« Nazism: since 1945, everything was made (or not!) to protect new Nazis, it's about time and to become aware of it and to act | Accueil | "Pour un nouvel enseignement de la Philosophie - et à propos du GREPH" - un colloque du Collège International de Philosophie »

30/08/2017

Commentaires

Flux Vous pouvez suivre cette conversation en vous abonnant au flux des commentaires de cette note.

Cher collègue,

Je trouve bon que chacun s'exprime et je n'ai jamais cru à une philosophie officielle. Je crains, toutefois, que vos propositions, qui s'abritent derrière une évidence qu'il serait malhonnête de remettre en cause selon vous, ne tombent dans un tel travers, non pas dans sa volonté certes - je ne vous ferai pas une telle injure ! - mais en fait. Sans me reporter à l'article auquel vous renvoyez, je me permettrai de faire trois objections à l'encontre de vos propos. Il est clair que des objections n'ont de sens que du point de vue de la discussion et aucun à celui d'une éristique.

1) Va-t-il de soi que la philosophie, comme toute autre discipline, doive commencer avant la terminale ? Si, elle est par nature réflexive - mais je suppose là une idée que vous ne partagez peut-être pas - je ne vois pas trop a) comment elle ne pourrait pas supposer des acquis antérieurs et extérieurs : vous-même insistez sur ce point à la fin de votre article , b) comment elle pourrait ne pas entretenir un rapport brouillé avec les autres disciplines si elle était étudiée conjointement avec elles ? Pour ne prendre qu'un exemple : comment préparer, en même temps, l'EAF de français en première et travailler sa philo ?

2) Je ne vois pas ce que vous entendez par "processus mentaux philosophiques". Ne doit-on pas distinguer les interrogations de droit, celles où, qu'on le veuille ou non, la question de la vérité est engagée, de la psychologie au sens moderne du terme ?

3) Il est tout à fait possible d'aborder un certain nombre de philosophes à partir du contexte historique mais leur pensée ne nous importe-t-elle que de ce point de vue ? Au sens strict du terme, est-elle réellement susceptible d'intéresser ainsi les élèves ? Exemple : Platon n'a-t-il de sens que par rapport à l'Athènes du cinquième siècle avant Jésus-Christ ? Sont-ce là les "recherches concrètes" dont il serait bon "d'avoir faim" ?

Dernière remarque : je suis un peu étonné que l'on appelle à un débat tout en annonçant par avance ses conclusions.

Cordialement,

Alain Champseix

A l'attention d'Alain Champseix,

Par processus mental philosophique, vous usez d'un pour commencer : une évidence qui se présenterait comme indiscutable alors qu'elle fonctionne sur des présupposés qui, à l'examen... Ce qui, dans ce cas, est évidemment faux : rien de ce qui est écrit ici n'est présenté comme évident et sûr, absolument, puisqu'il est inscrit dans le processus d'un dialogue, et que, puisque ce n'est pas une chose "révélée", tout est donc parfaitement discutable, proposé à la discussion, et donc, à la critique. On aurait pu faire l'économie de ce préalable, mais puisque vous imposez le faire de l'écrire, cela va donc mieux en le disant. Oui, la pensée philosophique n'est pas seulement réflexive, mais cumule des actions intellectuelles, diverses et de diverses valeurs : intuitive, déductive, illogique aussi, délirante aussi encore, "créative", comme lorsque des auteurs ont fixé des paradigmes, comme "les Idées". Le fait que l'enseignement de "la philosophie" exige-rait des acquis antérieurs et extérieurs justifierait qu'il faille attendre la terminale pour, puisque ce sont les autres disciplines qui les apporteraient. Sauf que les propres acquis que cet enseignement est censé rendre possible demande un tel temps que la majorité des professeurs le disent, quand ils sont réunis ensemble : nous n'avons pas assez de temps. C'est une évidence qu'ils partagent - une majorité, je ne doute pas que des héros et des Titans sont capables de faire en moins de temps ce que de pauvres laborieux ne parviennent pas à faire... Et si vous me jugez ici un poil ironique, vous me permettrez aussi de l'être, quand vous l'êtes également ("Si, elle est par nature réflexive - mais je suppose là une idée que vous ne partagez peut-être pas -"). Si nous nous posons comme objectif d'atteindre à des vérités fondamentales et universelles, faut-il considérer que la maîtrise de nos déterminations psychologiques ne nous aiderait pas à ne pas nous tromper, à limiter les erreurs, et à ne pas prendre, des "préjugés", pour des "évidences" ? Si on étudie ce que fut la dissertation philosophique à la fin du 19ème siècle et au début du 20ème siècle, en France, selon les professeurs du temps, notamment les prescripteurs de règles, méthodes, et d'échelles de notation, pensez-vous que nous sommes assurés que nos collègues d'il y a plus d'un siècle ont réussi à échapper à des préjugés, y compris "philosophiques", en liaison avec ce qu'était l'ordre et le fonctionnement social ? Il ne s'agit pas, selon moi, d'aborder un certain nombre "de philosophes à partir du contexte historique", mais de prendre en compte que leur oeuvre s'est constituée comme un dialogue avec leur temps, en raison des événements majeurs, des forces dominantes, de leur temps, et qu'il est difficile de comprendre un dialogue si on ne sait pas à quoi ils ont entendu parler, répondre. Platon n'a pas de sens que par rapport, mais c'est de là qu'il est né et a vécu, qu'il a eu les pieds, les mains et la tête, et que tout être humain est nourri de son lieu de vie. Enfin, comme vous le savez autant ou mieux que moi, les textes platoniciens sont "saturés" de référence à la vie sociale et politique de son temps - sinon,comment comprendre le dialogue consacré au procès contre Socrate ?
Dans un débat, on a donc le droit d'avancer des propositions, et pour certaines même, des "conclusions" parce que ce sont NOS propositions et conclusions. Il y a précisément débat parce qu'il s'agit déjà d'une réponse, et que celle-ci en appelle d'autres.

Précision : il ne s'agit pas ici de prétendre avoir énoncé une analyse définitive, des solutions définitives (cf commentaire précédent). Mais par contre, il est certain d'une chose, c'est que le discours POLITIQUE du "TINA", autrement dit, de la transformation du fait actuel, en fatalité/nécessité, est, comme par ailleurs, inacceptable, parce que totalement mensonger et délirant - au regard de l'Histoire. Et qu'il semblerait bien que les professeurs en Philosophie en aient assez du statu quo actuel. Vivement...

Cher collègue,

"Et si vous me jugez ici un poil ironique, vous me permettrez aussi de l'être, quand vous l'êtes également ("Si, elle est par nature réflexive - mais je suppose là une idée que vous ne partagez peut-être pas -")" Mais non, je n'étais pas ironique. Pourquoi l'aurais-je été ? Qu'est-ce qui vous le fait penser ? Je suis, au contraire, prêt à entendre des arguments qui me sont contraires. C'est d'ailleurs, au niveau des lycéens, un des intérêts de la dissertation de philosophie : non pas réaliser un exercice rhétorique (rhétorique et philosophie, voilà des choses qui ne vont guère ensemble, il y a trente siècles comme de nos jours !), mais s'exercer à penser contre soi-même. Ce n'est tout de même pas ce que pourraient permettre des contrôles de connaissance réguliers.

En tant que savant - ce que je ne suis pas, je peux m'intéresser aux origines de la dissertation dans l'enseignement français du XIXème siècle, mais, en tant qu'enseignant, je n'en ai strictement rien à faire. Je ne vois même pas en quoi cela pourrait importer à nos élèves qui, s'ils peuvent être loin de l'enseignement de philosophie comme vous l'estimez, sont encore plus loin de recherches universitaires plutôt ultra-spécialisées.

S'agit-il de supprimer TOUT exercice écrit, y compris sous la forme de la dissertation ? Ce n'est pas ce que propose cette collègue, et pour ma part, j'approuve le fait qu'il y ait une valorisation du travail d'acquisition de connaissances pures, sur les auteurs, l'Histoire de, les courants, etc. Ce système en France où tout doit être et tout le temps UNE seule possibilité, voie, méthode, cela n'est ni plus tenable, ni supportable. On a besoin d'air, de variétés - autant les collègues que les élèves. C'est à ce travail que nous sommes appelés - si nous le voulons. Si une majorité, finalement, décrète, que la situation actuelle est idéale, qu'il ne faut aucune évolution, y compris, favorable à l'enseignement de - parce que, tout de même, en permettant qu'elle s'enseigne depuis la première année du lycée, il faudrait tout de même recruter, ce qui donnerait un espoir à des jeunes qui voudraient aller étudier cette filière à l'Université. Là aussi, c'est déplorable que celles et ceux qui le font n'aient quasiment qu'une seule "offre d'emploi", à savoir devenir eux-aussi professeur de philosophie, parce que, avec les compétences et les connaissances qu'ils acquièrent, avec ce sens du dialogue qu'ils sont amenés à apprendre et à développer, ils pourraient faire des merveilles, dans la diplomatie, dans les entreprises (RH et autres services), dans l'édition, mais, hélas, le conservatisme social/économique en France bloque tout, y compris de tels espoirs, de tels recrutements. Alors, puisque leur intégration sociale et économique est réduite à l'enseignement de la Philosophie, autant qu'ils le fassent avec des postes !

1) a) "S'agit-il de supprimer TOUT exercice écrit, y compris sous la forme de la dissertation ?" Où voyez-vous que je vous prête une telle intention ? b) "Ce n'est pas ce que propose cette collègue". Une règle de méthode que je m'impose : quand je discute avec quelqu'un, je ne discute pas avec quelqu'un d'autre en même temps, surtout si ladite personne est absente.

2) Qu'est-ce qu'une "connaissance pure" des auteurs ?

3) Faut-il raisonner en termes de majorité dès lors qu'il est question d'enseignement en général et d'enseignement de la philosophie en particulier ? S'il y a une majorité, c'est qu'il y a une minorité qui, au demeurant, aimerait bien devenir majorité. Tout cela n'est qu'affaire de rapports de forces, pression et contrainte sans lien avec l'essentiel : les arguments. Mais il est vrai que dans la diplomatie, les entreprises, l'édition (entreprise en grande partie partie commerciale), ce sont les rapports de force qui importent, les arguments ne sont que des moyens. Là règne la servitude, la pire qui soit, celle de l'esprit qui ne veut que se soumettre, qui n'a aucune idée de ce qu'il peut - doit - être... De quelle vie voulons-nous ?

Cher collègue,

Si je suis sensible, vraiment, à l'authenticité de votre volonté d'amélioration des conditions de notre enseignement et, plus largement, d'une école publique digne de ce nom, je bute sur la logique de l'articulation entre un diagnostic extrêmement critique ("l'état général, "effondré", de l'école, l'insuffisante préparation/acquisition de principes/connaissances sur la pratique écrite") et une proposition extrêmement adaptative ("C'est pourquoi l'auteure (avec un autre professeur) propose que la notation globale pour le baccalauréat repose sur une pluralité d'exercices obligatoires, avec deux fondamentaux : un contrôle des connaissances, un exercice rédactionnel, "plus réflexif". Corollaire de cette évolution, elle défend aussi celle des programmes, l'étude annualisée d'une œuvre en particulier").
A supposer que le diagnostic soit juste - et il est très certainement conforme au sentiment dominant des collègues - il faudrait logiquement se mobiliser contre tous ces maux, insupportables pour une école républicaine. Il faudrait se bagarrer pour que l'école instruise véritablement, pour que l'étude des humanités soit effective, etc. Au lieu de cela, nous est proposé le projet - qui sera toujours en retard d'une nouvelle dégradation - de "faire avec", comme si ces maux exprimaient une nécessité finalement bénéfique qu'il reviendrait aux professeurs de philosophie de consacrer.
Cette volte-face, pratiquée naguère par un syndicat béni-oui-oui, me heurte syndicalement autant qu'elle me surprend philosophiquement. Mais je ne saurais vous faire l'offense de feindre plus longtemps la naïveté, car j'ai effectivement rencontré à l'œuvre le paradoxe de cette "volonté réformatrice" au sein de la pratique des IUFM, et spécialement pour ce qui concernait l'enseignement philosophique : "Comment voudriez-vous enseigner une discipline exigeante et spécifique, alors que les publics ont changé - "un métier nouveau" - et qu'ils ne sont plus sensibles qu'à l'utile immédiat, nécessairement transdisciplinaire, la philosophie stricto sensu (sous la forme d'étude d'auteurs) a sa place seulement en un département universitaire spécialisé ?" - la voix des réformateurs était celle des administrateurs...
En quelques mots, l'alternative entre défense (réputée privilégiée) du statu quo et réforme salutaire (déclarée progressiste) me paraît trop pauvre, par sa faiblesse logique, pour amorcer une véritable réflexion ainsi qu'un authentique débat entre professionnels.
Cordiales salutations.

A l'attention de Carlet : avec le début de votre propos, et son terme, il y a une contradiction - à moins que votre affirmation sur "l'authenticité de votre volonté..." ne soit pas sincère... Il est habituel que dans ce genre de situation, où un débat est affiché avec des contributions (il ne commence pas ici, ne se termine pas ici), nous entendions un "professionnel" déclarer/juger qu'il n'y a pas l'amorce d' "une véritable réflexion ainsi qu'un authentique débat entre professionnels". Puisqu'il en est ainsi pour vous, je vous souhaite une bonne suite, puisque le dit débat continuera sans vous.

Cher Collègue,

Comment ne pas prendre acte de votre décision ?
Juste une précision : je n'ai jamais dit "qu'il n'y avait pas" l'amorce..., mais qu'une certaine alternative ne permettait pas l'amorce... Cela dit pour maintenir un sens aux notions d'authenticité et de sincérité...
Le vent se lève et nous devons vivre, certes, mais je voulais seulement dire qu'il importait de s'interroger sur la direction que nous voulons prendre.
La navigation se fera donc sans moi, je souhaite néanmoins bon voyage au vigilant capitaine que vous annoncez être (ce qui nous renvoie, encore et toujours, au livre VI de La République).
Salutations,
Jean-Pierre Carlet.

Jean-Pierre Carlet,
Dans votre premier commentaire, vous indiquez, en substance, que étant donné une contradiction entre le sens général du propos et sa conclusion pratique, velléitaire plutôt que volontaire, ainsi que la pauvreté de l'ensemble, vous jugiez très négativement tout cela, et que, par conséquent, c'est implicite mais on l'entend, la suite se ferait sans vous. Donc, c'est vous qui décidez d'arrêter là votre contribution, et j'en ai seulement pris acte. Maintenant, si vous avez des choses à dire, ajouter, ce sera publié, comme précédemment.

Contester les termes d'un débat qui, s'ils sont pris au pied de la lettre, l'orientent d'emblée, ne supportent même pas une remise en cause de leurs présupposés - ou, alors, il faudrait démontrer qu'il n'en est pas ainsi, ce n'est pas refuser le débat, c'est, au contraire, le sauver. Bon ! On peut toujours rejeter la discussion en prétendant que ce que l'on dit est incontestable sans preuve, parce qu'on l'affirme mais, alors, qu'on ne parle plus de débat. "Eglise X : Monsieur, admettez-vous l'article de foi a, traditionnel, rétrograde et dépassé ou soutenez-vous l'article de foi -a moderne, progressiste et libérateur ? - Mais je ne pense pas que ce soit la vraie question, je nie qu'il y ait des articles de foi - Eglise X : Alors, Monsieur, vous vous excluez vous-même du débat". Soit l'Eglise X est puissante, réduit au silence (excommunication), voire allume un bûcher soit elle est une secte minuscule et l'exclusion qu'elle prononce fait hausser les épaules ou sourire.

S'il y a bien une "spécificité" de ce qui s'appelle "Philosophie", dans son Histoire, c'est ce dialogue, constitutif de, tant intérieur, qu'avec les autres - et par dialogue, je n'entends pas une simple discussion, le cumul de deux monologues, un échange de points de vue, fixes, mais le fait que, par un dialogue, évidemment, notamment "socratique", nous pouvons nous approprier, et maîtriser, ce discours humain qui fait, le temps, le monde, l'époque - et qui peut reposer sur des préjugés extrêmement problématiques. Etre un "professionnel" de "la philosophie" ne garantit nullement ni d'être dans le sens de ce dialogue, ni de l'aimer, ni de le pratiquer. Mais, "normalement", nous savons que si nous voulons atteindre des objectifs, réussir un projet de construction, commune, ce dialogue authentique, total, est fondamental. Alors, à chacune, chacun, selon ses besoins... de dialogue !

Vérifiez votre commentaire

Aperçu de votre commentaire

Ceci est un essai. Votre commentaire n'a pas encore été déposé.

En cours...
Votre commentaire n'a pas été déposé. Type d'erreur:
Votre commentaire a été enregistré. Les commentaires sont modérés et ils n'apparaîtront pas tant que l'auteur ne les aura pas approuvés. Poster un autre commentaire

Le code de confirmation que vous avez saisi ne correspond pas. Merci de recommencer.

Pour poster votre commentaire l'étape finale consiste à saisir exactement les lettres et chiffres que vous voyez sur l'image ci-dessous. Ceci permet de lutter contre les spams automatisés.

Difficile à lire? Voir un autre code.

En cours...

Poster un commentaire

Les commentaires sont modérés. Ils n'apparaitront pas tant que l'auteur ne les aura pas approuvés.

Vos informations

(Le nom est obligatoire. L'adresse email ne sera pas affichée avec le commentaire.)

Ma Photo

Maisons d'édition

Your email address:


Powered by FeedBlitz

Pages

Blog powered by Typepad
Membre depuis 05/2004

septembre 2017

lun. mar. mer. jeu. ven. sam. dim.
        1 2 3
4 5 6 7 8 9 10
11 12 13 14 15 16 17
18 19 20 21 22 23 24
25 26 27 28 29 30  

Made with ImageChef

Devenir Fan