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Mai 68, la libération de la parole, 100 ans après la Commune, Rimbaud, Mallarmé

C'était une insurrection : écho de 1848 et les milliers de morts, de la Commune, et les milliers de morts. Car les "sages gouvernants" n'hésitent pas à faire tirer, à faire tuer (ils ont les mains blanches, mais pas leurs sbires). 20 ans après la Seconde Guerre Mondiale, la France était un mensonge vivant : une "démocratie" mais une dictature où les "gaullistes"-pétainistes contrôlaient tout. Depuis 68, et ce nouveau vent du boulet populaire, ils ont inventé les feux de l'apparence : des médias multiples quand l'ORTF résumait tout, mais toujours la même volonté de fer de tout contrôler. La grande bourgeoise ne plaisante pas avec les pouvoirs, vieille sagesse et expérience que la sienne... Mai 68, ce fut donc, par comparaison, moins de morts qu'en 1848 et pour la Commune, et, alors que la parole individuelle et collective était soumise à "la voix de la France", ce fut, dans le feu collectif, l'embrasement des mots, des formules-de-la-liberté. Depuis, "on" s'extasie sur cette liberté, alors qu'il faudrait établir plus exactement les étapes et les progrès de la parole populaire libre, depuis la Révolution de 1848, la Commune. Et, ni avant-garde, ni symptôme d'une force populaire, mais éléments de ce qui s'établissait dans la volonté populaire, les poètes, un siècle avant, fondaient cette liberté, par toute la destruction de l'ordre politique et donc mental, grammatical. Le temps qui s'annonçait était celui des associations libres, poétiques et juridiques.

D'expression, la liberté est conquise. Mais "le" pouvoir représentatif est pire aujourd'hui qu'en 1968...

Du rugby, des aristocraties, de la Coupe du Monde, note 1

Du rugby pour l'écriture, il n'est pas sur qu'il y ait un lien génétique qui induise de faire de cet autre mot anglais un signe en circulation dans notre langue, et donc dans notre pensée. Car l'écriture, projection de formes fixes sur la paroi de notre conscience, tente d'accrocher dans son énonciation même ce qui dure, sans compter la durée des traces – et qui peut dire savoir ce qu'il adviendra des mots des blogs dans les prochaines décennies, dans les prochains siècles ? Et le rugby évoque un espace éphémère de mouvements qui ressemblent à des échanges, et une fois une partie terminée, une autre commence, d'autres joueurs apparaissent puis disparaissent, ... Spectateur d'un match, chacun est face à sa conscience : dois-je rester, continuer à regarder, ou aller voir ailleurs si j'y suis, et, si je reste, que vois-je ? Les amateurs sont professionnels dès qu'il s'agit d'expliquer les règles, mais la compréhension des règles conduit-elle à celle du sens, supputé qu'il existe ? ! Et si la balle cachait les finalités ? Il faut peut-être alors regarder les mouvements de ces mâles, et parfois, rarement, de ces femmes (qui, comme les mémés de la célèbre chanson de Nougaro, «aiment la castagne»), qui en viennent à se «rentrer dedans», dans le mille, à s'entrechoquer, sévèrement mais aussi doucement – car l'esprit du rugby veut que les chocs, volontaires ou involontaires, n'aient pas pour objet de faire mal, réellement. Ils ont beau dire, protester, il faut bien le constater : il s'agit de se frotter, si ce n'est de se caresser, d'une manière publique, originale, autorisée, légale, devant les yeux même des femmes ! Et, parce que la vie est la somme de tous les paradoxes possibles, ce sont les «gros», réputés les plus durs, qui s'y collent – au contact, alors que les gazelles des trois-quart tentent tout de même le contournement. Mais les «gros» de devant prennent beaucoup de plaisir à leur mettre la main dessus – et là, le rugby devient omnisexuel, ni homosexuel seulement, ni hétérosexuel seulement, puisque, in fine, la métaphore suggère le désir des mâles pour leurs femmes, aux corps transposés. Le rugby n'est pas un sport, mais une action spirituelle dont l'effet agit, par symboles, consciemment dans l'inconscient; et donc mérite d'être raconté...

L'action littéraire sans rentrée littéraire

Lechoixdeladefaite_1 Chaque rentrée littéraire est l'occasion d'une avalanche. Des éditeurs, les plus puissants, cheminent vers le pays de l'Eldorado, pour trouver la pépite qui n'est pas petite, et qui, comme son nom l'indique, vaut de l'or. Pour faire connaissance avec cette pluie de livres fantômatiques et d'oeuvres géniales et pas encore connues, il faut être, soit librairie, installé à demeure, ou bien critique professionnel, abreuvé d'envois expédiés avec digilence. Et comme "lire" n'est pas une activité semblable à une autre, c'est-à-dire sans importance, puisqu'il s'agit de faire résonner les cordes musicales et mentales, il faut choisir avec génie, ce que nous attendons de lire, c'est-à-dire ce que nous ne nous attendons à pas à entendre, et qui pourtant, dans quelques mois, quelques années, nous paraîtra aussi indispensable qu'un ami, qu'une amie. Pour cette nouvelle rentrée littéraire, il est donc, une fois de plus, impossible de s'en remettre aux experts qui, trop souvent, sont de bien mauvais lecteurs, influencés par leurs relations mondaines. Aussi, sans écouter toute cette publicité, il faudra, dans les prochaines semaines, parler de ces livres que nous aurons trouvé par nous-même, et qui, effectivement, ont une "valeur". Car voilà un domaine où la valeur de la chose peut dépasser son coût de vente et d'achat ! Si les éditeurs le savaient, combien nous facturaient-ils les livres précieux... Un exemple : l'ouvrage de Madame Annie Lacroix-Riz, "Le choix de la défaite, les élites françaises dans les années 30". L'ouvrage, il est vrai, est très sérieux (c'est un livre d'histoire) mais ses révélations, prouvées, sont fracassantes.
Si vous avez trouvé l'un de ces ouvrages précieux, vos frères et soeurs vous remercient de les aider à améliorer leur éclairage spirituel...

Raymond Devos, mon hommage de singe savant... !

Hegelclown"Un jour, je reçois un ami chez moi, un ami que j’apprécie beaucoup. Parce que c’est un homme très intelligent, il lit beaucoup de livres, c’est une mine de savoir, l’air de rien, car mon ami, il faut dire, il ne se fait pas remarquer. D’ailleurs, une fois, je lui ai fait cette remarque, je lui ai dit, "mon ami, vous êtes toujours habillé d’une manière tellement anonyme, sans jamais la moindre marque sur vous". "Justement, me répond mon ami, c’est que je ne tiens pas à me faire remarquer" ! "Pourtant, lui-dis, vous êtes un individu remarquable !". "Pour vous, mon cher ami, c’est d’ailleurs pour cela que je suis votre ami, c’est que vous, vous m’avez remarqué", et là, il me dit que, sans le savoir, nous venons de dire la même chose que Hegel dans la Phénoménologie de l’Esprit ; et en plus, qu’il me soupçonne d’être hégélien, sans le savoir ! Vous vous rendez compte ! Moi, hégélien, je ne le savais même pas, et puis personne ne me l’avait dit ! Enfin, si, mon ami me l’a dit, mais enfin, j’étais déjà un homme d’un certain âge, on aurait pu me prévenir avant ! "Et c’est grave d’être hégélien ?, lui dis-je à mon ami". "Pas plus grave que d’être nietzschéen ou cartésien, mais vous, de toute façon, je crois que vous êtes hégélien parce que vous croyez à la science de la conscience" ! "Ah... ! Et ce n’est pas dangereux cela au moins, lui dis-je." "En fait, çà dépend, me répond-il. (...) (la suite de l'article complet, à lire sur E-Torpedo)

Poèmes érotiques de Mallarmé, le texte complet

Desirid Sur le blog privé, le texte complet concernant les deux poèmes "M'introduire dans ton..." et "A la nue", est disponible.

Révélation sur les poèmes - érotiques de Mallarmé...

Mallarmegauguin Ce texte, "A l'assaut de la loi du silence, "c'est en héros": les poèmes érotiques", proposé à une revue spécialisée, prétend, en effet, "révéler", au sens religieux et philosophique du verbe, le sens caché, parce qu'évident, érotique, de quelques poèmes de Mallarmé, à commencer par "M'introduire dans ton histoire". Vous trouvez ci-après le début de cette contribution - dont la totalité est en lecture libre sur le blog privé...

"Mallarmé devait vivre avec un temps qui interdisait de vivre; dans un autre temps, de manière fantaisiste, et les femmes, ces «Nymphes» que le Faune qu'il fut voulait toujours «perpétuer», prolonger de manière indéfinie et «tuer» également,  comme la jouissance elle-même, ces Nymphes redevenaient parfois elles-mêmes, en quelques dimanches d'automne ou de printemps, pour un déjeuner sur l'herbe sans fâcheux, mais pour des heures si brèves, avant de retourner à la «vie sociale», sous l'oeil de l'Inquisition. Et malgréLavenuslitteraire1_1 tout, Mallarmé y parvient parce qu'il n'y parvient pas, tout comme il ne se décide pas pour les formes de sa parole, et plus encore de sa poésie qui ne prend pas corps, qui n'existe pas. Le corset qui Corset enserre, étouffe, comprime et dissimule les seins de ces dames enferme également, comprime, le poème, et Mallarmé lui-même, qui meurt de ne plus pouvoir ou de vouloir respirer. Pour des poèmes qui n'étaient qu'évocation, double négation, l'auteur des Fleurs du Mal a été poursuivi par le Procureur Général d'un Empire dont une majorité de Français rêvent de la chute, finale, et elle viendra. Pour le poète qui est une liberté qui bouscule les règles et les conventions, de la grammaire, de la rhétorique, officielles, parce qu'elle remet en cause les fondements même de la «pensée sociale»,  il y a donc des défis, et pour Mallarmé, il en est un, constant, décisif : comment écrire le désir sans, immédiatement et insupportablement, entendre et voir venir les corbeaux de la censure et de la réprobation «bourgeoises» ? Il faut donc trouver le moyen de parler et d'écrire, donc de dire, sans dire, compter sur les puissances de l'apparence, et se satisfaire d'une logique de l'ésotérisme, comprenne qui pourra. Et depuis plus d'un siècle, les jeux de mots ont assuré une tranquillité remarquable au poète de Valvins. Aux bons bourgeois qui disent que soient honnis qui mal y pense, «s'introduire dans» ne peut avoir qu'un sens, domestique, comme dans le cas du voleur qui pénétre dans une maison pour accomplir son forfait. Mais pour le poète, il s'agit de «M'introduire dans ton histoire».(...)

"Teddy Bear" sur le dos des sectes...

Souratessurdosnu_1Un extrait de l'entretien paru aujourd'hui sur Vox-Populi : "Dans votre blog, vous proposez des informations ou des analyses pertinentes, et qui aident probablement beaucoup de lecteurs ainsi que leurs proches à être vigilants ; en somme, vous contribuez à une vigilance critique, afin que les Français ne versent pas dans ce que vous qualifiez d’irrationnel... (...) si vous considérez que les religions reconnues sont en fait des sectes, que faudrait‑il faire pour que la République reconsidère son rapport à ces « cultes », ces entreprises ?

TB : Il serait prétentieux de prétendre détenir la solution pour combattre la domination d’un spiritualisme remis aux goûts du jour. Mais je défends une idée, celle qui consiste à protéger nos enfants de toutes tentatives d’endoctrinement religieux. Celles des sectes post-protestantes par exemple, mais aussi celles qui ont réussi, les religions dites établies. Il ne s’agit pas de censurer, si j’ose dire, Bible et Coran, mais de contrôler l’emprise de ceux qui s’en servent pour influencer lourdement le libre arbitre de nos enfants, une proie facile. Puisqu’une nouvelle République est en gestation, il serait bon qu’elle soit ferme en matière de prosélytisme, d’où qu’il vienne, qu’une laïcité plus stricte soit inscrite dans sa Constitution. Cette laïcité est la seule protection d’un conflit inter-racial qui se dessine entre les cultures et leurs cancers que sont leurs religions. En ce qui concerne les sectes “marchandes” (...)

La perfection faite poème-corps-femme

Loveparade04_0135_2
Que j'aime voir, chère indolente,
De ton corps si beau,
Comme une étoffe vacillante,
Miroiter la peau !
 
Sur ta chevelure profonde
Aux âcres parfums,
Mer odorante et vagabonde
Aux flots bleus et bruns,
 
Comme un navire qui s'éveille
Au vent du matin,
Mon âme rêveuse appareille
Pour un ciel lointain.
 
Tes yeux, où rien ne se révèle
De doux ni d'amer,
Sont deux bijoux froids où se mêle
L'or avec le fer.
 
A te voir marcher en cadence,
Belle d'abandon,
On dirait un serpent qui danse
Au bout d'un bâton.
 
Sous le fardeau de ta paresse
Ta tête d'enfant
Se balance avec la mollesse
D'un jeune éléphant,

Et ton corps se penche et s'allonge
Comme un fin vaisseau
Qui roule bord sur bord et plonge
Ses vergues dans l'eau.
 
Comme un flot grossi par la fonte
Des glaciers grondants,
Quand l'eau de ta bouche remonte
Au bord de tes dents,
 
Je crois boire un vin de Bohême,
Amer et vainqueur,
Un ciel liquide qui parsème
D'étoiles mon coeur !

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Comme je l'ai dis dans les précédentes notes, les "Fleurs du Mal" cachent, dans la forêt des mauvais génies chrétiens, "la pureté". Cette zone et cet être du "sans-mal" appartiennent à l'ailleurs - dans une dichotomie gnostique redoutable, dans cette condamnation de l'ici-français, que chacun comprend mais contre lequel il faut lutter néanmoins de toutes nos forces si... Alors que la majorité des poèmes des Fleurs sont frappés par la malédiction chrétienne, par le ton du discours doctorat du maître es vertus & vices, comme un "bon" théologien catholique, la Poésie advient, dans le Chant, le rythme, et "le Serpent qui danse" est le symbole même de la force poétique, de son sens plein, supposé, "la Beauté". Lui peut être chantonné,chanté, susurré, murmuré..., il est par-delà leur Bien et leur Mal.

Lolita - ah...

Lolita Comment dire... ? Le choc, la stupéfaction, la jubilation. Ma tête entièrement lue et bue par ce Vladimir que desormais, j'admire, quoiqu'il fut, fils de russe "blanc". Lolita, tu es un feu, de joie. Je n'en reviens pas. Qu'un auteur, tel, existe; qu'ecrire et narrer puisse relever, ainsi, d'une telle habileté possible - une science ? Faut-il donc avoir été éduqué par des précepteurs personnels ? connaître les langues et donc les pensées de l'intérieur pour... ? Assurément. Les grands livres sont donc les fruits de quelques grands hommes. Assurément... ? Qu'importe.

Lolita est ailleurs que dans les considérations annexes sur un auteur qui n'existait pas, dès la parution du livre, et qui a rejoint les morts qui vivent ailleurs -Lolita est la preuve de la jubilation d'un occidental qui connait parfaitement ses leçons de morale, la morale immorale, et, alors que Lolita devient femme, elle offre à Humbert Humbert une explosition (de mon invention) de génie esthétique, l'être-nymphette. Faut-il envisager une étude théorique et littéraire plus large focalisée sur l'être-sirènique ... ? Car, le plongeon de Humbert Humbert dans la chair parfumée de Lolita conduit cet Ulysse des temps chrétiens à la prison, à la "mort sociale". Précision : Lolita n'est pas un "roman de la pédophilie", sauf à confondre la jeune fille avec l'enfant, la nubile avec la petite fille. Lolita est des frontières où l'enfance, l'adolescence, l'âge adulte se cotoient, se renvoient des échos, et crée, dans Lolita, une synthèse originale qui fleurit et se flétrit en quelques semaines. Mais Lolita n'est aussi rien de tout çà; un chant littéraire qu'il faut étudier, un voyage en Psyché. La traduction, enfin, romanesque, de "l'après-midi d'un faune"...

Mallarmé faisant des délices...

"La Société, terme le plus creux, héritage des philosophes, a ceci, du moins, de propice et d'aisé que rien n'existant, à peu près, dans les faits, pareil à l'injonction qu'éveille son concept auguste, en discourir égale ne traiter aucun sujet ou se taire par délassement. Quelque chose, manquant, affronte la violence des contradictions..." (Grands faits divers)

"Une noblesse, désormais, se passera de nom" (La Cour)

"L'existence littéraire, hors une, vraie, qui se passe à réveiller la présence, au dedans, des accords et significations, a t-elle lieu, avec le monde; que comme inconvénient -" (Solitude)

"Un public, soustrait au recensement, éprouve du goût pour des pratiques, ici, que le maintien, à la cour papale, d'une charge en vue de les confondre, désigne comme vivaces. Hébétude fouettée de blasphème, cette messe-noire mondaine se propage, certes, à la littérature, un objet d'étude ou critique" (Magie)

"La très vaine divinité universelle sans extérieur ni pompes -" (Or), la très vaine crie...

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