'analyse et de jugement ? En apparence, "Dieu" ne fait pas le souci des hommes et des femmes en Occident et partout ailleurs. Mais il s'agit d'une "modestie" : ils ne se l'approprient pas; ils n'affirment pas le connaître et connaître ses volontés. Ce qui contraste vivement avec les prêtres dont l'audace est folle... Mais les paradoxes vont plus loin encore; car j'ose le dire à Benoît XVI, l'athéisme est le fruit le plus original et nécessaire du christianisme. Oui, il m'a bien entendu, et pire encore, selon moi, la plupart des chrétiens... ne croit pas. Sur ce sujet, il ferait mieux de se taire et de méditer.
  • «C'est un défi positif pour nous que cette ferme foi en Dieu des musulmans et la conscience que nous sommes tous sous le jugement de Dieu. (...) Mais nous pouvons offrir le concept de liberté religieuse à une religion où est déterminant le poids de la théocratie, c'est-à-dire l'indivisibilité entre le pouvoir de l'Etat et la religion. (...) "Ferme foi" ? Modèle de foi ? Cette foi simplifiée, ritualisée, violente ? Si votre pape reve d'avoir à sa disposition des légions militarisées, ou des kamikazes, ou des "martyrs" de la foi... Quant au "jugement de Dieu", les musulmans comme les chrétiens doivent se taire et ne pas répéter, propager... l'impiété. Car qu'est-ce qui peut être plus impie que de prétendre avoir accès à des secrets et être en fait un menteur ? sur un sujet aussi essentiel... Quant au fait que l'Eglise puisse "offrir le concept de liberté religieuse"..., c'est tout simplement vertigineux; la culbute de l'Histoire, l'audace de celui qui fut le chef de l'organisation qui a succédé à la grande Inquisition... La "liberté" n'est pas un concept chrétien, mais dans l'histoire de l'Eglise, un concept nécessaire, dans sa lutte contre le protestantisme, et les sciences qui diminuaient la responsabilité des individus. Car l'Eglise a toujours adoré condamné, et pour condamner un coupable, encore faut-il qu'il soit... libre, responsable, et donc coupable de ses actes. Le cynisme romain peut-il être plus grand encore ?
  • «Le mariage est saint alors que les relations homosexuelles s'opposent à la loi morale naturelle.". Qui veut commenter ?

Cinq questions à Eric Coulon sur Raymond Abellio

AL : Comment expliquez-vous que l'oeuvre de Raymond Abellio soit si méconnue alors que celle de Heidegger est partout lue, citée, même incompris, même s'il a dit une... ? N'être pas seulement un professeur d'Université serait une tare, fondamentale ?

Eric Coulon : Je répondrai à votre question en m'en tenant seulement à Abellio (à sa vie et à son oeuvre), ne voyant pas l'intérêt d'une comparaison avec Heidegger et surtout vous laissant la responsabilité de vos propos à son sujet. J'ai rédigé l'année dernière, à l'occasion des Ières Rencontres de Seix, une sorte de liste (qui reste, je le conçois, non exhaustive, tout à fait arbitraire et tout à fait artificielle) des raisons qui expliquent selon moi que l'oeuvre et la pensée d'Abellio soient aujourd'hui si peu visibles et demeurent à peu près absentes du paysage littéraire et intellectuel français. Je vous en livre quelques unes : le caractère métaphysique et dialectique de sa philosophie ; la dimension asociale et amorale de sa pensée ; le choix de l'individu vs le collectif ; sa critique de la philosophie d'après la seconde guerre mondiale ; le parcours politique d'Abellio ; sa dénonciation des limites de l'engagement politique ; son esprit de radicale indépendance ; sa critique des Arts et des Lettres modernes (notamment Proust) comme participant d'une esthétique de la fascination ; sa conception métaphysique de l'esthétique ; sa critique de la psychanalyse ; sa critique de l'ésotérisme ; sa lecture non orthodoxe de certains grands textes spirituels ; sa vision de la femme et du couple ; sa conception spirituelle de l'Europe et de l'Occident. (...) Download interviewERICCOULONAVRIL2005.pdf

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L'action littéraire - politiser ?

Quelques visiteurs et lecteurs des textes proposés ici sur "l'action littéraire" s'étonnent que des post, des messages, concernent "la politique". Le texte qui explique la formule et les objectifs de "l'action littéraire" indiquait bien que celle-ci ne désigne pas uniquement et principalement l'opération, narrative, à l'oeuvre dans la "littérature", mais la production mentale en tant que telle; production "du" mental, de son être, et production "du", ce qu'il produit, à commencer par les Lettres, ombres des Formes platoniciennes. Pourquoi Jacques Chirac, Président de la République, peut-il être un objet décisif de la méditation et de l'action - littéraires ? C'est que la "fonction présidentielle", et ses pouvoirs propres, sont nés d'une écriture, d'une rédaction - la Constitution, texte avec et sans auteurs, destiné à, pour les uns, exprimer, pour les autres, juguler, encader, limiter, la souveraineté populaire, c'est-à-dire vous et moi. Or, ce texte est-il un "bon" texte ? Ou ce texte peut-il être modifié, comme le fait un auteur avec un manuscrit, qu'il peaufine, travaille ?
Bannierepresidencedelarepublique_1
La 5ème comme on l'appelle a, déjà, une durée de vie conséquente, par comparaison, avec les précédentes constitutions, mais, quoiqu'il en soit, il faut bien voir, sentir, la portée "magique" de ce texte juridique, puisque, par la grâce de ses articles, un certain Jacques Chirac s'est trouvé, retrouvé, propulsé "chef des Français". Et, pour ma part, je ne le reconnais pas en tant que tel ! Ce texte est donc, me pose, des problèmes. Enfin, Jacques Chirac, élu, s'est transformé en machine à discours. Sur les Français et les habitants de cette planète, le prince élyséen a fait abattre une pluie de discours - nous en sommes douchés, ramollis, par tant d'humidité... Textes et discours ne concernent-ils au premier chef une "action littéraire" ?

La constitution écrit :
"La langue de la République est le français                    

L'emblème                       national est le drapeau tricolore, bleu, blanc, rouge.

                   

L'hymne                       national est la Marseillaise.

                   

La                       devise de la République est Liberté, Egalité, Fraternité.

                   

Son                       principe est : gouvernement du peuple, par le peuple et                       pour le peuple"

Du - par - pour : du ? par ? pour ? L'article 2 du titre 1 a t-il un sens dans notre réalité ? Si notre propre Constitution n'est même pas acté dans les faits par des faits qui prouvent que notre gouvernement est "du" peuple, qu'il s'agit d'un gouvernement "par" le peuple, et pour ses avantages, comment une Constitution non-française, désormais "étrangère", européenne, ne pourrait-elle pas être ignorée dans les faits par un pouvoir, des pouvoirs, qui se seraient "séparés" de la majorité ?

Religions fri Gud – följt av brev till Usama Bin Laden och hans eventuella efterföljare

Det franska förlaget Editions La Part Commune har nyligen publicerat Jean-Christophe Grelletys bok «Dieu sans religions, suivi de Lettre à Oussama Ben Laden et à ceux qui voudront prendre sa suite» («Religionsfri Gud – följt av brev till Usama Bin Laden och hans eventuella efterföljare» 13.00 euro - ISBN: 2-84418-068-X)

Religioner – denna vidunderlighet. Att påstå sig stå över Gud. Som om våra monoteister med utgångspunkt från all makt och kunskap, bättre än Gud själv, skulle känna till hans hemligheter och önskemål. Vad skulle den underfundiga skapelsens och godhetens Gud säga om han bröt sin eviga tystnad? Vad eller vem skulle han lovorda, vad eller vem skulle han kritisera? Om Gud kom över sekternas skrifter, skulle han då inte bli ett renande eller förgörande ljus över kryptorna? Skulle han be oss att förkunna och skriva en ”motbibel” som Nietzsche hade önskat, för att effektivt motverka denna manikeistiska urartning bort från kärleken och mot våldet…?

Usama Bin Laden är själva symbolen för Mellanösterns manikeism som är mild, men samtidigt motsägelsefullt våldsam av naturen. Det handlar om att, utan att ödsla tid, förverkliga denna berömda civilisationernas dialog, bortom gott och ont. Om manikeisterna bara kunde upphöra att låta sig hypnotiseras av den enda och följaktligen utarmade islamiska kulturen för att istället upptäcka världen, kvinnorna, vår historia som även är deras, finns det hopp. Om inte…

Kort om författaren:

Jean-Christophe Grellety undervisar i humaniora och historia-geografi på universitetsnivå samt innehar en doktorsgrad i filosofi. Han har arbetat med den franske filosofen Marc Sautet, mannen bakom Cafés-philos eller filosofikaférörelsen (traduction : Anna Helgren)

Oedipe à l'Elysée : 10 ans de Jacques Chirac à la tête de la République, la lettre ouverte...

Pourquoi dans un pays comme la France, "la grande nation" comme les Européens l'appelaient après la Révolution, l'Etat peut-il être dirigé par un individu commeLemondeselonchirac Monsieur Jacques Chirac dont chacun connaît, la psychologie, les références, les règles de comportement dans l'exercice de ses fonctions, ... ? 40 ans à la tête de l'Etat, 10 ans à la tête de la République - et si des forces constantes, à mieux connaître et "travailler", avaient pour objectif d'empêcher les Français de vivre dans une "vraie" démocratie ? Alors que nous allons bientôt assister aux "commémorations" de ces 10 années de descente vers le vide humain et social le plus profond, j'adresse ici, et par écrit, une "lettre à Monsieur le Président de la République" (format PDF). Les documents, correctement rédigés et signés qui me parviendront, pourront être adressés avec cette lettre - qui serait donc collective et plus individuelle.

Download lettre_jacques_chirac_prsident_de_la_rpublique_pour.pdf
Pour cela, il faut en partager la conclusion, la demande, l'exigence... 

cf. le remarquable dossier de Denis Touret sur les affaires Chirac : n'en jetez plus, la coupe est...

Le discours au soir de sa victoire : "Président de tous les Français, je vais y répondre dans un esprit de rassemblement, je veux mettre la République au service de tous. Je veux que les valeurs de liberté, d'égalité et de fraternité reprennent toute leur place dans la vie de chacune et de chacun d'entre vous". Déjà...Download DISCOURSDEJCHIRACLESOIRDESAVICTOIRELE5MAI2002.pdf

(Si quelques-uns s'étonnent de la concomitance de cette lettre avec celle adressée à Frédéric Beigbeder, et de certains parallèles qui peuvent être faits entre leur contenu respectif, c'est que nous avons sans doute à connaître et à travailler un système "people" solidaire. Je conseille la lecture du couple Pincot-Charlot). 

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