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Derrière un kamikaze islamiste, les lâches manipulateurs...

"Dans le centre de détention, l’homme, vêtu d’une tunique bleue, accepte de nous parler, mais il murmure embarrassé : «Ne publiez pas l’article au Pakistan, je ne veux pas faire de la peine à ma mère, elle ne sait pas que je suis ici.» Originaire d’une zone tribale à la frontière de l’Afghanistan, le jeune homme étudiait dans une madrasa (école religieuse coranique) de Peshawar." (...) "«Ces réseaux recrutent des hommes entre 14 et 22 ans. Ils sont plus faciles à manipuler. On utilise leurs émotions, en leur montrant des fausses vidéos de l’Afghanistan et en utilisant à mauvais escient les enseignements de l’islam, explique Saeed Ansari. Parfois ils leur donnent des médicaments qui les rendent ivres."
L'article complet est à lire ici
Pour ces fabricants d'Human Bomb, l'attentat-suicide, c'est bon pour les autres, mais pas pour eux... Et qu'importe les mensonges. Qu'ils prétendent avoir "foi en Dieu", connaître et comprendre le Coran devrait constituer une honte pour celles et ceux qui se prétendent musulmans...

Mai 68, un entretien avec Christian Bourrier

Sp_a0055 AL : Christian Bourrier, que faisiez-vous et où etiez-vous en mai 68 ?

CB : En Mai 68, j'étais à Paris depuis un an environ, au départ je suis parti de Lalinde (Dordogne) pour trouver du travail. Je n'en ai pas trouvé de suite, aussi je vivais de petits boulots qui m'assuraient le minimum vital (le sandwich). Je vendais des journaux à la criée, le soir je travaillais boulevard St Michel chez Gibert Jeune, et je grattais la guitare sur quelques terrasses autour du quartier latin. Donc, dès que les premiers mouvements ont commencé je me suis de suite intégré. J'étais déjà dans la place.  A ce moment là, même si les médias ne parlaient que d'un mouvement d'étudiants, j'ai ressenti qu'il s'agissait plutôt d'une manifestation d'humeur de la jeunesse tout entière. 

AL : Pourquoi cette révolte était nécessaire et belle ?

CB : Cette révolte était nécessaire, car nous étions une génération d'après guerre, où l'écart avec les générations précédentes étaient énormes, tout nous séparait. La musique, la libération des mœurs, la façon de nous habiller (les premiers jean's apparaissaient), la coiffure, l'éducation scolaire figée depuis Jules Ferry, les nouveaux intellectuels, et surtout une autre vision de la politique, nos héros étaient alors le Che, Régis Debré, et les idées libertaires de Jean Paul Sartre et Simone de Beauvoir. Les héros des guerres de 14 -18 et 39 - 45, ont donné leurs vies pour que nous puissions vivre en toute liberté, on ne les remerciera jamais assez, mais leur monde ne nous convenez plus. Nous voulions élargir nos libertés, pouvoir crier haut et fort nos idées. L'état policier d'alors, où certains chefs s'appelaient Papon et autres, les radios nationales, la fameuse  O.R.T.F, et tous les organismes d'Etat, étaient sous la direction de cette fameuse génération d'avant guerre - ils avaient tous déjà une République de retard - et ils n'admettaient pas que nous leur bouleversions leurs façons de nous construire un avenir. Nous devions rester dans le moule; ne pas quitter le rang. Bien que nous n'étions pas malheureux, (c'étaient les meilleures années d'après guerre), la cassure était quand même faite entre les générations.
Tous ces ingrédients ont fait qu'un jour la marmite a explosé.

AL : Mai 68, ne serait-ce pas des réussites et des échecs populaires, et lesquels ? 40 ans après, où en sommes-nous de la vie et des libertés populaires ? Que faudrait-il faire ?

CB : Il est évident que comme dans toutes les insurrections ou révolutions, il y a des réussites et des échecs. La Révolution de 1789, en est l'exemple type. L'épuration en est une autre, même les révolutionnaires comme le Che ont eu des casseroles à traîner. Mais c'est toujours à partir de ces soulèvements populaires que les libertés ont avancé. Quand le peuple crie dans la rue, le pouvoir a toujours tremblé. C'est la pression du  peuple qui a fait écrouler le mur de Berlin et toutes les dictatures du bloc de l'Est, qui a donné un peu plus de liberté aux noirs d'Afrique du Sud, et un peu plus tôt à ceux des Etats Unis. Aujourd'hui c'est encore le peuple qui change le visage politique des anciennes dictatures d'Amérique du Sud. Lorsque la pression de la rue est trop forte, les hommes politiques n'ont plus le choix. Ils ne leur reste que celui de satisfaire. Qui aurait cru qu'un jour un tribunal international serait à même de juger tous les grands criminels de guerre ? Ces idées là, étaient dans Mai 68, car seule la liberté de parole permet de faire connaître au monde entier les souffrances. Les dirigeants chinois en acceptant les Jeux Olympiques n'ont pas pris conscience de ce problème. Le peuple chinois le comprendra, lorsqu'ils auront la liberté de voir les réalités et de pouvoir s'exprimer, ils le feront. La plus belle réussite de Mai 68, c'est d'avoir permis de faire remonter les cris de la rue.
 
L'union a toujours fait la force, les français d'aujourd'hui devraient méditer cette pensée.

Paperblog : Les meilleurs actualités issues des blogs

Ecoles et violences, la chape de plomb

Il faut le sentir, le savoir, vivre avec, en attendant d'en sortir : nous vivons dans une société du mensonge, dont la source est l'Etat. Concernant les violences en milieu scolaire, il faudrait se fier à l'adage lagardien, "tout va très bien, madame la Marquise". C'est que dans la supposée France d'en haut, si basse, moralement, intellectuellement, relationnellement, les problèmes de pouvoir d'achat, de violences scolaires, n'existent pas. A l'instar de la royauté sous l'ancien régime, la direction de l'Etat pratique la dénégation de la réalité. Et les serviteurs serviles suivent la Cour, attendent les miettes et les cadeaux, et se taisent sur tout ce qui se fâche - et cela fait beaucoup^. C'est ainsi que la Fédération des Autonomes de Solidarité vient de faire connaître que, depuis la rentrée scolaire 2007-2008, elle a reçu 1900 dossiers de menaces, insultes, agressions de personnels de l'Education Nationale (combien dans le privé ?), DONT LES AUTEURS SONT EN PREMIER LIEU LES PARENTS ! Cette Fédération aborde désormais aussi clairement les cas de harcèlement moral dont de nombreux enseignants sont victimes, de la part de la direction de leur établissement, avec le soutien des rectorats - mais aussi des cas dont les enseignants sont responsables.


Une gifle constitue t-elle une violence, de la part d'un adulte ayant autorité... et qui avait été insulté ? Ce professeur et collège a eu tort. Car c'est désormais lui qui est ainsi mis en cause. Et ce n'est pas l'idéologie laxiste de Mai 68 qui est responsable de cette dérive, mais l'instrumentalisation du droit par des parents qui considèrent que leurs enfants peuvent éventuellement insulter leurs professeurs et des adultes sans que ceux-ci ne puissent réagir. Si ce professeur et collègue n'aurait pas du gifler, les parents de cet élève auraient pu considérer que la source de ce problème était leur enfant, et que l'attitude inexcusable de leur enfant avait crée les conditions pour ce geste qui pouvait avoir lieu, tout en restant exceptionnel. C'est à la justice française de décider si ce geste constitue une faute, ou pire, un crime, puisque l'Education Nationale a déjà sanctionné ce professeur... Selon le rectorat, "On ne peut pas accepter qu'un professeur gifle un enfant quelles que soient les circonstances", a commenté le rectorat." Un professeur doit-il se laisser frapper et pire encore assassiner, sans réagir ? La légitime défense n'aurait donc pas de sens dès qu'un adulte ait frappé par un mineur ?

Dernière minute : les pistes pour (sic!) "réformer les profs" !


Les fascistes verts au service des fascistes bruns

Les Al-qaedistes et autres enténébrés prétendument musulmans le disent clairement : ils haïssent la démocratie et les mécréants, ils nient, et les femmes, et les droits des femmes, etc. Ces fascistes verts sont responsables, dans les pays occidentaux, d'un accroissement sans précédent des logiques, systèmes et politiques "sécuritaires". Les fascistes bruns de nos pays sont ravis. Grâce à cette "insécurité terroriste", un pays comme la France serait bientôt aussi couvert de caméras que l'Angleterre Big Brothérienne.

"Dès hier, Philippe Goujon, député UMP du 15e arrondissement de Paris, a demandé à la Ville de Paris et à la préfecture de police la mise en place « urgente » d'un plan de vidéosurveillance dans la capitale".

Car il faudrait considérer que ce serait là le "seul, dernier et meilleur moyen" de lutter contre un terrorisme qui, "fatalement", frappe et frappera. Ainsi, nos chers dirigeants, politiques et administratifs, nous disent que les attentats sont, un jour, inévitables, d'une manière ou d'une autre - et dans ce cas, les caméras serviront à l'arrestation des responsables. En attendant, les dites caméras serviront à filmer les citoyens dans l'ensemble des situations de mouvement qui les concernent : déplacements privés, regroupements associatifs, festifs, protestataires. Face à l'alliance objective de prétendus contraires, face à l'alliance des fascistes internationaux, faut-il que les citoyens laissent et se laissent faire ?

Une enquête journalistique digne de ce nom pourrait-elle être menée sur les possibles liens entre des responsables politiques, administratifs, et des entreprises spécialisées dans les offres de sécurité (moyens de vidéosurveillance, fabrication et commercialisation du Taser, etc.) ? Concernant le Taser, la police française est candidate pour pouvoir faire usage d'un moyen de coercition, en fait, mortel.

Des Renseignements Généreux, pour "réinventer les médias" et sur "l'argent sale"

Il y a les tenants des "choses telles qu'elles sont", qui émargent à cette mondialisation qui ne cesse de générer un flot de cash, et il y a celles et ceux qui ont la lucidité de constater et de comprendre que ce réseau mondialisé des entreprises et des organisations mafieuses fait évaporer dans les trous noirs des paradis fiscaux ou sur des comptes bancaires d'épargne plus de 1000 milliards d'euros chaque année; et que les problèmes de financement des services publics nationaux et mondiaux s'expliquent ici, que "la pauvreté dans le monde" trouvent ici aussi une partie des solutions qu'il faudra mettre en oeuvre dans les années à venir. Les "RENSEIGNEMENTS GENEREUX" proposent des brochures-dossiers, comme ceux que vous trouvez ici, "Réinventer les médias" Téléchargement broch_media_20061024-oria5-a5livre.pdf , et "Comment blanchir l'argent sale ?" Téléchargement broch-blanchi-20061009-oria5-a5.pdf. Les deux dossiers sont en fait liés. Car s'il est aussi si nécessaire de réinventer les médias, c'est que, concernant les détails dans lesquels se cache le Diable du Capital, ces "médias" ne font jamais le travail requis par leur définition statutaire, et qu'ils ne le font pas parce qu'ils sont un élément même de cette économie truquée et criminelle.

La gauche, Ségolène Royal face au renouveau fasciste, le face-à-face, le programme de Ségolène Royal, note 12

Lorsqu'il est seul sur scène, face aux membres de la secte UMP qui le regardent avec vénération, entourés par ses gros bras, le sieur Sarkozy monte vite sur ses ergots, tend le menton, se redresse autant qu'il peut, et harangue, vocifère, récrimine, dénonce, propose de "liquider 68", dénonce les communistes mais instrumentalise Guy Mocquet, Jaurès !  Dès le soir du premier tour, il a annoncé le virage. Il respecte Mme Royal, et veut un débat digne. Car, ce soir, elle sera en face de lui. Faire de la communication avec des journalistes condescendants et aux ordres, c'est une chose, et c'est facile, mais là, il s'agit d'un face-à-face, un quasi-dialogue. La comparaison va être visible, tangible. D'un côté, un homme petit et sans charme (un euphémisme), et de l'autre, une femme plus grande que lui, épanouie. D'un côté, l'homme, le dernier, homme providentiel, de la droite-extrême-droite, désormais fusionnées, malgré les apparences, et de l'autre, une femme qui ne sera pas tout, ne fera pas tout, parce qu'elle dirigera le pays avec une équipe, avec les citoyens qu'elle veut associer à la gestion du pays, avec une gauche et un centre-gauche, une femme cohérente, avec les principes, les idées, les fameuses "valeurs" de la gauche. Les Français sont appelés à voir et à choisir entre le ridicule et l'honneur, entre la volonté de précarisation générale de l'ensemble des Français, la volonté de sécuriser la vie économique de l'ensemble des Français. Car ce que les riches soutiens de M. Sarkozy apprécient tant pour eux-mêmes et au contraire n'accepteraient pas pour eux, ils entendent en être les seuls bénéficiaires (la sécurité par le niveau de capital), et l'imposer à tous (la précarité sociale, économique, mais aussi familiale et affective).

Une logique économique face à un programme économique inepte : Depuis 2002, la dette nationale a explosé de 300 milliards d'euros supplémentaires, alors qu'elle avait baissé entre 1997 et 2002. La droite prétend être experte dans les solutions économiques, mais, alors qu'elle est au pouvoir, les résultats négatifs et catastrophiques s'accumulent. Ségolène Royal en a fait son premier souci, lorsqu'elle a prononcé le discours de Villepin, en faisant un choix clair : il faut que les Français qui ne travaillent pas puissent le faire, et que ceux qui ont tellement perdu en pouvoir d'achat ces 5 dernières années retrouvent ce pouvoir d'achat. Les chômeurs qui deviendront travailleurs recevront un salaire; ils dépenseront, ils paieront des impôts ET DONC les rentrées fiscales seront plus importantes, ce qui permettra à l'Etat de disposer de ressources renouvelées pour le règlement de cette dette. Le pouvoir d'achat retrouvé et les nouveaux emplois avec les salaires à la clé profiteront à l'ensemble du secteur industriel et commercial français. A contrario, le sieur Sarkozy se moque comme d'une guigne des chômeurs, rmistes, etc, qu'il veut faire travailler, mais tout en les laissant aux minima sociaux; enfin, il propose de faire ce qui est déjà possible, permettre de faire des heures supplémentaires ! Il a inventé l'eau chaude ! Car dans le droit du travail et dans le fonctionnement des entreprises, ce sont les employeurs qui décident de la nécessité de faire des heures supplémentaires, et s'ils ont des commandes et des besoins, ils en font faire. Le programme de l'UMP va simplement leur permettre de les payer moins, et donc de payer moins les salariés pour travailler plus !

Le programme de Sarkozy ne peut pas être financé puisqu'il veut encore baisser les impôts, sur les particuliers, sur les entreprises. Son objectif est bien ultra-libéral : réduire l'étendue et les activités de l'Etat à ses supposées missions régaliennes, police, armée, affaires étrangères, pour privatiser le maximum de services publics.

Extension du domaine de la lutte..., I

Le titre du célèbre ouvrage de Michel Houellebecq ne convient-il pas parfaitement aux "émeutes des banlieues", parisiennes ? Phénomène aux dimensions multiples. Il y a d'abord l'affrontement entre les designés "jeunes", et "la" police, CRS... Des jeunes qui sont, pour une majorité, les enfants des immigrés que l'Etat et la grande bourgeoisie ont logé à peu de frais dans des HLM, des tours, des "cités". Il y a la laideur, évidente, de ces "topos". Lieux dans lesquels il n'est pas aisé ou possible de rêver prendre racine. "L'exclusion", dans les banlieues, est doublement constitutive : en tant que constituante même, le prolétariat le plus paupérisé, rassemblé, ghéttoïsé, et exclusion chez les habitants eux-mêmes qui n'aiment pas leur lieu qui n'est pas "propre", qui ne leur appartient pas en propre et qu'ils ne s'approprient pas, car ce sont des "no man's land". Autre dimension, "ethnique" : le communautarisme imposé par la grande bourgeoisie elle-même (sur le modèle de la noblesse historique), a conduit à faire de villes, de cités, de banlieues, des lieux, le symbole VIVANT d'une exclusion ethnique : aux "étrangers" à la nation, c'est-à-dire à tous les prolétaires, qu'ils soient blancs, noirs, maghrebins, ... vous êtes "assignés à résidence" et "résidence surveillée". Mais la majorité d'entre eux ne sont pas blancs. Leurs enfants, nés en France, sont français, par le droit du sol. Mais que signifie pour eux cet être-français ? Des droits ? Des conditions de vie décentes ? Du travail ? Oui ET non. En raison d'une somme de facteurs (la langue, les compétences, la couleur de la peau, l'époque qui détruit des milliers d'emploi), cet être-attaché (pour reprendre la formule à double sens de sieur Villepin à l'endroit des habitants des banlieues) à la banlieue représente une souffrance, et, comme le disait un jeune sur une radio, "ici, les gens ont la haine". C'est au moins une vérité, et un sentiment qui a du sens...

Houellebecq, le cynisme

L'explication marketing de la propagande totalitaire en faveur du dit Michel satisfait la raison, naïve, bonne fille. L'intérêt intéresse les intéressés, nous en sommes tous là, égo sum. Mais quoi ? Il n'y aurait rien d'autre. Et si l'affaire visait la "stérilisation" forcée des êtres virils, féconds ? S'il s'agissait pour une gent parisienne de faire en sorte que ceux qui peuvent enfanter et créer ne le fassent pas, à coup de... cynisme. Souvenez-vous de l'anecdote Diogène versus Alexandre. Du point de vue des cyniques, Diogène passe pour un homme libre qui dit son fait au puissant. Et que fait le puissant ? Il sourit, salue le sieur, et s'en va. Diogène, lui, reste dans sa m.... Le cynisme n'est ni plus ni moins que le degré zéro de l'existence, l'abandon de ses forces, une mort commencée dans la vie même. "La possibilité d'une île" n'est-elle pas que la fuite d'un cynique devenu désormais riche ? Nouveauté "moderne"... Mais chose bien connue de ceux et celles qui dirigent le monde : ne vous intéressez ni aux affaires publiques, ni aux affaires privées (business). Et rêvez de... "la possibilité d'une île". Sans - moi...

Plateforme, the end !

plateforme"Jusqu'au bout je resterai un enfant de l'Europe, du souci et de la honte; je n'ai aucun message d'espérance à délivrer. Pour l'Occident je n'éprouve pas de haine, tout au plus un immense mépris. Je sais seulement que, tous autant que nous sommes, nous puons l'égoïsme, le masochisme et la mort. Nous avons crée un système dans lequel il est devenu simplement impossible de vivre.; et, de plus, nous continuons à l'exporter. "

Pour quoi ?

Dans la nasse de la littérature de masse !

houellebecq
Dans «Plateforme», le héros, Michel, fuit, lui aussi, encore, «l’Europe, aux anciens parapets», et aux nouveaux. Le fonctionnaire de la Culture n’est pas un as des muscles exposés, mis en mouvement, proposés à l’admiration de tous – sauf, bien sur, son sexe qui l’anime encore. Souvent, il s’ennuie. Il y a donc de nombreux écrans, et la lecture fait disparaître du temps, qui sans cela… Michel a acheté, outre le sempiternel Hot Vidéo, des livres, des best-sellers.

«Je… ramassai avec résignation la Firme, de John Grisham. C’était un best-seller américain, un des meilleurs ; un des plus vendus, s’entend. Le héros était un jeune avocat, qui travaillait quatre-vingt-dix heures par semaine ; non seulement cette merde était préscénarisé jusqu’à l’obscène, mais on sentait que l’auteur avait déjà pensé au casting, c’était manifestement un rôle écrit par Tom Cruise. (…) Il s’agissait d’un récit à suspense, enfin un suspense modéré : dès le deuxième chapitre il était clair que les dirigeants de la Firme étaient des salauds, et qu’il n’était pas question que le héros meure à la fin ; non plus que sa femme, d’ailleurs. Seulement, dans l’intervalle, pour montrer qu’il ne plaisantait pas, le romancier allait sacrifier quelques sympathiques personnages de second plan ; restait à savoir lesquels, çà pouvait justifier une lecture.» Constat sur le best-seller, la Firme – ou Plateforme ? Préscénarisé, c’est-à-dire écrit comme si ce que nous lisons cadrait déjà avec le découpage narratif cinématographique, comme si ce découpage avait mis en forme le récit même. Avis aux amateurs de best-sellers : le cinéma vous donne des leçons. Un héros ne meurt pas. Leçon banal, et Michel lui non plus ne meurt pas, et pourtant, Valérie, elle, peut-elle être considérée comme un «personnage de second plan» ? Sur le plan narratif, elle n’est pas au premier plan, mais elle devient l’aimée de Michel, sincèrement, profondément ; elle n’est pas au premier plan «social», comme le sont les politiques, les «stars», et c’est elle qui meurt dans ses bras, tuée par des terroristes islamistes. Comme celles et ceux qui ont été abattus à Bali.
Leçon de choses : la «littérature» américaine de best-seller est, en retard, d’un monde, car ce sont les anonymes qui meurent, de manière violente, les «personnages de second plan» qui, selon la littérature de Michel Houellebecq, méritent d’être au premier plan. Car, vengeance de la vie, les héros, français, sont des hommes et des femmes comme les autres, c’est-à-dire ne sont pas des «héros». Les anonymes de toute sorte peuvent ainsi se reconnaître, dans cette modestie, cette petitesse, cette mesquinerie, et, surtout, ces obsessions sexuelles. Les prouesses héroïques, on s’en fout. Pour Michel, les seules prouesses, dignes de ce nom, sont celles que les prostituées thaï, et puis Valérie, sont capables d’offrir à son sexe. «L’héroïsme» est intime quand il est encore spectaculaire chez les autres. Et «la» femme est au cœur de cette héroïsme, antipuritain, antifondamentaliste. Réservé à ceux et à celles qui pensent, encore, que le but de la vie doit se trouver quelque part dans l’extase de la fusion entre…

Michel, lui, continue à lire «de la littérature de masse»… Total Control…

Jean-Christophe Grellety

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