L'été venant, les parents, soucieux du développement de l'intelligence de leurs enfants, achetaient et achètent encore pour leurs progénitures des cahiers de vacances, généreusement publiés par des éditeurs heureux... Pendant des décennies, les dits parents se sont donc satisfaits de procurer ces cahiers à leurs enfants, en se donnant ainsi bonne conscience de ne pas plus les aider dans leurs devoirs scolaires. Pour ces mêmes adultes, études rimaient avec jeunesse, et après 20 ans, une fois au travail, ils pouvaient oublier les efforts intellectuels, comme les tests d'intelligence, pour se livrer aux joies de la lecture des livres inutiles, romans policiers, thrillers pataphysiques, ... Mais désormais les adultes font l'objet d'une
offensive en bonne et due forme, que ce soit par Nintendo ou par cet éditeur qui diffuse pour la première fois un cahier de vacances pour adultes. Chifflet & Cievous propose, si vous avez entre 17 ans et 77 ans, de nettoyer vos neurones, un minimum... Et ce cahier de vacances, de 47 pages, avec son cahier détachable de corrections, a été élaboré sur le modèle de ceux destinés aux enfants, avec des rubriques classiques, en français, histoire, géographie, maths, culture générale, anglais... Pour 7, 95 euros, ce premier cahier de vacances pour adultes pourrait rencontrer un grand succès, et pourrait inciter d'autres éditeurs à ne pas oublier
que, désormais, les "grandes personnes" sont de plus en plus conscientes de leurs lacunes et des menaces qui pèsent sur leur intelligence, déjà si limitée... Evidemment, ce cahier de vacances ne vous apprendra pas qu'il existe plusieurs formes et niveaux d'intelligence, que le fait de savoir répondre parfaitement à l'ensemble des questions posées ne vous assure pas d'être complètement et parfaitement intelligent - et inversement. Il s'agit d'un cahier qui vous permet de tester et d'exercer votre intelligence dans le domaine de la culture générale - il reste à élaborer d'autres cahiers de vacances pour satisfaire la variété de cette intelligence humaine, trop humaine...
NB : l'éditeur a malicieusement glissé 3 erreurs dans le corrigé, et les 30 premiers qui trouvent ces erreurs se voient promettre "un assortiment de bonbons et de jambons de pays" NB 2 : dans la première photographie, le cahier de vacances est visible à côté d'un ouvrage remarquable dont nous parlerons bientôt, "L'érotisme et le sacré", de Philippe Camby. Eric, merci...
"Les Doigts Bleus ont donc décidé de créer un dictionnaire de nouveaux mots,
non pas pour attaquer les vieux mots (qu'ils soient assurés que
nous les aimons aussi) mais parce que nous pensons qu'être à
l'aise dans sa langue c'est le premier pas pour pouvoir être à l'aise
avec les autres et que pour se sentir bien dans sa langue il ne faut
pas se contenter de l'apprendre par coeur, il faut se l'approprier.
L'heure est venue de poétiser les dictionnaires ! Participez au projet en proposant vos mots nouveaux : http://www.lesdoigtsbleus.com"
Pour rendre hommage à l'action des Doigts Bleus, et en tant que participation à la libération de l'esprit avec et sur les langues, la "police de la pensée", voici une note ci-dessous déjà publiée, à propos d'un sinistre ministre, un siministre, le sieur Gilles Robien...
"Il été une foi, un Breuton siministre, du non de Gil Robien, qui avé
pèredu son roiihomme, dent leuquelle il été otrefoi un mètre, un
cheuvalié. Sen cheval a monté, le Robien été un om pèredu, et il
tournez dan tou les sances, allah reuchairche d'un nouvo cheval deu
bataïe. Le povr er feuzé paine a voar. Un bo jour, alor qu'il eré sur
un cheumain ceul, lame en paine, il vi veunir ver lui Mère Gran. "Cé un
cheval kil me fo, pas une vieïyeu". Mère Gran, ki avé antendu le
Robien, di "Mé si je ne suis pa un cheval, je peu encor te kourir apré
pour te rocé, malotru !". Quen le Robien u antendu la Mère Gran, le
Robien di : "Mé s moi qui sui bète, je ne trouv plu de cheval,
pareceque minteunen ce son les om qui son les chevo, é je vé comancé
par toi, Mère Gran, je vé te monté, tu va deuveunir mon nouvo cheval de
bataïe... "
------------------------
Pour celles et ceux qui ont toujours besoin d'explication et de justification, je veux citer ici Evelyne Charmeux qui explique que "la grammaire, c’est écrit dans toutes les préfaces
des manuels, a pour objectif d’enseigner comment il faut
parler ou écrire, en respectant les règles du français
correct(1).
C’est pourquoi elle se propose d’enseigner ces règles
aux enfants, pour qu’ils les mémorisent afin de pouvoir
les appliquer quand ils utiliseront le français. Ces règles, d’où viennent-elles ? En général,
on se garde bien de le dire aux élèves - les
enseignants n’en savent, sur ce point, pas beaucoup plus, et
monsieur le Ministre ne se pose même pas la question ! Une telle approche pourrait se justifier si la langue était le
résultat de règles préétablies ; si, à
l’instar de ce que disent les religions à propos des
commandements moraux, un être supérieur avait dicté
les règles du français à un Élu, afin
qu’elles fussent ensuite diffusées et suivies ; il
serait alors légitime de les enseigner. Mais - et il n’est point nécessaire d’être
un grand linguiste pour le savoir - les choses ne se sont pas passé
du tout comme cela : la langue, que ce soit le français ou
n’importe quelle autre langue parlée dans le monde,
s’est construite petit à petit, au gré des
événements historiques, économiques et
politiques vécus par ceux qui l’utilisent, et les règles
qui la dirigent sont des règles de fonctionnement,
et non des règles de prescription. Elles sont
internes au système qui la constitue et, même si elles
sont soumises à des normes sociales (dont l’étude
doit faire partie de l’enseignement de la grammaire), elles
n’ont rien à voir avec des ordres venus d’en haut
ou d’ailleurs." (site de Daniel Calin). Mais il faut ajouter plus : la focalisation ministérielle,
académicienne, sur la "grammaire" relève d'une stratégie de l'écran de
fumée et de la tromperie généralisée, de la Maya. Car les règles de
grammaire, de la langue, phonétiques, phonologiques, morphologiques,
syntaxiques, sémantiques, sont, conventionnelles ET dictatoriales,
arbitraires ET souvent incohérentes, à l'instar des lois votées par la
majorité actuelle... Dans la mesure où la conscience pense dans, par et
avec "la langue", et que la langue ne constitue pas un ensemble de
signes qui reflètent la réalité des choses, mais seulement une
cartographie mouvante et idéelle du réel, la focalisation sur la
compréhension et l'exposition de ces "règles logiques" qui ne le sont
pas, relève d'un dressage usant, pénible, d'une perte de temps
irrémédiable dans la formation des consciences. Ce n'est donc pas un
hasard si le Siministre Robien en vient, à six mois de la fin de son
autorité sur l'Education Nationale, car il s'agit de lui attirer la
sympathie des vieux grognons pour lesquels "autrefois, c'était toujours
mieux", et de faire souffrir, maintenant, et dans les mois à venir, des
enfants sur le rouet de la "langue française". A l'intersection de
plusieurs disciplines et sciences, la sémantique, la phonétique,
l'acoustique, la neurologie, la musique, il existe une science
inconnue, à venir, par laquelle la production d'images et de sons par
la conscience sera comprise et "maîtrisée", et par laquelle une langue
internationale, construite sur la perception, la désignation et la
compréhension de ce que sont les choses elles-mêmes, parlera à
l'intelligence, au coeur, au sang, humain, planétaire. Et M. Robien
sera tellement oublié, puisqu'il l'est déjà...
De l'identité nationale, il fut le chantre, le héraut, jusqu'au gâtisme. Son parcours est emblématique, du destin des paradoxes vitaux, et de la prétention "patriotique", dans sa dérive linguistique dite "nationaliste", pour, in fine, servir les intérêts du "parti de l'étranger". Charles Maurras devient lui-même à partir de 1895-1896, c'est-à-dire un admirateur et un soutien de Maurice Barrès (l'auteur de "Le culte du moi", la trilogie du "roman de l'énergie nationale", avec "Les déracinés"). Si la vie et l'oeuvre de ce dernier ont été animées et construites sur des contradictions (l'antijudaïsme dans la dénonciation de Dreyfus, «Que Dreyfus ait trahi, je le conclus de sa race», et l'éloge des Juifs de France qu'il place, dans "les familles spirituelles de la France", aux côtés des autres familles), Maurras est un leader d'extrême-droite qui cumule, dans une cohérence tragique, les réactions et les haines contre une majorité de Français : contre "le" peuple qui a osé soutenir et porter la Révolution Française contre la royauté, contre les Juifs et particulièrement contre Dreyfus, ... Pour se faire entendre, ce journaliste-écrivain fonde "l'Action française", revue et parti, duquel naîtra les Camelots du Roi, milice paramilitaire royaliste dont l'objet principal consistait à faire le coup de poing dans des situations de crise nationale, anticipation de ce que sera la Cagoule dans les années 30 au service de la synarchie. Son extrémisme est avéré, puisqu'il ose déclarer : "«Ce serait sans haine et sans crainte que je donnerais l'ordre de
répandre votre sang de chien si vous abusiez du pouvoir public pour
répandre du sang français répandu sous les balles et les couteaux des
bandits de Moscou que vous aimez », contre le Ministre Abraham Schrameck, ou contre Léon Blum, président du Conseil, dans L'Action française
du 15 mai 1936 : «C'est en tant que juif qu'il faut voir, concevoir,
entendre, combattre et abattre le Blum. Ce dernier verbe paraîtra un
peu fort de café : je me hâte d'ajouter qu'il ne faudra abattre
physiquement Blum que le jour où sa politique nous aura amené la guerre
impie qu'il rêve contre nos compagnons d'armes italiens. Ce jour-là, il
est vrai, il ne faudra pas le manquer.» Il n'est jamais inquiété, jamais arrêté. Comme Barrès, Maurras passe pour être germanophobe, puisqu'il se veut nationaliste, mais lorsque le gouvernement de Vichy se met en place, il le soutient totalement. Comme de nombreux soutiens de ce régime de la collaboration active, Maurras prétendra qu'il soutenait, en fait, seulement et absolument Pétain, parce que celui-ci aurait joué un double jeu, pour "limiter la casse" avec les Allemands et pour en fait soutenir une logique de Résistance à long terme. Cette prétention et ce mensonge ne résistent pas devant les faits, les actes : le régime de Pétain a notamment crée la Milice, dirigé par Darnand, afin de faire poursuive, arrêter, torturer, et parfois assassiner les résistants, le gouvernement de Vichy, sous les ordres de Pétain, a collaboré au-delà de toute nécessité et de toute mesure, ce que les Nazis ont constaté, avoué et apprécié à de nombreuses reprises. Sous les ordres de Bousquet, la police française fut très active pour soutenir les Nazis dans de nombreuses opérations contre les Juifs et les Résistants (cf. ce travail sur Bousquet)
Maurras est emblématique de ces Français qui n'hésitent pas à prendre et à défendre "le parti de l'étranger", et dans son cas, de l'Allemagne nazie, contre les "mauvais Français", au nom même de... l'identité nationale. La matrice de cette trahison de long cours et d'une gravité extrême reste "l'affaire Dreyfus", pendant laquelle le Ministère de la Guerre, les dirigeants de l'armée française, et toute l'extrême-droite française, ont préféré soutenir le Comte Esterhazy, officier français et véritable traître, y compris et surtout après que des preuves accablantes contre lui aient été révélées par la presse, plutôt que de soutenir un officier français, alsacien et juif de naissance, Alfred Dreyfus.
"Il été une foi, un Breuton siministre, du non de Gil Robien, qui avé pèredu son roiihomme, dent leuquelle il été otrefoi un mètre, un cheuvalié. Sen cheval a monté, le Robien été un om pèredu, et il tournez dan tou les sances, allah reuchairche d'un nouvo cheval deu bataïe. Le povr er feuzé paine a voar. Un bo jour, alor qu'il eré sur un cheumain ceul, lame en paine, il vi veunir ver lui Mère Gran. "Cé un cheval kil me fo, pas une vieïyeu". Mère Gran, ki avé antendu le Robien, di "Mé si je ne suis pa un cheval, je peu encor te kourir apré pour te rocé, malotru !". Quen le Robien u antendu la Mère Gran, le Robien di : "Mé s moi qui sui bète, je ne trouv plu de cheval, pareceque minteunen ce son les om qui son les chevo, é je vé comancé par toi, Mère Gran, je vé te monté, tu va deuveunir mon nouvo cheval de bataïe... "
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Pour celles et ceux qui ont toujours besoin d'explication et de justification, je veux citer ici Evelyne Charmeux qui explique que "la grammaire, c’est écrit dans toutes les préfaces
des manuels, a pour objectif d’enseigner comment il faut
parler ou écrire, en respectant les règles du français
correct(1).
C’est pourquoi elle se propose d’enseigner ces règles
aux enfants, pour qu’ils les mémorisent afin de pouvoir
les appliquer quand ils utiliseront le français. Ces règles, d’où viennent-elles ? En général,
on se garde bien de le dire aux élèves - les
enseignants n’en savent, sur ce point, pas beaucoup plus, et
monsieur le Ministre ne se pose même pas la question ! Une telle approche pourrait se justifier si la langue était le
résultat de règles préétablies ; si, à
l’instar de ce que disent les religions à propos des
commandements moraux, un être supérieur avait dicté
les règles du français à un Élu, afin
qu’elles fussent ensuite diffusées et suivies ; il
serait alors légitime de les enseigner. Mais - et il n’est point nécessaire d’être
un grand linguiste pour le savoir - les choses ne se sont pas passé
du tout comme cela : la langue, que ce soit le français ou
n’importe quelle autre langue parlée dans le monde,
s’est construite petit à petit, au gré des
événements historiques, économiques et
politiques vécus par ceux qui l’utilisent, et les règles
qui la dirigent sont des règles de fonctionnement,
et non des règles de prescription. Elles sont
internes au système qui la constitue et, même si elles
sont soumises à des normes sociales (dont l’étude
doit faire partie de l’enseignement de la grammaire), elles
n’ont rien à voir avec des ordres venus d’en haut
ou d’ailleurs." (site de Daniel Calin). Mais il faut ajouter plus : la focalisation ministérielle, académicienne, sur la "grammaire" relève d'une stratégie de l'écran de fumée et de la tromperie généralisée, de la Maya. Car les règles de grammaire, de la langue, phonétiques, phonologiques, morphologiques, syntaxiques, sémantiques, sont, conventionnelles ET dictatoriales, arbitraires ET souvent incohérentes, à l'instar des lois votées par la majorité actuelle... Dans la mesure où la conscience pense dans, par et avec "la langue", et que la langue ne constitue pas un ensemble de signes qui reflètent la réalité des choses, mais seulement une cartographie mouvante et idéelle du réel, la focalisation sur la compréhension et l'exposition de ces "règles logiques" qui ne le sont pas, relève d'un dressage usant, pénible, d'une perte de temps irrémédiable dans la formation des consciences. Ce n'est donc pas un hasard si le Siministre Robien en vient, à six mois de la fin de son autorité sur l'Education Nationale, car il s'agit de lui attirer la sympathie des vieux grognons pour lesquels "autrefois, c'était toujours mieux", et de faire souffrir, maintenant, et dans les mois à venir, des enfants sur le rouet de la "langue française". A l'intersection de plusieurs disciplines et sciences, la sémantique, la phonétique, l'acoustique, la neurologie, la musique, il existe une science inconnue, à venir, par laquelle la production d'images et de sons par la conscience sera comprise et "maîtrisée", et par laquelle une langue internationale, construite sur la perception, la désignation et la compréhension de ce que sont les choses elles-mêmes, parlera à l'intelligence, au coeur, au sang, humain, planétaire. Et M. Robien sera tellement oublié, puisqu'il l'est déjà...
Pourquoi y a t-il du
Droit plutôt que rien ?Action littéraire des plus
remarquables, l'écriture des droits, des Codes (du travail, de
la propriété intellectuelle, de la route, etc) a pour
objet de cadrer, définir, régler, virtuellement, à
priori, des situations de conflits, d'intérêts, à
partir d'une somme d'expériences, et d'aider les juges
concernés par des affaires à «dire le droit».
Le Droit est donc historique et variable – ce qui est juste en deça
des Pyrénées à telle date ne l'est plus quelques
mois plus tard, et inversement. Loin de s'opposer dans la réalité, les notions sont même étroitement liées et la force-du-droit
est de reposer sur «la force brute» elle-même, in
fine. Dans un monde de gentleman, les «rappels à
l'ordre» ne sont pas nécessaires, mais les gentleman
peuplent seulement les jardins anglais, des songes d'une nuit d'été.
Pour les auteurs, le Droit prévoit des droits – d'auteur.
Les auteurs savent, parce qu'ils et puisqu'ils signent des contrats
avec les éditeurs, que ces droits sont, en France, minces,
entre 8 et 10%; qu'ils ne sont pas toujours payés, qu'une partie
des droits sont oubliés, etc. Un auteur comme Jonathan Littell
s'organise pour rester propriétaire de la majorité de
ses «droits d'auteur», et, en France, une «agence
littéraire» explique et propose des actions et un
contrat aux auteurs, avec des ambitions affichées.
NB : la vidéo diffusée ici n'a pas de rapport direct avec cette agence, mais les propos à entendre sont parfois intéressants
Depuis des années, Luc Ferry représente le professeur de philosophie, académique par excellente. Le sieur est agrégé. Kant est, à ses yeux, un moment indépassable de la pensée. Ayant le goût des relations mondaines, sachant que ces relations pouvaient l'aider à "réussir dans la vie", une problématique très personnelle, il a toujours pointilleusement surveillé l'expression de "sa pensée" (prétention énorme et folle), pour que celle-ci, jamais, au grand jamais, ne dérange les puissants. De plus, le sieur est chrétien, et ceci lui a permis d'être invité aux Etats-Unis pour intervenir dans une Université près de Chicago. Mais le bonhomme pense que sa pensée est tellement importante et géniale qu'elle doit être accessible partout. Même si la réalité démocratique le dégoûte (Vincent Cespedes écrit : "La pensée Ferry se prétend "vraie" philosophie (...) se moquant des débats des cafés philos et autres initiatives non validées par l'Université"), il lui faut "parler au peuple", et pour cela, il signe des tribunes, intervient sur LCI, devient, brièvement, un Ministre de l'Education, presque parfait pour le gouvernement et le Président, parfaitement aux ordres, politicien retors dans la rhétorique. Vincent Cespedes a pris le temps de se pencher sur "la bonne soupe de Luc Ferry" - attention, c'est ironique... Pourvu que cette action specscalpulaire annonce une guerre des trentenaires et des jeunes "intellectuels" contre ces pontifiants-lénifiants qui, depuis des années, usent de l'inculture de leurs interlocuteurs journalistiques pour servir des banalités, ou pire, des mensonges.
Un auteur et des livres. Et puis une réputation, des polémiques, sur son nom seul, sur ses déclarations. Marc-Edouard Nabe en est un, auteur, qui a publié, déjà, des livres et des livres, et dont le nom suscite des enthousiasmes stupéfiants et inquiétants, comme des vomissements de démonialité, déraisonnables. Si vous faites une recherche sur Internet afin de trouver des textes des uns et des autres au sujet du sieur en question, un étonnement doit vous transir. Car vous ne savez pas pourquoi les uns sont dans le culte, et les autres dans la dénonciation. Pour les premiers, ils sautent comme des cabris sur leur chaise en répétant "Nabe", "Nabe", comme d'autres disent "Houellebecq", ou "Om". Pour les autres, l'auteur de "Au régal des vermines" sait de quoi il parle lorsqu'il traite de ces petites bêtes... En fait, il faut comprendre assez vite que l'auteur a mis ses pas dans le verbe, la logo-diarrhée de Céline, qu'elle soit géniale ou criminelle. Hier, dans l'émission "On a tout essayé", l'auteur était invité et Gerard Miller a cité des extraits de "Au régal...". Un auteur peut faire dire des monstruosités aux personnages de son récit. Mais Nabe a refusé de s'expliquer pour s'éclipser. Les analyses et les idées de Nabe, quand il est possible de les connaître, relèvent souvent du charlatanisme, de la provocation pure et dure - afin de se faire connaître. Car cet auteur se compare souvent à Michel Houellebecq pour constater la réussite, littéraire, financière, sociale, de ce dernier alors que lui.. Initié par l'hypocrite Baudelaire, qui s'est fait le publicitaire du "dandy", il faut comprendre ce mouvement proprement "français", dans le plus mauvais sens du terme, et absolument catholique, par lequel des "possédés du démon" (la gauche, le cosmopolitisme, les juifs, les américains, etc) parlent en éructant, maudissant, sous la surveillance d'un exorciste. Pourquoi la France a t-elle la seule pépinière au monde de ce type d'écrivains ? Parce qu'ils bénéficient d'un appui social et économique, dans la mesure où ils conviennent à la noblesse historique qui continue de tirer une part des ficelles de "la nation". Ils servent de vecteurs à l'expression de la haine de cette "noblesse" envers le peuple, sa diversité. Leur haine et leur mépris sont parfois des jeux de comédie, et parfois l'expression totalement sincère de leur moi purement imaginé, déséquilibré entre un narcissisme glouton et un mépris de tout ce qui est différent du "bon français". Il y a du génie, et ils ont raison de croire, diabolique, dans la mesure où il reflète leur haine de la création (que ce soit à partir d'une haine pour eux-mêmes ou pour tout ce qui n'est pas leur moi), le génie de la confusion, mais certains n'ont pas besoin de lunettes pour voir clair dans leur jeu...
"Dans
le numéro 4 de «Philosophie
magazine»
présenté sur ce blog par deux notes (ici et là),
la rédaction a publié une contribution de Barbara
Cassin, intitulée
«L'autonomie de la politique» (page 66), dans le
cadre du dossier consacré à Platon.
Ce texte est un monument, unique et remarquable, de simplifications,
contre-vérités, et... sophismes. Mais l'auteure n'en a
et n'en aura certainement cure puisque, depuis de nombreuses années
déjà, elle est devenue l'une des spécialistes
françaises de la sophistique. Dans le sous-titre, elle
explique que «le philosophe devient dangereux quand il veut
soumettre la politique à la norme du vrai. C'est là
l'erreur de Platon, comme celle de Martin Heidegger..».
Comme si ces deux «penseurs» (et dans des modalités
bien différentes) avaient eu des responsabilités et des
pouvoirs politiques de type classique et étaient responsables
de fautes ou de crimes graves. Or, en établissant un lien de
Platon vers Heidegger, allemand vivant au temps du
national-socialisme, Barbara Cassin laisse entendre que les faits
criminels du nazisme, et dont certains veulent attribuer une
condition de possibilité aux propos et aux idées de
Heidegger, pourraient devenir compréhensibles par une
responsabilité des «philosophes», que Platon
aurait initié ! Et, pour commencer son texte, elle fait appel
à un argument d'autorité, une citation d'Hannah
Arendt, juive
allemande, maîtresse, un temps, de Heidegger. Dans cette
citation, Arendt déclare : «Nous (...) ne pouvons
guère nous empêcher de trouver frappant, et peut-être
scandaleux, que Platon, comme Heidegger, alors qu'ils s'engageaient
dans les affaires humaines, aient eu recours aux tyrans et aux
dictateurs». Platon, comme Heidegger. L'un et l'autre,
d'une manière semblable, «auraient eu recours»...
Mais à qui ont-ils eu recours et comment ? Dans les pages 60
et 61 de ce même magazine, une frise nous donne la chronologie
de la vie Platon. En 388-387 av JC, il réalise un premier
voyage en Italie du Sud, et fait la connaissance d'Archytas et de
Denys 1er qui règne à Syracuse. " (cf. la suite dans le fichier PDF ci-dessous)
"Dons de Platon" :
"Lorsqu'il
s'agit de parler, de comprendre et de faire comprendre un auteur
comme Platon, une mise en perspective, historique, sociologique,
intellectuelle, est nécessaire. Il faut commencer par rappeler
que l'oeuvre de Platon, les Dialogues, n'existait pas avant lui !
Derrière cette lapalissade, il s'agit de penser l'apparition
de l'oeuvre, et ce que celle-ci a dévoilé ou révélé,
sur Platon lui-même, mais aussi sur son monde, sur le monde,
etc. Avant Platon, les auteurs, ou les penseurs, grecs, qui font
partie de ceux que nous désignons par «pré-socratiques»,
ont exprimé des idées, des convictions, des
affirmations, dans une forme essentiellement et naturellement
fragmentaires. Oracles de la vérité, ils vaticinent,
comme Héraclite qui écrit des aphorismes. Pour nous,
tard-venus, il y a tant de livres, d'essais, de pamphlets, d'ouvrages
de sciences, mais si nous faisons un effort pour nous mettre dans la
peau du jeune Platon, il n'y avait rien de tel, sauf les oeuvres des
Présocratiques. En outre, dans sa cité, Athènes,
la tragédie fait fureur. Et elle aussi n'existe pas de toute
éternité. Deux auteurs, Eschyle et Sophocle, composent
les principales oeuvres théâtrales lyriques, que ce soit
Agamemnon pour le premier et le trop célèbre Oedipe
Roi pour le second. Là encore, il faut mettre ses oeuvres en
perspective pour les comprendre et comprendre qu'elles aient pu
devenir, aux yeux de Platon, un problème. Pour elles, les
foules s'attroupent et les citoyens sont hypnotisés par un
même point focal, la scène, théâtre-d'ombres.
Mais que voient-ils, qu'entendent-ils, que comprennent-ils ? Est-ce
que la tragédie éduque ? Ou donne à méditer
seulement, et donc matière à se tromper ? Pour une cité
de la taille d'Athènes, la tragédie est l'invention de
la «société du spectacle». Dans sa
jeunesse, Platon, ou Aristoclès, fils d'une riche et noble
famille athénienne, rêvait de concurrencer Eschyle et
Sophocle. Et puis, il rencontre Socrate, tailleur de pierre,
singulier tailleur de pierre, on dirait aujourd'hui ouvrier, de type
immigré (il n'est pas beau comme le sont ou comme croient
l'être les aristoï). Socrate, on le sait (mais que sait-on
de cette capacité ?), est un amateur, professionnel, de
questions. Les questions qu'il pose, que Platon entend ou reçoit,
n'ont pas, bien souvent, de réponses, alors qu'elles sont
absolument justifiées. Et Platon, qui vit dans la cité
des réponses, comprend que celles-ci sont peut-être
creuses, trompeuses, partielles, insuffisantes. Mais surtout,
derrière ce comportement socratique, cette attitude, Platon
comprend que se cache un souci et un travail de vigilance : la
«politique». «Faire» de la politique, ce
n'est pas seulement et pour commencer, prendre des décisions,
faire de beaux discours, mais préparer ses décisions,
parce que chaque décision, instant essentiel dans la causalité
inter-humaine, peut et doit être bonne, mais aussi peut être
mauvaise, pour soi et pour tous, parce que l'erreur est la chose du
monde la mieux partagée. Socrate est affable, mais Socrate est
inquiet. Hommes et cités sont mortels, bien avant
Hiroshima et Valéry." (cf. la suite dans le fichier PDF Téléchargement PHILOSOPHIEMAGAZINENUMEROQUATRECONTREBARBARACASSIN.pdf
)
Les deux articles
centraux du dossier sont donc «L'image trouble de l'Occident»
et «L'inquiétant pouvoir des clichés». Dans
le premier article, Farhad Khosrokhavar écrit que, pour ces
minorités islamiques radicalisées, «l'Occident
est le théâtre d'une corruption des moeurs, en
particulier l'homosexualité, qui rappelle Sodome et Gomorrhe.»
Et ce n'est pas, comme le déclare un extrait grossi du texte
«l'absence de cohérence en Occident» qui «rend
malaisé, voire impossible un nouveau discours humaniste,
opposé à l'Islamisme radical», mais une absence
de réponse, provisoire, puisque celle qui est, ici, en cours
de réalisation, la "Love Religion" (avec, sans
doute, d'autres en préparation), est déjà
partiellement exprimée, et propose déjà des
fondements à ce nouveau «discours humaniste». La perspective et la possibilité du "mariage homosexuel" fait l'objet d'un éclairage contradictoire très intéressant. Si nous pouvons, ici, nous poser cette question, envisager cette perspective, combien de siècles faudra t-il encore aux nations et aux régimes arabo-musulmans pour intégrer la tolérance nécessaire à sa condition de possibilité ? Le
dossier mensuel ne pouvait envisager de traiter assez profondément
et complètement ce «choc des représentations»,
mais a plusieurs mérites et intérêts, dont celui
de faire entendre la voix d'Abdelwahad Meddeb qui n'est pas encore
assez connu en France. Par contre, et il s'agit sans doute de cette
continuité et de cette puissance des paradoxes, le
traitement de «Platon, roi des philosophes» surprend.
La rédaction a fait appel à deux «experts»
de Platon, Luc Brisson et Jean-François Pradeau, mais leurs
explications sur l'intelligible, l'amour, le monde, l'âme, les
mathématiques, la vertu, la cité et le philosophe sont
surtout plates et n'apportent pas une intelligibilité
construite et audible par des citoyens modernes. Les affirmations relèvent de ce "platonisme" bien compris - qui n'a rien à voir avec Platon... Quant au texte de
Barbara Cassin sur «l'autonomie du politique», il
constitue, dans un dossier consacré à Platon, presque
un scandale,
puisque l'introduction de l'article n'hésite pas
à déclarer que «le philosophe devient dangereux
quand il veut soumettre la politique à la Norme du Vrai».
Il est vrai que «la politique» est mieux conduite et «gérée»
par des non-philosophes, qu'ils s'appellent Hitler, Margaret
Thatcher, Georges W. Bush, etc, qui, eux, n'hésitent
pas à s'appuyer sur les puissances du langage et des images
pour manipuler, mais également provoquer des drames dans les cités humaines. Les catastrophes historiques provoquées
par ces «tyrans», au sens grec, sont et nombreuses et
considérables, et confortent, au contraire, la thèse
platonicienne selon laquelle les cités humaines ne parviendront pas à
la stabilité et au bonheur tant qu'elles ne seront pas
dirigées par des «philosophes-rois» (et par là,
il ne s'agit pas de désigner des individus qui auraient suivi
une formation dite «de philosophie» dans un lycée
ou une université). Quoiqu'il en soit, d'autres articles de ce
numéro peuvent et doivent intéresser, avec la
présentation d'Olivier Razac, du film d'Oliver Stone consacré
aux évènements du 11 Septembre 2001, d'un entretien
avec Bruno Dumont, «La guerre et l'amour, c'est la même
chose».
Le phénomène est le plus simple et le plus déterminant dans la condition, humaine : ouvrir la bouche, et faire sortir des sons, de plus en plus articulés. La voix est notre voie, définitive. Même sans articulation, le son fait sens, les cris de l'enfant sont, parfois, une alerte, parfois l'expression d'une demande adressée à ses tuteurs pour qu'ils s'occupent de lui. Le monde humain est un champ intérieur de cygnes - les sons "créent" les images. Dans l'espace public, les relations relèvent d'un jeu et d'un concert des voix. Un jour, une voix apparaît, puis un autre, elle devient écoutée, déterminante. Chaque jour, TF1 accède à des millions de consciences qui lui ouvrent leur "cerveau disponible". Pour les dirigeants de TF1, les spectateurs sont des actionnaires, capitalistiquement parlant, qui ne demandent jamais leur dû, car, grâce à leur présence et leur concours, TF1 vend des "espaces publicitaires". Avec Star Académy, les Français n'échappent pas à cet appel : des jeunes s'inscrivent, passent des castings, sont recrutés, passent à la "télé", font part de leurs "rêves" (chanter et être aussi riche que Johnny), mais aussi atteignent les enfants dans les cours d'école, dans les collèges et surtout les lycées, avec des adolescents qui badent les "candidats sélectionnés". Et depuis plusieurs années, la "société française" est tétanisée face aux actions et à l'audace des "gens de télévision" qui les instrumentalisent : les critiques existent, sont rares... No comment, circulez, il n'y a rien à voir... Pourtant, ces jeunes "futurs chanteurs" sont des objets entre les mains d'une production et de professeurs irascibles et cruels, et n'ont pas voix au chapitre, n'ont pas le droit à la parole, raisonnée, critique. Sur TF1, peut-on interroger TF1 ? Sur TF1, est-il possible de s'adresser aux dirigeants et leur demander ce qu'il en est des rumeurs de "dîner en ville" avec Jean-Marie Le Pen ? Sur TF1, est-il possible de parler et d'examiner la manière dont les journaux télévisés paraissent orientés ? Une chaîne d'information est, en même temps, une censure : ce dont elle parle couvre de l'épaisseur du "mur du son" ce qu'elle préfère taire, ignorer, ou faire ignorer. Après le mur de Berlin, un autre mur doit tomber : le mur de la parole des pouvoirs qui tuent les voix du monde - "télévision" ?
Si vous êtes un(e) jeune, lycéen(ne), étudiant(e), salarié(e), que vous avez "des choses à dire", d'une manière raisonnée, écrite (que vous l'ayez déjà fait ou non), que vous êtes confronté(e) à ce mur, le projet de "l'Académie Philo" peut vous intéresser. Pourquoi une Académie Philo ? En soi, il s'agit d'un pléonasme, car l'Académie est un terme et une réalité inventés par Platon, lorsqu'il a fondé son école. Pour l'auteur des "Dialogues" de Socrate, il s'agissait de créer un cadre dans lequel une éducation complète de jeunes citoyens athéniens pourrait être proposée et réalisée. L'objectif principal de cette formation était de former des "gardiens de la cité", des "politiques", aptes à défendre la cité, les cités grecques, des dangers extérieurs ... et intérieurs, des menaces d'auto-destruction qui pesaient sur elles. Si l'Ecole a vécu pendant plusieurs siècles (!) jusqu'à ce qu'un empereur romain, chrétien, ordonne sa fermeture, cet objectif n'a pas été atteint. Mais, pour la première fois, l'éducation devenait un objectif, et la somme de pratiques "pédagogiques". Depuis, celle-ci est devenue, en France, "nationale", mais elle est depuis plusieurs années vilipendée, méprisée, critiquée, rendue responsable de tous les maux de la nation, alors que les professeurs-tyrans de la Star Académy sont placés sur un piédestal, alors que TF1 propose des programmes qui, à aucun moment, n'apportent des connaissances, mais seulement de la "distraction"...
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