L'autisme, l'autisme de haut niveau, le labyrinthe des vies et des intelligences
Pendant que des chaînes, bien nommées, déroulent des "programmes de divertissement" dont la finalité objective consiste à abêtir leurs spectateurs, à les rendre toujours plus ignorants des réalités vitales et mondiales, qu'elles les concernent de près ou de loin, pendant que ces mêmes chaînes sont parvenues à capter les consciences fatiguées d'une civilisation qui continue de vouloir rouler toujours plus vite vers des murs qui eux ne bougent et ne bougeront pas, d'autres travaillent à faire que, dans la "société de l'information", les "informations" circulent, vraiment, se diffusent, et des informations qui méritent d'être ainsi qualifiées, c'est-à-dire ce que l'on appelle en philosophie des connaissances. Depuis plusieurs mois, Arte a ouvert un dossier intitulé "Voyage au centre du cerveau". Pour les réalisateurs de cette série, le piège qui les menaçait était facile et bien connu : traiter du cerveau de celles et de ceux dont le QI est très élevé, parmi celles et ceux qui s'autoqualifient de "normaux". Or ce cerveau des "normaux" intelligents voire très intelligents ne présente pas d'intérêt spécifique en tant que tel, alors que celui des "autistes de haut niveau" est instructif par ses spécificités mais aussi par les perceptions, les images, les compréhensions décalées qu'il rend possible chez celles et ceux qui sont atteints du syndrome d'Asperger. Les capacités des "normaux" et celles des autistes de haut niveau relèvent d'abord d'une structuration originaire et vitale à l'égard de laquelle nul n'a joué un rôle déterminant, puisque, comme le rappelle le cas de ces autistes de haut niveau, ces capacités sont héritées d'une Nature artiste - ce qui est déjà important de rappeler pour relativiser l'intelligence des "normaux". Ensuite, ce que révèle la conscience et les capacités des autistes de haut niveau à l'égard des prétendus "normaux", c'est que ces derniers fonctionnent, perçoivent et pensent dans un tunnel étroit, extrêmement limité. Mais en outre, la conscience et les capacités des "normaux", et même parmi les plus intelligents, sont faibles, elles aussi très limités, par comparaison avec celles de ces autistes de haut niveau, mais même plus généralement par comparaison avec un grand nombre de "handicapés", dont le handicap spécifique est souvent compensé par une sensibilité ou une compétence. Matt Savage ridiculise tous les enfants sérieux qui apprenent le piano, puisqu'il a appris à en jouer en une nuit, et que, à quatorze ans, il compose ses propres oeuvres; quand un autre parvient à mémoriser une longue séquence des images de sa conscience, à les conserver et à être capable de reproduire un immense panorama de la ville de Rome ! Mais c'est avec le cas de Temple Grandin que l'on peut le mieux mesurer la spécificité et les apports de l'autisme de haut niveau, ou d'un handicap spécifique en général, par rapport à une "normalité" écrasée par les préjugés du prétendu "bon sens". En effet, cette Américaine est capable de percevoir et même de "dialoguer" avec des herbivores comme les vaches, et c'est par son intermédiaire que nous pouvons savoir, entendre, que les vaches "pensent", c'est-à-dire ont des perceptions subjectives et affectives, en-deçà du langage articulé qui nous caractérise mais que nous n'avons pas constitué. Enfin, l'autisme de haut niveau intéresse directement la pensée philosophique originairement platonicienne tant celles et ceux qui subissent ou au contraire qui jouissent de ce "handicap" supposé sont extrêmement sensibles aux Formes construites, perceptibles et perçues, sur la base d'une géométrie et d'une mathématique fusionnelles avec le réel.








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