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Stupre : stupeur, Ciel mon mari, une revue érotique sous mon oreiller...

Presse JCG : Une "revue érotique", en France, en 2008, c'est un Lovni ? ou que nenni ? !

RS : Cela dépend du point de vue. Quand on parle en France de revue érotique, cela n’apparaît pas forcément comme une bizarrerie. Il y a et il y aura toujours des revues érotiques de plus ou moins bonne qualité. La différence c’est que nous voulions nous inscrire dans cette famille d’un point de vue littéraire et en cela, il s’agit bien d’un ovni. La littérature érotique est souvent déconsidérée et personne jusqu’à maintenant n’avait pensé que l’on pouvait y trouver matière à des textes de qualité. Qui plus est, nous ressentions comme une cruelle absence le fait qu’il n’existait pas jusqu’à maintenant de revue telle que celle-ci, ouvrant l’érotisme à un large public et ne se spécialisant pas dans une seule catégorie. En effet, nous espérons que tout le monde puisse trouver dans Stupre matière à satisfaction.

JCG : Revue thématique, vous commencez par "Palace". Qu'est-ce qui n'est pas la ? Ce plaisir des palaces : luxe, calme et volupté ? Palace plutôt que salace, ou hélas, pas de place pour ce palace que serait une vie de plaisirs et plaisante ?

RS : Afin de ne pas nous inscrire dans la négation je dirais que dans Stupre tout est là. Nous avons choisi le thème du « palace » pour tout ce qu’il projette dans l’imaginaire collectif. Strass et paillettes, halls d’hôtels déserts, rencontre d’une inconnue dans la nuit ; les années Pacadis, son style dandy punk, le rock et les paradis artificiels ; les coulisses du luxe et leurs mystères, les palais insoupçonnés, les villas abandonnées, les châteaux hantés de lascives succubes, la prostitution extravagante et navrante ; jacuzzi, champagne, concierge prêt à tout… Nous n’avions même pas conscience au début du rapprochement de termes entre palace et salace. Ce n’est qu’un hasard fortuit qui correspond finalement à l’ambiguïté de Stupre. Et si vous considérez qu’il n’y a pas de place dans notre société actuelle pour les palaces, laissons justement place à l’imaginaire et à la rencontre impromptue du luxe.

JCG : "Stupre", c'est 80 pages, textes et images, des dessins, des photos. Quel est l'événement dont c'est l'avènement pas vainement dans ce premier opus ? Malgré l'époque, sinistrosante, les corps et les âmes résistent et tiennent bon, à ce qui est bon ?

RS : C’est l’avènement de la pluri-disciplinarité au service de l’érotisme. La plupart des contributeurs ne sont pas issus du monde l’érotisme et nous voulions leur donner la possibilité de s’exprimer sur ce sujet. C’est pourquoi la naissance de Stupre suscite de la part de tous un réel engouement pour ce qui est de la défense d’un plaisir de qualité. Nous avons sélectionné par exemple des auteurs comme Jul qui travaille pour Charlie Hebdo ou Bertrand Guillot dont le premier roman, Hors Jeu, paru en septembre 2007 n’a rien d’érotique. De même pour la photographie, si Jean-Marc Millière photographie souvent des nues, ce n’est pas le cas d’Ernesto Timor dont le travail érotique n’est qu’une petite partie de son œuvre.

JCG : Toujours l'époque, son conservatisme élu, et puis, en-deçà de la société du spectacle, un monde citoyen qui parle, vit, fait des rencontres, et plus si affinités, et il y a affinités. L'Internet étant aussi ses traces, l'appel érotique suscite des adeptes confirmés et passionnés, avec des blogs, par centaines. "Stupre" serait aussi la concrétisation de cette vague précise ?

RS : Comme tout objet littéraire, Stupre s’inscrit dans la vague du temps. Nous n’avons pas planifié de profiter d’une vague érotique avec l’avènement des sextoys et une liberté de ton que l’on retrouve notamment sur internet sans doute en réaction à la morosité actuelle.  Mais il est vrai qu’étant parti prenante de la société nous en subissons l’influence, c’est pourquoi nous avons fait appel, entre autres, à des blogueurs . Stupre se veut dans la vague tout en n’en adoptant pas les travers. En même temps nous nous servons du plus vieux thème du monde. Nous n’avons pas la prétention, ce qui serait ridicule, d’avoir découvert l’érotisme. Mais nous avons celle de lui apporter un nouveau regard, plus contemporain, plus doux et plus intellectuel. Un regard original aussi comme par l’utilisation de traits fins en bande dessinée, destinés habituellement aux récits autobiographiques, mais ici au service de l’érotisme par Aude Picault.

JCG : J'ai attiré votre attention sur les poèmes érotiques de Mallarmé, ignorés en tant que tel. "A la nue accablante tu" a donc désormais la parole, grâce à vous. Comment l'entendez-vous, cette parole poétique qui ne dit pas les choses comme les autres et qui dit aussi ce qu'elles sont, comme aucune image ne le montrera et l'expliquera ? L'audace est donc par vous recommandée, obligatoire ?

RS : Nous voulons conférer à Stupre un caractère culturel. Au-delà du côté agréable de l’érotisme, le but était aussi de permettre des découvertes ou des redécouvertes. Nous voulons que les gens ouvrent les yeux et découvrent le monde dans ses sous-entendus érotiques, ce qui est le propre du poème de Mallarmé. Nous nous focalisons sur le sous-entendu contre la pornographie placardée sur les murs. Pour être sincère la poésie n’est pas notre spécialité mais appréhender un texte avec un nouveau regard est notre principal intérêt.

JCG : "Stupre", maintenant, dans six mois, six ans, ce sera, ce serait ? quels thèmes ? ...

RS : Stupre c’est deux fois par an. Nous clôturons donc l’appel à contribution le premier juin afin de sortir un prochain numéro pour la rentrée littéraire de septembre. Le thème est « sur la table ». Le prochain Stupre sera donc culinaire, un plaisir pour l’intellect et pour les papilles. Pour la suite, Stupre évoluera en fonction des possibilités qui ne manqueront pas d’arriver.

 

Bannierelejouretlanuit

Lascaux, Cussac, la Caverne de Platon

Nous avons beau prendre conscience, penser et rêver en images, ces ombres qui, comme des fantômes, frôlent les parois de la caverne de la conscience, et, parfois, s'impriment, sont des assemblages d'atomes, et, avec le temps, qui se fait secondes comme milliards d'années, les choses merveilleuses qui apparaissent disparaissent. C'est ainsi que, en Dordogne, la grotte de Lascaux a été, depuis des lustres, fermée et interdite à la visite humaine, trop humaine, pour, à l'époque, enrayer le processus de destruction-disparition des fresques, puisque la présence humaine, oxygénée, était responsable de cette "corruption", au sens aristotélicien. Un fac-similé remarquable est venu, depuis, se substituer à l'original afin de satisfaire la légitime curiosité de celles et de ceux qui se demandent ce que peut bien provoquer sur les sens et l'intelligence ce spectacle figé et mobile à la fois. Las ! Les scientifiques qui, eux, continuent d'accéder à la grotte de Lascaux ont constaté que des tâches noires sont apparues, et font ainsi disparaître lentement mais sûrement les dessins magiques. L'alerte est publique. C'est que le temps se plaît à contraindre l'intelligence, sans jamais lui laisser de repos, celui-ci est bon pour les cimetières. Et la Dordogne cache dans son sous-sol des merveilles que le hasard et la chance permettent, un beau jour, d'ouvrir à la lumière, comme il y a peu avec la grotte de Cussac.

«Plus d'une centaine de figures complètes ou partielles ont été décomptées, dans un premier temps. Elles appartiennent toutes au bestiaire traditionnel du monde paléolithique, à savoir : mammouths, rhinocéros, cervidés, et en nombre plus important bisons et chevaux. L'iconographie de ce site tire son originalité de la présence de représentations animales rarement exprimées dans ce contexte, notamment des oiseaux, mais aussi des figures étranges, aux mufles allongés, la gueule ouverte dont l'identification précise reste du domaine des hypothèses.  Des silhouettes féminines et des représentations sexuelles complètent l'iconographie du site, ainsi que de nombreux tracés digités (réalisés aux doigts), le support tendre à grain moyennement fin devait autoriser cette forme d'expression. Toutes les figures relèvent de la gravure, tant sur les parois qu'au sol, sur argile. Seuls quelques tracés au doigt, de couleur rouge, rompent cette unité.

Il y a 25 siècles, Platon sortait son coup de la Caverne, dans le Livre VII de la République, et, depuis, malgré l'évidente pertinence de l'analyse des structures psychologiques et mentales, d'une importance essentielle pour la philosophie politique comme pour une pratique politique qui est passée au-delà de la manipulation mentale, des uns par les autres, cette force-des-idées est restée souterrainne, et non rayonnante dans un Ciel-des-Idées... Pourquoi ?

http://www.dailymotion.com/video/x30jre_lascaux-prehistoire-de-lart-2_creation
http://www.dailymotion.com/video/x30jdp_lascaux-prehistoire-de-lart-3_creation
http://www.dailymotion.com/video/x30j5n_lascaux-prehistoire-de-lart-4_creation

Harry Potter, des secrets de polichinelle et des secrets bien gardés...

Il suffisait, il suffit de faire appel à la magie, et, pour J.K.Rowling, Harry Potter est effectivement un petit magicien qui a résolu, à sa manière, le problème alchimique, de la transformation du plomb en or, tant ses droits d'auteurs sont devenus astronomiques. Car, destinée à priori aux enfants, l'oeuvre qui veut prolonger les contes de la petite enfance est structurellement contrainte par le «besoin magique», ou, autrement dit, par la réalité de la magie dans la conscience enfantine. C'est ce que dit le point de vue «rationaliste» lorsqu'il s'agit de comprendre les structures de la conscience, en distinguant l'enfant animiste de l'adulte «rationnel». Mais cette lecture rationaliste est illusoire et trompeuse, parce qu'il faut ouvrir les yeux sur la continuité et la transformation des croyances magiques et dans la magie, entre les enfants et les adultes : ces derniers continuent de croire à une réalité dans laquelle un certain type d'actions et de connaissances «secrètes», réservées à des initiés, permet de réussir, d'atteindre des objectifs difficiles. Il suffit d'écouter les chantres du libéralisme ou de l'ultra-libéralisme pour percevoir le décalage historique des hérauts des forces magiques, désormais revêtus de costumes-cravates, abonnés aux flux d'information sur les flux chiffrés. Et il faut bien dire que ces croyances d'adultes sont loin d'être irrationnelles, puisqu'il y a des résultats dans la grande machine de la Causalité – alors celles des enfants... Toutefois, loin d'être un simple reflet d'une conscience enfantine mondialisée, il faut aussi mesurer à quel point Harry Potter constitue un conditionnement mental international qui expose et entend renforcer les fondements de la culture sociale anglaise, avec sa hiérarchie, ses codes, ses écoles privées, ... Et donc Harry Potter n'est pas qu'une oeuvre littéraire, de fiction, pour l'amusement des enfants, mais une oeuvre politique qui participe de la promotion et de la défense des personnes et des références de la noblesse anglaise et européenne. Est-ce cette synthèse d'arguments commerciaux, la fiction "eumagique" avec la promotion de «valeurs nobles» qui explique l'enthousiasme mercantilement organisé pour Harry Potter ? Car il est fort probable que les parents conditionnent largement leurs enfants, non pas d'une manière directe («Tu dois lire Harry Potter ou tu seras privé de dessert !», mais d'une manière indirecte, dans la mesure où les parents expriment vers leurs enfants et à côté de ceux-ci la croyance fondamentale dans leurs réussites, celle, commune, du couple et de la famille, celle, de ce couple et de cette famille par comparaison avec les autres, celle des riches que le couple et la famille admirent, et des implications personnelles de ces réussites, réservées à une «race de seigneurs» (dixit Cecilia Sarkozy à propos de Rachida Dati). Dès lors, Harry Potter serait une oeuvre de conditionnement implicite et explicite, puisque, d'une certaine manière, elle constitue un aveu des croyances et des volontés de cette «noblesse» historique, anglaise et européenne, et nouvelle, avec la grande bourgeoisie.

Le succès de l'oeuvre signifierait bien que les classes moyennes occidentales acceptent de vivre et de penser dans le cadre des références de cette noblesse mondiale, de vivre et de penser que cette noblesse mondiale mérite ses distinctions qu'elle s'auto-attribue, mérite ses revenus, ses «richesses», et accepte «l'ordre», tel quel, tel qu'il est – ce qui est bien loin de l'esprit «magique» réel tant cet ordre inclut une responsabilité dans le développement de la pauvreté, dont proviennent fantômes et spectres qui hantent encore les châteaux fortifiés des consciences cultivées, déculpabilisées...

un Etat et mensonge, le JFK

Dans "Nous, le Peuple des Etats-Unis", Howard Zinn démontre, dans le premier chapitre, "Le réalisme machiavélien et la politique étrangère des Etats-Unis : la fin et les moyens" que cette fameuse dyade machiavélienne, de la fin et des moyens, même superficielle et contraire à une réalité subtile, définit, et l'état d'esprit des principaux dirigeants américains du 20ème et du 21ème siècle (et nous pouvons ajouter ceux de France), et le principe de la "politique étrangère des Etats-Unis", les intérêts américains.  L'Etat est devenu, dans le monde, cette unité et cette force aveugle, anonyme, et la source principale des principaux, des plus graves et des plus dangereux mensonges. Dans la rhétorique française, étatiste et habituelle du Quai d'Orsay, une voix entend parler "au nom de la France". Jacques Chirac, en cela gaulliste, avait appris à dire et répéter "la France veut, ne veut pas...", dans la mesure où les dirigeants des Etats prétendent accéder à une légitime conscience nationale et technocratique - "la France"..., comme d'autres disent "les Etats-Unis". La liste et les moyens (les services secrets) des mensonges d'Etat sont à établir : affaire Boulin, le Rainbow Warrior, Clairstream, Tchernobyl, ... Force aveugle et anonyme, car, in fine, les dirigeants des Etats agissent, de concert, mais, malgré leurs responsabilités fonctionnelles connues, dans la sphère de l'impunité et de l'irresponsabilité judiciaires. C'est ainsi qu'aux Etats-Unis, l'assassinat de JFK (qui n'était pas le saint quadragénaire comme le prétend la légende) n'a toujours pas été conclue, sérieusement, puisque la thèse officielle, d'un acte solitaire, perpétré par Lee Harvey Oswald, a déjà été ridiculisée et détruite à plusieurs reprises, comme récemment. Toutes les preuves accumulées, les pistes examinées, semblent conduire à cette conclusion : JFK a été assassiné parce qu'un ensemble de personnes, appartenant à des sphères différentes (le complexe militaro-industriel, le vice-président Johnson, des membres de "la" mafia), estimaient avoir intérêt, rapidement, à son élimination, étant donné la probabilité de sa réelection. Des agents fédéraux y auraient contribué, alors même qu'ils tenaient et tiennent une seule légitimité, celle d'assurer la sécurité des citoyens, et, évidemment, du Président des Etats-Unis. Même si les révélations passées et à venir, américaines (et françaises, pour d'autres affaires) sont douloureuses, elles sont la condition sine qua non d'évolutions structurelles et en profondeur des Etats afin que ces entités soient de plus en plus sous le contrôle des ciotyens, ce que la proposition de Madame Royal sur les "jurys citoyens" commençait à amorcer. Il faudra attendre...

Aux Frais de la Princesse, Marianne - nous allons continuer...

Auxfraisdelaprincesse 53 % des électeurs l'ont choisi, mais 47% ne l'ont pas choisi. Le taux élevé d'électeurs âgés et très âgés qui l'ont élu est si élevé qu'il ôte une part de sa "légitimité". Car l'élu en question l'a dit : puisque tant de Français se sont rendus aux urnes, c'est que la 5ème République et le système leur conviennent. Or, même parmi ces sarkosystolâtres, qu'il s'agisse d'électeurs de l'UMP ou du FN, combien entend-on pester contre les avantages de ce "système" qu'il dénonce, en bloc, et sans esprit de finesse ? ! Le choix qu'ils ont fait le 6 Mai est, de ce point de vue, contraire à leurs propres critiques, et apporte un soutien inestimables à toutes les forces conservatrices qui, loin de la rupture, entendent que rien ne change dans ce petit paradis de leurs privilèges. C'est ce que révèle Yvan Stefanovicth dans son "Aux frais de la princesse", qui n'est pas un brulôt contre la République, "la gueuse", comme l'appelait l'extrême-droite, mais contre le dévoiement de l'esprit, des institutions et des moyens de la République au service d'une nomenklatura, d'une "aristocratie" dont il est difficile de connaître et de prouver les mérites ! Tout, ou presque, est passé au karchër, sous le jet d'eau lumineux et purifiant d'une prise de conscience sur le train de vie de l'"Ambassadeur : le pactole sans aucune obligation de résultats", "l'Ecole des privilèges" (le lycée Henri IV), "les ACMH ou les enfants gâtés de la Culture", "Le paradis de la discrimination positive" (La fonction publique dans les DOM-TOM), "Le palais du Luxembourg, cité interdite de la République" (le Sénat), l'"Agence immobilière de luxe cherche VIP aimants petits loyers", "Les oligarques colbertistes, rois du pantouflage et des stock-options".  Il faut accepter d'ouvrir les yeux sur les dépenses du Trésor Public  pour des fonctionnaires et des élus dont le rapport travail/résultat devrait être mieux mesuré, connu, établi. Il ne faut pas oublier que nombre de ces fonctionnaires et de ces élus se veulent des "libéraux" et pour certains même ultra-libéraux, en totale contradiction avec le modèle économique qui assure leur train de vie. En fait, il faut bien comprendre que les réformes régressives, c'est "pour les autres", ceux et celles qu'ils appellent du terme générique de "le peuple", mais pour eux - jamais ! Qui a dit récemment qu'il ne doit pas y avoir deux poids, deux mesures, dans une même "entreprise", alors que nous appartenons à une même nation ? !

Ces femmes qui aiment les femmes, une enquête et un livre d'Eli Flory

Vivre, c'est, sans jamais avoir décidé de naître, d'être ce que nous sommes, de la tête aux pieds, c'est  avoir des perceptions, ressentir des émotions, des sentiments, avoir ses préférences, comme on le dit Cesfemmesquiaimentlesfemmes_2 des goûts et des couleurs. Pour ces femmes qui préfèrent les femmes, il en va ainsi, de cette évidence, de ce constat, mais, comme pour la manière dont chacun prend en charge de manière narcissique son moi, l'image du moi, l'image du corps, en s'identifiant à ce que chacun voit, ce que chacun montre, en tant que, soi, les lesbiennes assument avec bonheur cette inclinaison vers celles qui leur ressemblent mais qui sont aussi autres... Par contre, parce que cette inclinaison contrarie «la morale de la société», c'est-à-dire, si nous traduisons, les mâles qui ont, depuis les siècles, les pouvoirs, et qui, depuis dimanche dernier, continuent d'en disposer (à la Présidence, au Conseil Constitutionnel, au Sénat, ...), ces femmes qui se refusent à eux leur pose problème, même si, désormais, dans les pays d'Occident, la tolérance semble de mise... - semble... Dans un ouvrage de plus de 300 pages, Eli Flory nous livre son enquête, qu'elle vous présente dans cet entretien publié par Vox Populi. Son point de départ examine les représentations, images et mots, souvent réducteurs d'une réalité d'une grande diversité, parfois aussi sexistes, machistes, phallocentrés. Pour elles, le monde d'aujourd'hui représente un temps nouveau. Jusqu'ici, l'Histoire fut pour elles l'espace et le temps de l'occultation, de la condamnation, de la violence, et celle-ci continue de s'exercer contre elles dans de nombreux pays, et notamment dans le pays du centre de la réaction islamiste depuis le début des années 80, l'Iran. Dans ce pays, une jeune femme ou une femme qui est convaincue de lesbianisme, est jugée, avant d'être condamnée à mort, et exécutée par pendaison. A l'inverse, les Etats-Unis, l'Australie sont des pays dans lesquels le réflexe communautariste, de celles et de ceux qui ont une mémoire de la ségrégation, des mots et des idées de la haine sectaro-religieuse, peut s'exprimer, mais également dans lesquels ils et elles peuvent vivre, d'une manière intégrée, en étant protégés par des lois, en organisant des espaces de rencontres, des fêtes, sans déchaîner d'accès de folie. Et c'est ce qu'elles ne se privent pas de faire. L'enquête d'Eli Flory présente de nombreux témoignages, qu'ils concernent le coming-out familial et social, les lieux de rencontre et le communautarisme, «la» sexualité, l'égalité civique dans le faire-couple. Et tel est bien le leitmotiv des lesbiennes de France, dans leur ensemble, ainsi que dans le propos du livre, un leitmotiv tout autant intelligible, pertinent ET problématique, dans cette volonté d'être «comme» les autres, et, à tout le moins, d'être considéré comme les autres. Or, «les autres», les hétéros, sont-ils dignes d'être imités, sont-ils si remarquables que les lesbiennes, aussi, doivent devenir et faire couple, doivent pouvoir se marier, doivent être des parents, comme les autres ? Ces femmes qui vivent ensemble semblent réussir, souvent, à vivre et créer dans un principe d'égalité, alors que les couples hétéros n'y parviennent pas; mais aussi dans un plus grand respect réciproque, alors que, de ce point de vue, les relations dans un couple hétéros sont souvent tumultueuses... Mais le couple désigne une structure de service et souvent de sévices, même seulement psychologiques; une structure dans laquelle se développe souvent un dominant, dont les modalités d'existence sont rendues possibles par un dominé. Les couples se marient, mais la moitié divorcent. S'agit-il d'un modèle ? Quant aux enfants, les couples hétéros père-mère ne peuvent être un modèle à suivre, contrairement à tout ce que laisserait croire le bruit fait par les «naturalistes» sectaro-religieux, puisque, dans cette situation, dans cet encadrement, l'épanouissement des enfants est rarement au rendez-vous, sans parler de celles et de ceux qui, malheureusement, subissent des violences. Plutôt que de simplement assumer leur «différence», ne faudrait-il pas que les lesbiennes en soient même, et plus fières, et plus affirmatives, de sa valeur, et même, selon les aspects, d'une certaine supériorité de ce mode d'être et de relation ? Car c'est finalement ce qui ne laisse pas d'étonner, c'est que, même féministes, même engagés, les lesbiennes acceptent encore tant et trop d'être marginalisés, moqués, essentiellement par des mâles au Q.I. Inférieur à 100 MAIS aux pouvoirs, à la tête des Etats, dans les entreprises, ... Comparée à un Président Iranien actuel ou à un Ben Laden, Eli Flory a plus d'humanité et donc de valeur.

cf. l'entretien sur Vox Populi

cf. le texte complémentaire "Pourquoi les lesbiennes représentent parfaitement l'épanouissement et la libération humaines en cours de réalisation, extrait 1"

Nous, le peuple de France, comme celui des Etats-Unis

Nouslepeupledesetatsunis"Notre manière de penser n’est pas un sujet de controverse intellectuelle mais une question de vie ou de mort. Si ceux qui tiennent les rênes de la société – politiciens, chefs d’entreprise et magnats de la presse – se montrent capables de contrôler nos idées, ils sont à peu près assurés de conserver leur pouvoir. Nul besoin de soldats dans les rues. Nous nous contrôlerons nous-mêmes. On est moins tenté de protester quand on pense vivre dans une société « pluraliste ». Nous avons bien deux grands partis, mais les autres ne sont pas encouragés et encore moins financés. Nous avons bien une « presse libre », mais elle est dominée par l’argent. Nous vivons dans une société où le catalogue des idées disponibles se trouve limité quand certaines autres dominent le débat. La prédominance de cette idéologie n’est pas le fait d’un groupe de conspirateurs diaboliques qui aurait réussi à imposer à la société un point de vue particulier. Il s’agit d’un processus de sélection non naturelle au cours duquel certaines idées orthodoxes sont promues, financées et mises en avant par le biais des plus puissantes machines culturelles du pays. Nous devons réexaminer ces croyances et réaliser qu’elles ne sont pas le produit de nos vœux les plus chers, qu’elles ne naissent pas d’une réflexion indépendante et qu’elles ne correspondent pas à l’expérience que nous avons du monde réel. Nous serons alors en mesure de questionner et de contester l’idéologie dominante. C’est ce que je me propose de faire dans ce livre.

« Ce livre, d’une écriture limpide, se compose de neuf chapitres qui sont autant d’armes à même de déciller les yeux de tous ceux qui considèrent le Nouveau Monde comme la Terre des Libertés. Car c’est à l’idéologie dominante et au "sens commun" que Howard Zinn s’en prend. Il rappelle ainsi que la "Constitution fut conçue par 55 hommes, tous blancs et pour la plupart fortunés, qui représentaient une élite spécifique de la nouvelle nation" dont l’état d’esprit est parfaitement illustré par les propos d’Alexander Hamilton, le plus proche conseiller de Georges Washington : "Toute communauté se compose d’une élite et de la multitude. La première est formée des riches et des gens bien nés, et la seconde de la masse du peuple. (…) Il faut donc concéder à l’élite un rôle spécifique et stable dans le gouvernement des affaires."

Nicolas Sarkozy, premier Président d'extrême-droite depuis la chute du régime pétainiste si..., la grandeur de Mai 68, note 5

La France s'ennuyait, selon un jugement et un sentiment anticipateurs célèbres. Mais pas seulement. La France était une dictature démocratique. Bien entendu, la jeune 5ème République prévoyait des élections, le Président était, depuis peu, élu au suffrage universel, mais il n'y avait qu'une seule chaîne de télévision, non pas la "voix de la France" comme le prétendait De Gaulle qui, depuis sa naissance, s'identifiait maladivement à Elle, une seule chaîne, la voix de l'Etat. La France catholique s'entendait à merveille avec l'Espagne franquiste pour ne pas exiger que lui soit livré Darquier de Pellepoix et Jean Filliol, zélés collaborateurs du régime pétainiste qui avaient trouvé refuge au-delà des Pyrénées. Avec les enfants du baby-boom, la naissance de la musique mondialisée, pop, rock, la "libération" des moeurs était déjà en cours mais était interdite par des lois, des "habitudes". La mauvaise autorité sévissait partout. Les étudiants, de Nanterre et d'ailleurs, ont donné le signal de la révolte, que les ouvriers ont rejoint après. Mai 68, c'est le peuple dans la rue, les hommes, les femmes, blancs, noirs, arabes, qui se parlent, et décident de, bien, vivre ensemble, dans les années à venir. Mai 68 a toujours été honni et vomi par l'extrême-droite, et désormais, son chantre s'appelle Nicolas Sarkozy. Il fait bien d'incriminer Mai 68, il nous en rappelle l'énergie, la jeunesse, le mouvement de la vie, la pensée à l'oeuvre, et Mai 68, comme la Révolution Française, comme la Résistance entre 1940 et 1944, ont eu lieu, pour empêcher ce genre de sieur d'avoir les pouvoirs populaires entre leurs mains. La haine de Sarkozy contre Mai 68 est parfaitement intelligible, notre fidélité à la vie populaire qui bouscule les pouvoirs établis l'est tout autant.

Pourquoi, les femmes, maintenant, au plus vite ? Love Religion


renaud - miss maggie
envoyé par bisonravi1987

Les apparences ne sont que ce qu'elles sont, des apparences, et, un être vivant, humain, peut être un mâle, sans n'être qu'un mâle, tout comme bien et tant de femmes sont également déterminés, à des degrés divers, par une certaine masculinité. Entre le mâle et la femelle, d'un même genre, la fraternité biologique ne peut pas être maximale, et pourtant, la Nature a inventé deux manifestations de la vie dont les différences sont réelles, et même profondes. Mâles, dans un monde de mâles dominants, nous connaissons bien nos frères de sang et de constitution, mais, à quelques exceptions près, ils n'ont pas, au minimum, notre sympathie, et parfois même, nous ressentons à leur égard une profonde antipathie, ce qui, à l'égard d'une femme, est très rare (à part peut-être Madame Thatcher). C'est que la prétention, réussie, des mâles à l'égard des pouvoirs, n'est pas justifiée, eu égard à leurs oeuvres, leurs résultats. Après plusieurs milliers d'années d'Histoire humaine, de nombreuses grandes civilisations ont disparu, et au premier chef, les Grecs anciens, comme les Romains. Certaines de leurs constructions ont pu, de leur temps, paraître magistrales et défier les siècles des siècles, elles ont aujourd'hui, pour la plupart, disparu, balayé, par un vent corrosif ou par des hordes hostiles. Au 20ème siècle, la Seconde Guerre Mondiale, voulue par Hitler, a conduit la civilisation «dominante» à accomplir des crimes inouïes, au bord du gouffre, déjà, et, en raison de la course aux armements, conduit les grandes puissances militaires à inventer l'arme atomique, dont elles ont favorisé la dissémination, la prolifération, aujourd'hui catastrophiques. Le bilan des mâles dominants est édifiant, et il n'est peut-être pas terminé – peut-être... Car avec l'omniprésence des civils sur l'ensemble de la planète, la lente et difficile prise, contrôle des pouvoirs politiques et économiques par ces mêmes civils, la mutation d'une transmission de ces mêmes pouvoirs par les mâles vers les femmes est en train de s'accomplirpeut-être. C'est il ne faut pas compter sur les mâles les plus autistes, les plus obsessionnels, pour "laisser faire" - leur "libéralisme" est vite limité... Certaines femmes sont sur le devant de la scène, l'une d'elles brigue, avec des chances sérieuses, la responsabilité de devenir la première Présidente de la République Française, d'autres sont encore dans l'ombre, dans l'attente de la bonne heure, ou encore indécises. Comme les civils qui vivent et se taisent, elles doivent accepter le fardeau du conflit humain et planétaire, à côté et contre les mâles qui jouent ou aiment faire jouer aux jeux de la guerre. Ces mâles prétendent être nés de la cuisse de Jupiter et  prétendent être l'alpha et l'omega du monde, comme si une puissance providentielle, «Dieu», avait crée le monde POUR l'humanité, ET DONC les mâles, comme si cette puissance était en désir des mâles. Or, la puissance providentielle, avant tout créatrice, est logiquement, physiquement, et métaphysiquement, plus proche de ces êtres qui donnent la vie, dont nous sommes tous issus, les femmes, les mères. Et c'est précisément cette force maternelle et protectrice des femmes qui, à notre époque, est si décisive. Car l'humanité et le monde vivant en général sont en danger sur l'ensemble de la planète, et, dans cette situation, les femmes peuvent et doivent être capables d'assumer de paraître, d'apparaître, de prétendre aux pouvoirs, afin de devenir les protectrices de la vie, ce que les mâles ne sauront et ne voudront pas faire.


Des Editions Le-mort-qui-trompe, la livraison de ce Carbone, Prorata Temporis

Img_2015 Dans la toute jeune revue «Carbone», publiée par les Editions Le Mort-qui-trompe, Jean-Pierre Andrevon répond aux questions d'Axelle Felgine, concernant son oeuvre, et son obsession d'une post-humanité. En effet, Jean-Pierre Andrevon a publié plusieurs ouvrages dans lesquels le lecteur et la lectrice se trouvent plongés dans une situation où les hommes ne sont plus que des survivants, en petit nombre, duquel le bruit de la civilisation a disparu. Rendus à ce silence éternel des espaces infinis, les derniers peuvent s'angoisser et ne se gênent pas pour le faire, en se demandant s'ils ne sont pas les derniers tout court, comme se le demandent les héros de Malevil. Dans cet entretien, Jean-Pierre Andrevon fait feu de tout bois contre la bête humaine qui traîne sa bosse et sa crasse dans le jardin d'Eden, comme s'il fallait offrir au système solaire une nouvelle et ultime planète déserte. C'est qu'une conscience, humaine, digne de ce nom, n'est pas abstraite, et a souci du réel, de ce qui a vie, respire, c'est qu'une conscience, humaine, digne de ce nom, est aujourd'hui, naturellement, en colère... Les autres textes de ce numéro 2 butinent à leur manière sur cette loi vitale, la mortalité, et sur cette menace que nous nous imposons ou que quelques-uns nous imposent, le suicide collectif, la disparition de l'espèce, menace, possibilité, et en même temps libération du monde d'une bête nuisible. Le lecteur et habitant du réseau des pensées qui font le monde, peut et doit légitimement se demander si tant de textes ne proposent pas un palimpseste non avoué ou ignoré de la Gnose mono-dualiste. Les mêmes éditions publient «Prorata Temporis», de Jean-Claude ProratatemporisTardif , la déshumanisation de la civilisation ne laisse subsister que quelques hommes, très âgés, dans un monde au sein duquel le plus extrême désordre du monde, son abandon, côtoie un ordre social et politique toujours plus despotique, comme le célèbre «1984» en a exposé la puissance et le contrôle de l'humain. "Prorata Temporis" est une nouvelle, poétique, et derrière le prétexte du décalage de l'étrange, Jean-Claude Tardif a voulu éclairer, avec humour, notre présent totalisé et totalitaire.

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