Il était comme une droiture née, parce qu'il était grand, il était cette voix vibrante, caverneuse et pourtant si souvent mobile, il était de cette famille pour laquelle je ressens et une affection innée, et une méfiance tout aussi originaire, "les acteurs", parce qu'ils sont parfois des "révélateurs", parce qu'ils sont parfois des tricheurs, des hommes et des femmes qui, dans la vraie vie, n'ont aucun intérêt, et qu'il y a tant d'acteurs de second plan au premier - comme le petit Nicolas. Ces dernières années, le géant, l'homme fidèle, avait vieilli, et "le cinéma", devenu industrie, a perdu, réalisateurs, scénaristes, artistes, car les films d'aujourd'hui ne laissent pas de traces dans l'âme, parce qu'ils sont sans doute écrits et réalisés par des ectoplasmes clonés. Le "Vieux Fusil" est archi-connu, parce qu'il fut le premier à être césarisé (à recevoir donc un accessoire sans importance), parce qu'il y eut le succès, énorme, mais surtout parce qu'il y a si peu de film qui donne à voir ce que peut être, dans une même vie, le contraste, entre le bonheur, fou, enfin, le désir et "l'amour", définitif, d'un homme pour une femme, elle, évidemment, et le malheur de ce même homme, parce qu'il ne pourra jamais renoncer à ce sentiment, à sa présence, à son odeur, à ses sourires, à sa voix bien sur. Le film dé-montre la vie, la distance entre les individus, et le fait que la vie devient mémoire, l'autre présence des choses et des êtres. "Le Vieux Fusil" a rappelé que la "barbarie nazie" fut protéiforme, qu'il y eut l'industrie des camps, et les bandes de Goths dans les campagnes de France, et que les Français, contrairement à l'affirmation de Jean-Marie Le Pen, ont beaucoup souffert pendant cette Seconde Guerre Mondiale, et il a offert aux Français la vision et la satisfaction d'une vengeance, même virtuelle, réalisée par un médecin qui doit prendre sur lui pour tuer, et nous débarrasser de cette engeance... Dans ce symbole de la féodalité, ce château en pleine campagne française, dans le Lot, le désastre qui s'abat, là, sur un homme, des familles, me fait penser à celui, collectif, qui atteint les personnages de Malevil...
Les commentaires récents