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Mai 68, la libération de la parole, 100 ans après la Commune, Rimbaud, Mallarmé

C'était une insurrection : écho de 1848 et les milliers de morts, de la Commune, et les milliers de morts. Car les "sages gouvernants" n'hésitent pas à faire tirer, à faire tuer (ils ont les mains blanches, mais pas leurs sbires). 20 ans après la Seconde Guerre Mondiale, la France était un mensonge vivant : une "démocratie" mais une dictature où les "gaullistes"-pétainistes contrôlaient tout. Depuis 68, et ce nouveau vent du boulet populaire, ils ont inventé les feux de l'apparence : des médias multiples quand l'ORTF résumait tout, mais toujours la même volonté de fer de tout contrôler. La grande bourgeoise ne plaisante pas avec les pouvoirs, vieille sagesse et expérience que la sienne... Mai 68, ce fut donc, par comparaison, moins de morts qu'en 1848 et pour la Commune, et, alors que la parole individuelle et collective était soumise à "la voix de la France", ce fut, dans le feu collectif, l'embrasement des mots, des formules-de-la-liberté. Depuis, "on" s'extasie sur cette liberté, alors qu'il faudrait établir plus exactement les étapes et les progrès de la parole populaire libre, depuis la Révolution de 1848, la Commune. Et, ni avant-garde, ni symptôme d'une force populaire, mais éléments de ce qui s'établissait dans la volonté populaire, les poètes, un siècle avant, fondaient cette liberté, par toute la destruction de l'ordre politique et donc mental, grammatical. Le temps qui s'annonçait était celui des associations libres, poétiques et juridiques.

D'expression, la liberté est conquise. Mais "le" pouvoir représentatif est pire aujourd'hui qu'en 1968...

25 ans, "Thriller", entre fiction dans la réalité, Michael Jackson et Barack Obama...

Il y a 25 ans, paraissait l'album qui allait devenir le plus vendu de l'histoire de l'industrie musicale. Contemporains de l'oeuvre, il n'est pas aisé d'en comprendre, mesurer, les significations et les implications, tant le "bon sens", éternel idiot de la famille, veut faire d'un album musical un... album musical. Si le plus jeune des Jackson Five, enfin parvenu à l'âge adulte et libéré de la brutale tutelle paternelle, a cru nécessaire de faire préciser, au début de ce clip, après que des chrétiens américains se soient une fois de plus scandalisé du loup qu'ils ont introduit dans la Bergerie (l'ombre de "Satan"), que cette vidéo ne constituait pas une exhibition de ses croyances personnelles dans les forces occultes, il n'en est pas moins certain que le clip, la vidéo et plus largement l'album sont construits et obsédés par la réalité de forces, par une réalité en tant que champ de forces contradictoires, et, dans cet espace-là, la voix et la volonté de Michael appelle son auditeur à "Beat it". Bats-toi, au moment du triomphe de l'ultra-libéralisme reaganien, c'était son message subliminable, mais aussi une nécessité, pour exister dans et contre le monde qu'il façonnait, "Beat it", c'était aussi un message pour celles et ceux que le tout nouveau virus du SIDA, contemporain donc de cet ultra-libéralisme déchaîné, avait atteint, allait atteindre. Des zombies, il y en avait eu, il y allait en avoir, du fait même de la violence d'une civilisation qui ne cherche pas à faire durer ses sujets, mais à les utiliser, les presser, puis les jeter. Au pays des armes, Al-Qaeda "inventera", pour le sol américain, en 2001, une nouvelle arme, "la bombe humaine", pourtant déjà annoncé après Pearl Harbor par les Japonais. Et enfin, Hollywood, source du même clip, va industrialiser le principe thriller, dans ses séries, Experts, portés disparus, Bones et autres Esprits Criminels. (etc... ils en jettent en corps). Quant à Michael Jackson, il a semblé lui même subir une telle transformation macabre, dans sa pathologique volonté de se rapprocher de ses frères blancs, au point de devenir aussi effrayant que l'un des personnages du célèbre clip. Et alors que l'industrie fête les ventes recommencées de l'album le plus vendu..., c'est un métis, Barack Obama, qui s'avance sur la scène de l'Amérique et du Monde, qui pourrait en devenir le prochain et le tout nouveau Président, et mettre en mouvement un "Nouveau" Monde, à condition de.. (même s'il est permis d'en douter, puisqu'il admire notre chef d'Etat !).

Aimé Cesaire, l'hommage à l'homme de parole

Nicolas Hulot, Grenelle de l'Environnement, Bali, le GIEC, Auschwitz

Depuis des années, le moine spectral promène son ombre sur les apparences de la planète, enluminées. Conscience-du-monde auto-proclamée, il a fondé sa Fondation Himself, et fait office de caution "morale" à TF1. Lors des dernières élections, il s'est institué Maître es Défense de la Nature, et a fait passer un "grand oral" aux candidats. Le futur élu avait récolté une mauvaise note, mais tour de passe, six mois plus tard, le Nicolas qui n'aime pas les conflits-mais-les-synergies décernait 18/20 au "Grenelle de l'Environnement" - toujours autoproclamé. Coup de baguette magique, les principaux responsables des dramatiques pollutions mondiales pendant plus d'un siècle ne sont pas visés, dénoncés, responsabilisés. L'ensemble des entreprises de l'industrie chimique sont blanchies, avant même d'avoir été jugées ! Le sponsorisé l'Oréalien sait faire que vous le valiez bien, s'avère un expert en action esthétique : la Nature, cruelle, est sanctifiée de manière aveugle, et les responsables des pollutions qui ont porté atteinte aux vivants et à la vie de manière durable sont absous. Saint Hulot a frappé, à la porte de la Sainteté. Mais les faits sont têtus. Les engagements du Grenelle de l'Environnement sont, contrairement à ce que le battage médiatique a prétendu, faibles et n'engagent que ceux qui les reçoivent. La DUPLICITE des dirigeants de l'Etat ne peut être mieux prouvé que par le dossier OGM à propos desquels ils ont tenté de faire plaisir aux anti, tout en rassurant et en préparant le terrain pour les pseudo-agriculteurs qui les utilisent. Comme Chirac à Johannesbourg, le locataire de l'Elysée avait la main sur le coeur, puisque Al Gore était à ses côtés. "La maison brûle" - mais les camions des pompiers qui pourraient rouler à l'hydrogène n'ont pas le droit de démarrer (il faut bien faire des économies de la ressource pétrolière, selon Madame Lagarde). Il est urgent d'attendre, de laisser filer le temps. Les véritables experts ne cessent de sonner l'alarme, de mois en mois, d'année en année. La stratégie Journal45 rhétorique des dirigeants du monde est simple : faire semblant de comprendre, de partager l'inquiétude, afficher un volontarisme dans des mots et des textes, et après... Pendant ce temps-là, l'industrie chimique continue d'engranger des bénéfices gargantuesques, 60 ans après sa responsabilité directe dans la réalisation des camps de la mort, avec son "produit", le Zyklon B. Du Zyklon B aux acides gras trans, en passant par l'amiante, les farines animales, l'empoisonnement et l'assassinat du vivant continuent, en silence.

Nicolas CHulot est un imposteur, et ce soir, il vous sert son soma sur TF1.

Jacques Brel, Pagny, l'humour, le génie et son absence


Jacques Brel - Les Bourgeois
envoyé par popefucker

Il était une fois des hommes, avant notre époque, avant les spectres et autres ectoplasmes, comme le nommé ci-dessus. Et parmi ces êtres de droiture et jamais de droite, il y eut le Grand Jacques. L'adolescent devenant "un homme, mon fils", récusa le destin familial tout tracé, pour devenir ce que vous savez, l'auteur-compositeur. Pas de "Star Académy", mais la rue, les cabarets, les débuts de la télévision, l'Olympia, les 33 et les 45 tours, et puis les textes - aujourd'hui repris par un certain Florent... Si Michel Polnareff a pu faire comprendre qu'il ne souhaitait pas la présence de quelques "peigne-culs" à ses concerts, le Grand Jacques n'a aujourd'hui aucune protection pour éviter d'être chanté par quelqu'un qui s'accroche à lui pour tenter de capter un peu du génie qui lui fait si cruellement défaut. C'est que le Florent est conscient, de l'écart, de la distance, du fossé, qui le sépare d'un véritable artiste, et il se résigne donc à faire des reprises, quand le Smet accumule navet musical sur navet musical. Mais en reprenant ses chansons, M. Pagny se ridiculise. Car il prouve, par l'exemple, qu'il n'a rien compris à l'oeuvre du Grand Jacques : une parole nourrie de l'humanité, révoltée et surtout incarnée, car le Grand Jacques vivait ce qu'il racontait. Il parlait à ses spectateurs, et il le prouvait par son VISAGE vivant. M. Pagny, lui, a le masque, le masque actuel de celles et ceux qui sourient tout le temps... "Les bourgeois, qui chantent des chansons, c'est comme les cochons, ...". Dans cette chanson, comme dans Jef, par exemple, Brel parle de ses amis, des autres, et aussi de lui, puisqu'ils sont liés. M. Pagny ne parle que de lui, lui, moi, moi qui suis resté le plus fier, je parle encore de moi...

Lascaux, Cussac, la Caverne de Platon

Nous avons beau prendre conscience, penser et rêver en images, ces ombres qui, comme des fantômes, frôlent les parois de la caverne de la conscience, et, parfois, s'impriment, sont des assemblages d'atomes, et, avec le temps, qui se fait secondes comme milliards d'années, les choses merveilleuses qui apparaissent disparaissent. C'est ainsi que, en Dordogne, la grotte de Lascaux a été, depuis des lustres, fermée et interdite à la visite humaine, trop humaine, pour, à l'époque, enrayer le processus de destruction-disparition des fresques, puisque la présence humaine, oxygénée, était responsable de cette "corruption", au sens aristotélicien. Un fac-similé remarquable est venu, depuis, se substituer à l'original afin de satisfaire la légitime curiosité de celles et de ceux qui se demandent ce que peut bien provoquer sur les sens et l'intelligence ce spectacle figé et mobile à la fois. Las ! Les scientifiques qui, eux, continuent d'accéder à la grotte de Lascaux ont constaté que des tâches noires sont apparues, et font ainsi disparaître lentement mais sûrement les dessins magiques. L'alerte est publique. C'est que le temps se plaît à contraindre l'intelligence, sans jamais lui laisser de repos, celui-ci est bon pour les cimetières. Et la Dordogne cache dans son sous-sol des merveilles que le hasard et la chance permettent, un beau jour, d'ouvrir à la lumière, comme il y a peu avec la grotte de Cussac.

«Plus d'une centaine de figures complètes ou partielles ont été décomptées, dans un premier temps. Elles appartiennent toutes au bestiaire traditionnel du monde paléolithique, à savoir : mammouths, rhinocéros, cervidés, et en nombre plus important bisons et chevaux. L'iconographie de ce site tire son originalité de la présence de représentations animales rarement exprimées dans ce contexte, notamment des oiseaux, mais aussi des figures étranges, aux mufles allongés, la gueule ouverte dont l'identification précise reste du domaine des hypothèses.  Des silhouettes féminines et des représentations sexuelles complètent l'iconographie du site, ainsi que de nombreux tracés digités (réalisés aux doigts), le support tendre à grain moyennement fin devait autoriser cette forme d'expression. Toutes les figures relèvent de la gravure, tant sur les parois qu'au sol, sur argile. Seuls quelques tracés au doigt, de couleur rouge, rompent cette unité.

Il y a 25 siècles, Platon sortait son coup de la Caverne, dans le Livre VII de la République, et, depuis, malgré l'évidente pertinence de l'analyse des structures psychologiques et mentales, d'une importance essentielle pour la philosophie politique comme pour une pratique politique qui est passée au-delà de la manipulation mentale, des uns par les autres, cette force-des-idées est restée souterrainne, et non rayonnante dans un Ciel-des-Idées... Pourquoi ?

http://www.dailymotion.com/video/x30jre_lascaux-prehistoire-de-lart-2_creation
http://www.dailymotion.com/video/x30jdp_lascaux-prehistoire-de-lart-3_creation
http://www.dailymotion.com/video/x30j5n_lascaux-prehistoire-de-lart-4_creation

Du rugby, des aristocraties, de la Coupe du Monde, le principe de l'essai, note 4

Il faut courir pour cesser de courir. C'est Huis clos, mais ce n'est ni l'enfer ni le paradis. Les Autres sont des soutiens, car même l'adversaire est un support pour gagner, il faut apprendre à s'appuyer sur lui. Ce sont des hommes debout qui s'affrontent, se toisent, au plus proche. Et lorsque la balle sort d'un maul, les gazelles des trois-quart doivent prendre la poudre d'escampette, se faufiler entre les lignes ennemies. Il y a tant de mémoires vitales qui courrent dans le corps et l'âme d'un rugby : la bête de Lascaux qui file dans les vallées, sous le regard de l'Homme, l'Ombre qui approche et attrape et tue, la Résistance contre les ennemis (de la Révolution, de la France). Il faut porter ce ballon ovale, contre le ventre. Pour être son maître, le conflit est inévitable, loi. Mais les vainqueurs ne sont pas les rois de la Terre. Une fois la victoire obtenue, le Rocher de Sisyphe redescend de son sommet, et il faut recommencer, l'éternel recommencement du même différent...

Rindy Sam, oeuvre d'art

Fin juillet 2007, la Collection Lambert organise une exposition, "Blooming", consacrée à l'artiste Cy Twonbly. Sur l'un des murs de ce lieu d'exposition, un tableau immaculé, d'une blancheur virginale : une surface uniquement blanche. Rindy Sam, artiste, passe devant ce tableau, et, emportée par un désir affectueux, embrasse la toile, en laissant la trace de ses lèvres, dûment rouges ! Rindy Sam est arrêtée, mise en garde à vue, inculpée pour "dégradation d'oeuvre d'art". Les accusations et les moyens, comiques, sont convoquées : e directeur de la Collection Lambert et commissaire de l'exposition d'Avignon, Eric Mézil, dénonce le "viol" de l'oeuvre d'art. "Elle parle d'amour, mais c'est un viol, il faut qu'elle comprenne ce qu'est la propriété intellectuelle d'un artiste". Quant à la toile prétendument endommagée, elle va être restaurée après les expertises, puisque plusieurs laboratoires de cosmétiques ont à la collection Lambert les composants chimiques de leurs rouges à lèvres afin de nettoyer le tableau; et un laboratoire de la Nasa s'est aussi proposé pour le restaurer !             

Par son geste, Rindy Sam a offert une véritable valeur artistique à ce tableau qui n'en a aucune. Et l'oeuvre d'art, c'est elle... Mais, étant donné ce qu'est le droit, les intérêts de la grande bourgeoisie dans "le marché de l'art", il est malheureusement probable qu'elle sera condamnée pour que cette affaire lui coûte.

Pourquoi l'Education Nationale est, serait en échec ? Freinet, Tomatis, ...

Avec la rentrée des classes qui approche, l'Education Nationale revient à la Une, pour bien des bonnes et mauvaises raisons. Depuis plusieurs années, le primaire et le secondaire sont l'objet d'une critique et d'un dénigrement systématiques au motif que, au cours de ces phases d'évolution et d'apprentissage, ce ne sont pas TOUS les élèves qui réussissent (dans les résultats scolaires), ce ne sont pas TOUS les élèves qui, une fois les études terminées, parviennent à trouver un travail. Confusion inouïe, car les établissements scolaires, les professeurs et les responsables administratifs, ne sont pas responsables de la situation économique générale et du niveau extrêmement élevé du chômage en France ! Bien des élèves qui deviennent des chercheurs d'emplois ont été parfaitement formés, sont parfaitement compétents, mais les offres d'emplois sont très faibles dans certains secteurs, ou alors les entrepreneurs refusent d'embaucher des jeunes diplômés sans expérience, ce qui est, pourtant, une situation pour laquelle ces mêmes jeunes ne peuvent rien faire, puisqu'il faut bien commencer un jour ! Ensuite, les résultats scolaires sont évalués à partir d'un modèle supposé idéal, les meilleurs résultats des meilleurs élèves, mais les résultats de ces élèves dépendent d'un certain nombre de facteurs dont la majorité des élèves ne bénéficient pas. Dans la loi de reproduction sociale si bien décrite il y a déjà des lunes par Bourdieu, les parents qui ont la situation économique la plus favorable et le cursus scolaire le plus long et le plus diplômé sont aptes à aider directement leurs enfants, et ne se privent pas de le faire. Pour autant, leurs enfants ne sont pas nécessairement, HUMAINEMENT, les individus les plus intéressants, les plus prometteurs, étouffés par l'obligation de mimétisme familial, par une culture scolaire classique éminemment répétitive de la culture scolaire classique des générations précédentes, bien qu'elle soit largement datée et «obsolète». De nombreux enfants et adolescents ont des parents qui ne parlent pas la langue française à la maison, ou dont la langue parlée, orale, est très éloignée de la langue écrite, savante. Or les enfants écrivent comme ils parlent, sans se soucier outre mesure de la grammaire et des conjuguaisons, comme Celestin Freinet lui-même ! Le «bien-parler», académique, parisien, N'EST PAS la langue française historique et vivante, mais parce que Paris est le lieu de concentration des pouvoirs politiques, ceux qui en sont les représentants tentent d'imposer partout leur langage technocratique, c'est-à-dire aseptisé, logicisé, plastifié. A l'aune de ce «bien-parler», il n'est pas difficile de trouver une majorité d'élèves qui commettent des fautes systématiques, «graves», dont le vocabulaire global est faible, MAIS cette situation est aussi celle de leurs parents (qui ne lisent plus ou presque plus), parents qui, eux, ne sont pas évalués, et enfin, parce que la vie sociale est orale, que, désormais, l'audiovisuel domine les consciences, les élèves parlent le langage qu'ils entendent, et répètent les fautes qu'ils entendent dans la bouche des journalistes, des people, ... Et, last but not least, les PROGRAMMES SCOLAIRES sont établis par des universitaires, prévoient des séquences qui occupent la totalité de l'année scolaire, et ne laissent pas de temps, n'incluent pas de temps, pour la lecture et l'écriture. Les professeurs ne font pas les programmes – ils viennent de la tête de l'Institution, le Ministère; or, curieusement, ces programmes ne sont pas cohérents eu égard aux objectifs recherchés, aux moyens et aux difficultés des élèves, sans compter qu'il n'y a aucune prise en compte des conditions requises pour que les études représentent un moment agréable dans la vie des élèves. AU CONTRAIRE, les programmes scolaires semblent, volontairement ou involontairement, il faut bien faire le naïf, être organisés de manière à effectuer une sélection entre les élèves qui peuvent supporter l'ennui, la logique politique de l'obéissance à l'autorité et à l'endoctrinement, les contre-vérités et les mensonges officiels, et ceux qui ne le peuvent pas. Du coup, les «mauvais» élèves ne sont pas nécessairement mauvais, mais, pour certains, peuvent faire preuve de résistance au bourrage de crâne quand les «bons élèves» sont surtout des moutons. Enfin, depuis des décennies, des méthodes novatrices ont fait leurs preuves : Freinet, par et pour lequel l'épanouissement de l'enfant vivant était plus important que sa connaissance d'une culture scolaire classique, ou celle de Tomatis pour l'apprentissage des langues. Mais, comme par hasard, le Ministère (avec, à sa tête des anti-républicains farouches qui ont toujours oeuvré pour qu'une réelle «égalité des chances» ne permettent pas aux enfants du peuple d'accéder aux plus hautes responsabilités, par leurs résultats méritoires) connaît les résultats de ces méthodes mais empêchent que leurs éléments d'action ne soient utilisés d'une manière beaucoup plus vaste. Si l'Education Nationale conduit à des échecsz, c'est parce que ces dirigeants sont ou mal intentionnés ou incompétents, oeuvrent à son affaiblissement, comme le nouveau Ministre Darcos qui ose, avec le sourire, multiplier les sophismes (11000 suppressions de poste dans l'Education Nationale, c'est la même chose que dans une entreprise de 100 personnes, le départ d'un salarié...!), parce qu'il pense sans doute que dans la France sarkozée et sous la coupe des TF1, plus personne ne pense, par soi-même, ni sérieusement.


 



Du rugby, des aristocraties, de la Coupe du Monde, note 2

L'origine, appelle, il était une fois, once upon a time. Mais lorsqu'un grand homme ou un grand mouvement naît sans grand témoin, il faut bien avouer que conter une naissance peut consister à mentir. Alors, si l'acte de la naissance réel (un jeune Web Ellis qui s'empare d'un ballon de football à la main) est aussi mythique que le vol du précieux par Gollum, le rugby, jeu de combats avec des règles, est lui un fait, anglo-saxon, puisque, en 1871, un premier match international a lieu, sous l'égide de l'International Rugby Football Board, entre l'Ecosse et l'Angleterre. Et, sur ces terres anglo-saxonnes, le jeu est adopté par les enfants et les éducateurs de la noblesse britannique. C'est que le rugby convient à merveille aux lointains descendants de ces premiers nobles, nobles parce que guerriers. Et il en ira de même, sans blasons ni récits épiques familiaux, pour tant d'hommes du Sud-Ouest de la France, car c'est là, sur des terres qui ont connu et souffert de la présence anglaise jusqu'à la fin de la guerre de cent ans, que la greffe française du jeu va prendre, sans difficultés puisqu'il y a tant de guerriers «naturels» dans le peuple, puisque, aussi, dans cette région, la Soule fut, à sa manière, la première forme de ce qui allait devenir le rugby codifié par des «seigneurs». Pour la première fois dans l'Histoire, des guerriers sont autorisés à se faire la guerre sous la forme d'un jeu, ne doivent pas blesser leurs ennemis qui sont seulement des adversaires, et ont l'obligation, pour former une équipe, de trouver des gabarits adaptés, de faire jouer, ensemble, des "sujets sociaux" différents, nobles (en France, rarement), grands bourgeois (en France, encore plus rarement), ouvriers, salariés, fonctionnaires. A chaque clocher, son équipe, et les derbys étaient, chaque année, attendus par des centaines d'amateurs. C'est cette ferveur-là qui a le plus disparu ces dernières années. A des milliers de kilomètres, des habitants d'une île, colonisés par ces messieurs les anglais, allaient s'emparer, eux aussi, populairement et librement, du rugby, et choisir une danse-de-guerriers et un poème pour rappeler que le rugby est tout à la fois une... danse, comme un jeu, ainsi qu'une "guerre" dans laquelle vit encore la mémoire de la volonté de mettre à mort son adversaire. Le rugby est tout à la fois hyper-masculin et très féminin... 

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