Attention : les JT vous proposent une vision/perception réductrice et tronquée du monde ! voire, mensongère.
A lire, un article de Laurent Muchielli, "Vers une criminologie d'Etat en France ?" qui, à mes yeux, n'a qu'un seul tort, transformer un fait en question.
"Public Senat" diffuse une émission spéciale consacrée aux Roms, qu'il faut voir et écouter. Qui sont les Roms ? Il y a ceux qui se désignent ainsi, qui sont ainsi désignés, et il s'agit de personnes qui vivent pour l'essentiel dans quelques pays de l'Est de l'Europe - et, comme en Roumanie, leur vie est extrêmement difficile. En France, l'ouvrage "Les Gitans" indique qu'ils sont - qu'ils étaient 10.000 à 15.000 ! Etaient, puisque, suite à un célèbre discours du chef de l'Etat actuel, des Roms ont été expulsés de France. Sur un tel territoire que celui de la France et à l'égard d'une population de 65.000.000 de citoyens en France, 10.000-15.000 de Roms "menaçaient" la vie et la tranquillité de ces millions ! Dans son ouvrage, Marc Bordigoni répond à 16 questions concernant leurs origines, leurs finances, leurs us et coutumes, leurs talents. En particulier, les affirmations selon lesquelles "les Gitans n'aiment pas travailler", "Les Gitans vivent des allocations", "Les Gitans sont des voleurs", et TOUTES ces affirmations sont écrasées.
Les Tunisiens avaient leurs médias d'Etat. Nous, nous avons les rejetons de Maman ORTF : l'illusion de la diversité. Tous les jours, TOUS LES JOURS, du matin au soir, la propagande d'Etat trouve des relais, partout, sur les chaînes de télé, sur les radios (les pires médias de France). Dans "C à vous", Alessandra Sublet a une oreille attentive et favorable à l'égard du gouvernement et de la droite en général. Il y a quelques semaines, elle lançait à un socialiste mou du bulbe que, en France, "on se fait tout de même bombarder par les impôts" - il s'agissait des plus hauts revenus et salaires. Elle ne semblait pas au courant de l'existence du "bouclier fiscal" et du fait que toutes les comparaisons économiques prouvent que ce haut niveau d'imposition des hauts revenus et salaires est un mythe. Hier, elle a fait comprendre à un chroniqueur que la critique de la Police d'Etat, illustrée par les images de l'embarquement violent d'un citoyen étranger exclu de France n'était pas acceptable. Mais le pire dans les médias français est sûr. En zappant sur des radios, entre 12 heures et 14 heures, vous pouvez écouter "Carrément Brunet". Hier, nous avons eu droit à un morceau d'anthologie. Il était question des indemnisations chômage, et du fait que, suite à la parution par "le Figaro" (!) d'un entretien avec M. Méhaignerie, il faudrait s'interroger sur les indemnisations chômage en France, trop élevées et trop longues (24 mois). Dans ce genre d'émissions, on invite des auditeurs à appeler. Trois se sont succédés. COMME PAR HASARD, les trois confirmaient les critiques à l'égard du système d'indemnisation : favorise le goût du chômage. Un premier interlocuteur, patron d'une petite PME, prétendait qu'un jeune apprenti a travaillé suffisamment de temps dans son entreprise pour, après s'être mis en arrêt maladie (il est vrai que ce sont les salariés qui décident de cela ! et le journaliste n'a posé aucune question sur la cause de l'arrêt maladie), se mettre au chômage. Selon ce patron de PME, il y a trop d'"assistés" ! Et toutes les exonérations de cotisations au profit des entreprises ? Et la suppression de la taxe professionnelle ? Et les profits des entreprises qui sont rarement partagées avec les salariés ? Et les plus assistés de France, les plus riches ? Et le fait que l'indemnisation chômage est la CONSEQUENCE de cotisations ? ! Et le fait qu'il y a une dégréssivité par trimestre, contrairement à ce qui est indiqué à priori ? !
La deuxième interlocutrice prétendait être une Belge, en France depuis six ans, au chômage depuis trois ans, et prétendant avoir reçu plus d'indemnisation en tant que cadre que ce qu'un nouveau salaire lui aurait apporté ! Le troisième confirmait les deux premiers ! Bref, à la propagande nourrie de "questions philosophiques" de M. Brunet, les auditeurs apportaient une soi-disant confirmation - triée sur le volet, et dont on peut même se demander si ces auditeurs correspondent à leur profil annoncé, si ce ne sont pas des agents rémunérés par le Medef pour mentir ! Vous pouvez écouter cette émission lamentable avec ce fichier.
Mardi soir, sur France 2, Ségolène Royal était "face aux Français" (sic!). Il fut question des 35 heures. Un soi-disant entrepreneur d'une petite PME lui affirma que, avec les 35 heures, sa vie de chef d'entreprises était devenue difficile, avec trop de complications. Aucune explication "concrète". Et fait étonnant, il affirma diriger une petite PME - de plus de 20 salariés alors, puisque les autres entreprises, en deça, n'ont jamais connu les 35 heures ! Guillaume Durand, dont les "informations" sont fournies par M. Copé, affirma que les 35 heures coûtaient une fortune. Et Ségolène Royal les défendit très mal, visiblement connaissant mal son sujet. Pour tout savoir sur les 35 heures.
En Tunisie, les micros sont ouverts. En France, les directs n'existent quasiment plus, et le peuple est interdit de parole dans les grands médias, sauf comme "témoins" et pour quelques miettes de seconde...
Et pendant ce temps, les manipulations continuent : exemple, hier soir, sur France 5, "C dans l'air" consacré à la Tunisie, et un premier reportage consacré aux islamistes tunisiens d'Ehnnada. M. Calvi fait ce qu'il veut, avec ses propos toujours à droite, ses perspectives toujours à droite, ...
Depuis son arrivée sur France2, ce journaliste travaille à la pipolisation de l'information. Comme la plupart des journalistes et des animateurs d'émission de télévision, leurs programmes ont aussi pour objet de leur permettre, INDIVIDUELLEMENT, de se constituer un carnet de relations, et de devenir amis avec "des stars". Le cirage de pompes est permanent. Le Dimanche, ce "journaliste" (mais combien de personnes qui travaillent pour lui en amont pour lui préparer les "infos", les "dossiers" ?!) invite, convie des people, en mettant à côté politiques, "intellectuels", et artistes. Ce sont toujours des connus-reconnus - pas d'inquiétude pour le direct ! Ce dimanche, il y avait NKM (une marque), François Berléand et un autre acteur. "François Berléand, il paraît que la dette vous fait cauchemarder". "Oui, non, tout de même, mais c'est vrai que...". "Madame la Ministre, la dette, c'est important ?". Bien sur... Evidemment, NKM est "orthodoxe" et la dette, "c'est important". Même si, DEPUIS 2007, la dite dette est passée, ALLEGREMENT, de 1000 milliards à 1800, bientôt 1900 milliards d'euros, c'est-à-dire a presque doublé de son montant énorme. Bien sur, le "journaliste" ne connait pas ses chiffres et donc il ne risque pas de les donner à NKM qui peut gloser tranquillement. Il ne sait pas, NON PLUS, que la dite dette a diminué pendant la gouvernance Jospin, le seul à l'avoir fait baisser, le seul à avoir constitué un fonds de financement pour les retraites. Mais le meilleur est à venir. Le digne blond du sketch elmahlelien (depuis convertir au "bouclier fiscal") veut parler du phénomène, le livre de Stéphane Hessel. Petite présentation du livre par une journaliste, et de M. Hessel, REDUITS L UN ET L AUTRE A UNE NOSTALGIE, CELLE DU PROGRAMME DU CONSEIL NATIONAL DE LA RESISTANCE ! Bref, Hessel est un vieux gaga gâteux qui a la nostalgie du "passé" - il va de soi que tous les textes du PASSE qui engagent la France dans un "contrat social", le programme du CNR, comme la Déclaration des Droits de l'Homme, comme la Constitution elle-même, c'est du passéisme nostalgique ! Bien entendu, le Berléand ne comprend pas la manoeuvre ou s'en fout - il est en promo, comme d'habitude. La dette lui fait faire des cauchemars - nous, on pourrait en faire d'avoir des pipeuls aussi ignares et superficiels, on peut en faire d'avoir un tel journaliste manipulateur alors que 2012 se profile. Car, concernant le livre de Stéphane Hessel, il invite les citoyens et notamment les plus jeunes à CONNAITRE le programme du Conseil National de la Résistance - un programme, qui, PAR EXEMPLE, parle de l'Indépendance des médias, partie du programme qui n'a pas été mis en oeuvre par celles et ceux qui ont dirigé la France après 1945 et jusqu'à nos jours. Hessel ne dit nulle part que "c'était mieux avant", le résumé à la Berléand du propos de l'auteur mais seulement que les problèmes et les défis, outre qu'ils sont devenus planétaires, sont toujours aussi graves et qu'il faut être sérieux pour s'y confronter, ce qui n'est pas le cas du "travail" de ce journaliste et de tous les autres pipolisants du monde médiatique.
"Depuis la publication de «Gomorra», livre sur la mafia napolitaine, il y a quatre ans, Roberto Saviano est menacé de mort par la Camorra. Mercredi à Bruxelles, il vient de recevoir reçu le prix 2010 du Livre européen, dont «Libération» est partenaire, pour son recueil de textes «la Beauté et l’Enfer» (Robert Laffont). Agé de 31 ans, l’auteur n’a cessé de dénoncer la contamination économique et politique des mafias en Europe. Après la littérature et le théâtre - il était au Théâtre de la Ville à Paris, en juin -, Roberto Saviano vient d’animer, avec le présentateur Fabio Fazio, une série d’émissions à la télévision publique italienne «Vieni Via con Me» («pars avec moi», clin d’œil à Paolo Conte), qui dressent un portrait de l’Italie de Berlusconi.
Votre émission a battu des records historiques d’audience sur la chaîne Rai 3, rassemblant plus de 9 millions de personnes, soit 15% de la population. Comment expliquez-vous ce phénomène ?
Je n’en reviens pas. Il y a eu des pics à 12 millions de personnes, on a battu le record de la rencontre Inter de Milan-FC Barcelone en avril. Je n’arrive pas à expliquer ce qui s’est passé. La situation historique et politique de l’Italie en ce moment a joué pour beaucoup dans ce record. Il y a aussi le fait que des émissions d’approfondissement, de réflexion, d’engagement n’existent quasiment plus en Italie, ou alors elles sont rarissimes et en seconde partie de soirée. Les débats politiques restent très superficiels, au niveau des ragots. Ils sont devenus l’occasion de s’amuser ou d’insulter, de piéger l’adversaire pour le faire tomber. Pour comprendre, les téléspectateurs doivent chercher l’information ailleurs. Ce résultat est donc inimaginable, et je ne crois pas que cela soit de mon fait ni de mon mérite. J’ai fait des monologues et des récits, que j’ai essayé de rendre accessibles à un public de gauche, de droite, du centre. Il s’agit d’alchimie. Je crois que ce sont les faits, les histoires qui ont intéressé les gens.
Vous évoquez «l’importance de la situation historique et politique» du moment. Quelle image avez-vous de l’Italie aujourd’hui ?
Le climat est terrible, dur. Le gouvernement, en réalité, n’existe plus. Il reste debout par opportunité. Les responsables politiques vivent la peur au ventre et n’osent plus bouger, car un climat de vengeance règne au gouvernement. Lorsqu’on affiche les photos des gens qui ont pris position en faveur de Gianfranco Fini[l’ancien allié de Silvio Berlusconi qui a demandé sa démission en novembre, ndlr], quand on livre aux électeurs de la majorité de droite leurs noms, que l’on dit en substance, «ceux-là devront payer [pour leur trahison]», il s’agit bien de vengeance. C’est pourquoi, dans la première émission, j’ai essayé de démonter le mécanisme de la machine qui déverse de la boue. Aujourd’hui dans ce pays, les gens se lancent en politique en déclarant : «Je descends sur le terrain», reprenant à leur compte l’expression que Berlusconi avait employée quand il a commencé à faire de la politique en 1994. Tous utilisent cette expression footballistique détestable qui signifie que l’électeur est un supporteur, un tifoso qui ne participe pas à la vie politique. Il est avec un camp ou l’autre. Dans l’Italie d’aujourd’hui, personne ne décide de faire de la politique s’il n’a pas quelque chose à gagner. Je ne dis pas que le politique doit être une figure mystique, qui ne doit rien gagner, comme s’il sortait tout droit de «la République» de Platon. L’ambition, la volonté de gagner, d’avoir des responsabilités sont évidemment nécessaires. Mais l’ambition doit servir à faire des choses justes, à être un bon ministre de l’Intérieur, un dirigeant de parti, un député, etc.
Le politologue Ilvo Diamanti a écrit, dans «La Repubblica», que vous êtes devenu un leader d’opinion médiatique et politique…
"Qu'est-ce que "vivre à gauche", aujourd'hui ? C'est, maintenant, vivre, avec une mémoire sans cesse en reconstruction, et avec des projets pour que le meilleur pour tous advienne, et devienne un nouveau maintenant. Car être à gauche, ce n'est pas pour moi vivre par et pour des "Idées" desincarnées et qui n'auraient jamais, n'auront jamais, de réalité, mais bien rechercher à créer et vivre dans un présent, extraordinaire. C'est pour cela que la mémoire, personnelle parce que collective, est indispensable. 2500 ans après l'invention de la démocratie en Grèce, les pays prétendument démocratiques ne le sont pas ou le sont contradictoirement. "Guerre civile pacifique", tant que l'égalité n'est pas conquise et vécue, durablement, mieux, définitivement, nous vivons l'expérience des démocraties dictatoriales, avec des pouvoirs technocratiques, économiques et politiques, coupés de "nous, le peuple". Pour combien de temps et pour quelle sortie de l'aporie historique : vers le meilleur ou le pire ? Les Grecs nous ont tant légué, y compris tant de mots-pensées, comme la "Krisis", ces moments graves où il faut prendre des décisions, et de bonnes décisions. Les démocraties sont, par essence, des régimes de crises, puisqu'il nous faut décider de manière régulière à qui nous devons confier la responsabilité du navire. La décision de 2007, de la part de tant de petits, de modestes, a été gravissime. Ce que nous avons observé et subi depuis 2007 était entièrement écrit dans la personne et le programme de l'élu. La situation actuelle où des élus qui refusent de remettre en cause leurs retraites de privilégiés pendant qu'ils s'attaquent aux modestes retraites de la majorité des citoyens en est le dernier avatar, mais parfaitement annoncé dans cette violence d'une prétention gravissime de tous ces gouvernants, pourtant depuis longtemps diagnostiqués par Socrate et Platon : la connaissance du Bien, du Vrai et du Beau, qu'ils prétendent avoir reçu en "révélations", dans une alliance religieuse et scientifique ("l'économie"). Etre de gauche, c'est savoir que les peuples sont empéchés de vivre libres et heureux depuis les siècles des siècles, puisque des puissants sans réelle autre puissance que le consentement populaire (leçon de la Boétie) ont appris à vivre sur le dos et aux crochets, dans le bling-bling des hauts revenus et des privilèges, qui sont leur désir le plus profond (avec les femmes). Malgré tout, malgré leur résistance farouche à la vie, à l'expression, aux libertés populaires, les peuples du monde d'aujourd'hui ont atteint un niveau de vie et de libertés, inouï, comparé à tout ce que nos aïeuls, modestes, ont connu, mais aussi à tout ce que les puissants des anciens temps ont connu. Il faut le savoir et savourer. Mais le legs tyrannique perdure, et nous menace toujours, lui aussi à un niveau jamais vu, grâce aux technologies et aux soumis heureux ou non. C'est une bataille de Titans, et elle est désormais devenue le monde même. C'est passionnant et terrifiant à la fois, car la défaite est interdite. Sinon..."
"J’accuse volontiers réception de votre lettre reçue au Conseil général de Saône-et-Loire, le 20 septembre dernier, dans laquelle vous qualifiez “d’inadmissibles” les propos que j’ai pu tenir devant la caméra de Monsieur Pierre Carles, dans son film intitulé “Fin de concession”.
Comme vous le savez, la chaîne que vous dirigez utilise à des fins commerciales le domaine public hertzien, propriété publique appartenant à la Nation toute entière, et dont la chaîne TF1 et ses actionnaires ne sont, aux termes de la loi, que les utilisateurs à titre précaire et les dépositaires fragiles et éphémères. Le regard libre et sans concession d’un représentant de la Nation sur le comportement d’une chaîne qui fait un usage contestable de ce bien public national, relève de ses devoirs politiques et moraux élémentaires.
La chaîne TF1 n’a donc pas d’autre choix que d’accepter, quoi qu’il lui en coûte, toute critique publique de ses agissements, puisque la télévision reste un bien collectif appartenant à tous les Français même si celle-ci s’exerce dans la forme de l’entreprise privée que vous présidez.
Est-il nécessaire de rappeler que l’actionnaire majoritaire et opérateur de la chaîne TF1, la Société Anonyme Bouygues, exploite une activité quasi-exclusive de construction de bâtiments et de travaux publics, à travers des marchés publics, dans lesquels le pouvoir d’Etat et la diplomatie nationale disposent d’une influence avérée.
Les rapports de proximité politique entre les orientations éditoriales de TF1 et le pouvoir actuel posent le problème dans une démocratie comme la nôtre, du respect du pluralisme et de la séparation des intérêts publics et privés, et les échanges de services et de bons procédés entre eux.
TF1 dispose à ce sujet, en quelque sorte d’un long casier judiciaire, constitué de rappels à l’ordre et d’amendes pour violation des règles du pluralisme politique. Dernièrement, vous avez cru devoir donner la parole pendant plus de 2 heures au Président de la République, chef du parti majoritaire, à une heure de grande écoute, tout en ne permettant à la principale dirigeante de l’opposition de ne répliquer que pendant 4 minutes. Dernièrement encore, selon le Conseil Supérieur de l’Audiovisuel, au premier trimestre 2010, en cumulant TF1 et LCI, votre chaîne d’information, vous avez offert 32 heures de temps de parole au Président de la République, au Gouvernement et à l’UMP, contre 8 heures à des membres de l’opposition. Il y a quelques temps déjà, Monsieur François Bayrou, lui-même, avait dénoncé au mois de janvier 2007, votre arrogance et votre mépris du pluralisme en ces termes : “Vous n’êtes pas les patrons de la France. Nous ne cèderons pas à votre matraquage.”
La grossièreté des violations, la lourdeur des sanctions et la répétition des infractions depuis 15 ans, m’amènent à considérer que le comportement de la chaîne TF1 que vous présidez relève du piétinement systématique de nos lois et règlements. A mes yeux, j’ajouterai que les journalistes de TF1, dont le professionnalisme est connu et louable, n’ont pas la responsabilité qui est la vôtre dans cet état de fait condamnable.
Malgré ces comportements blâmables, TF1 a néanmoins obtenu des gouvernements et des majorités parlementaires qui se sont succédés, de nombreux privilèges et avantages indus : assouplissement du dispositif anticoncentration, renouvellement automatique de la concession sans mise en concurrence, droit à une deuxième coupure publicitaire dans les oeuvres de fiction, introduction forcée sur la Télévision Numérique Terrestre qui a provoqué des réactions extrêmement vives de vos concurrents, et allègement substantiel et régulier des obligations contenues dans votre cahier des charges. Au point qu’il me paraît possible de faire observer que sur un bien pourtant public, TF1 exerce désormais un monopole privé, profitable et incontrôlable avec la complicité de l’Etat.
Puisque vous employez dans votre lettre le vocable “inadmissible” au sujet d’une phrase de ma part qui, semble-t-il, vous aurait froissé, ne pensez-vous pas que ce mot devrait plutôt s’adresser au comportement de l’entreprise que vous dirigez ?
Mais le plus grave n’est pas là. Sur le plan culturel, il faut rappeler les dégâts considérables que votre chaîne a provoqués sur la vision que les Français ont d’eux-mêmes et de notre société contemporaine. Je m’autoriserai à dire, comme il est légitime qu’un représentant de la Nation puisse le faire, que vous avez participé avec méthode et constance à l’appauvrissement de l’imaginaire collectif des Français.
Dans la semaine du 29 septembre au 5 octobre 2010, vous avez choisi de consacrer 41 heures 30 à des émissions liées à l’argent, soit des émissions de vente (télé shopping) ou à des jeux dont l’appât du gain est le moteur (“Une famille en or”, “Les douze coups de minuit”, “Koh Lanta”, “Secret Story”). Les relations entre les hommes ne relèvent pas que de l’argent et une société ne pourra jamais se résumer à celui-ci. Pourtant, sur TF1, l’argent est malheureusement partout.
Les émissions où vous mettez en scène de façon artificielle la compétition acharnée et destructrice de la dignité, entre des êtres humains -jusqu’à leur faire manger des vers de terre-, occupent cette semaine plus de 23 heures d’antenne (“Master Chief”, “Koh Lanta”). Pourtant, les relations entre les humains peuvent être coopératives et non pas forcément conflictuelles, comme vous en conviendrez.
Enfin, je suis surpris par la contribution malheureusement décisive que TF1 a apportée à l’élévation du niveau de violence dans les oeuvres de fiction diffusées. Le nombre de meurtres, de viols, et de violences physiques a acquis en 15 ans une importance démesurée dans les programmes de votre chaîne.
En somme, les valeurs dominantes que vous diffusez et transmettez dans la société française ne seraient-elles pas celles de l’argent et de la cupidité, de la compétition acharnée et du conflit, de la violence et du règlement de comptes ?
En 1987, la société Bouygues avait obtenu le droit de racheter TF1 en faisant valoir un prétendu “mieux disant culturel”. Votre illustre prédécesseur, Monsieur Patrick Le Lay, déclara presque 20 ans plus tard, “ce que nous vendons à Coca-Cola, c’est du temps de cerveau humain disponible”. Je me souviens que quelques jours après cette déclaration en forme d’aveu, la Société des Compositeurs et Auteurs déclarait : “Les propos tenus par le président de TF1 témoignent du niveau de dégradation que peut atteindre la télévision, le signe du cynisme, du mépris et de l’arrogance”.
Je brise là une énumération éprouvante, pour tous ceux qui ont une meilleure idée de ce que mérite la France. Mais vous conviendrez qu’il n’est pas illégitime de penser que votre chaîne porte une responsabilité considérable dans la dégradation à la fois du niveau du débat démocratique français, mais également de la représentation que les Français peuvent avoir d’eux-mêmes.
Puisque vous vous hasardiez dans votre lettre à évoquer la question des excuses, je me permets de vous dire avec une sincérité dont je ne voudrais pas abuser, que s’il est des excuses à présenter, je crois que c’est plutôt TF1 qui devrait les présenter à la France."
Lorsqu'il s'agit de football, il est fréquent que la confusion règne et favorise une supposée séparation stricte des sentiments et des pratiques : un monde populaire et beauf, pro, et un monde élitiste, intellectuel, anti (mais aussi pro, puisque, pendant que les masses s'abrutissent d'histoires de matchs, on peut faire des affaires tranquilles). Il était une fois un jeu devenu une industrie d'industries, dirigée par une internationale affairiste. Des poches privées, l'argent coule à flot : spectateurs, investisseurs, mafieux, avec des joueurs qui gèrent leurs affaires, à des niveaux pas du tout concernés par "la crise" - quelle crise ? ! Mais en dehors, à côté de cette appropriation d'un jeu par une Internationale capitaliste qui se sert de tout dans cette industrie d'industries (car comme dans le cochon, tout est bon... !), par exemple en implantant dans les têtes le principe d'une aristocratie financière dont les revenus peuvent toujours augmenter vers l'Infini, à côté de ce Casino sous contrôle, il y a, la Balle, le Jeu, les règles. La Balle : sphère, divine, qui se prête à tout, qui obéit à la main (c'est interdit pour tous les joueurs sauf le gardien), aux pieds, mais aussi à la tête, au torse, aux cuisses, qui obéit très religieusement à la force de propulsion (le lien parfait entre la force et la maîtrise données), les règles, favorables à la plus grande mobilité, et l'esprit du jeu, la rencontre entre des personnes et des peuples qui ne se connaissent pas. C'est célèbre : au Bresil, dans les favelas, mais aussi en Afrique, mais aussi partout à travers la planète, les gamins jouent au ballon, mais ils ne jouent pas au football-industrie. Le jeu est divin, le football-industrie n'a qu'un principe : l'argent - comme à la Société Générale de Kerviel, comme avec Madoff, etc. En distinguant, nous ne retrouvons pas obligés de conspuer le jeu et de soutenir une organisation internationale d'une Coupe du Monde jouée par des millionnaires dont beaucoup n'ont aucun sens civique.
De «la crise», ou des crises, il
y a les faits, il y a les échos, il y a les mots, les sentiments, les idées,
les perspectives. Voulons-nous en sortir ? et pour le bien de… tous ?
Alors, les citoyens doivent pouvoir en parler, en débattre, LIBREMENT. Mais
dans la République, «démocratie totalitaire», donc si peu démocratique, l’ESPACE
PUBLIC pour de tels débats civiques et les échos qu’ils doivent avoir auprès
des autres citoyens n’est pas ou peu disponible, libre. Car cet espace pour le
dialogue entre les citoyens, c’est aussi ces MEDIAS, à commencer par les médias
de masse, mais la situation semble empirer, toujours plus : toujours plus
de superficiels, de diversions-divertissements, de contrôle politique. En lieu
et place de ces débats libres, nous avons la propagande : d’Etat, avec les
«actualités», ces JT d’informations qui relaient en permanence la parole de l’Etat,
d’un certain monde «privé» (privé de transparence et d’explicitation sur qui
veut et fait quoi) qui appuient en permanence les intentions et les règles des «grands»
de ce monde, dont nous savons de plus en plus qu’ils vivent, pensent et
travaillent CONTRE la majorité civique. En France, bien sur, la situation n’est
pas nouvelle : l’ORTF a certes disparue, mais derrière la multiplicité
médiatique (chaînes, radios), il y a la même unité de contrôle. Les
conséquences de cette situation sont claires : vous entendez, voyez,
toujours les mêmes, que vous allumiez votre téléviseur ou que vous allumiez une
radio. Le seul lieu de liberté pour notre démocratie (mais pour combien de
temps tant les attaques contre cette liberté sont nombreuses de la part d’une
élite qui a peur), c’est Internet, mais nous savons qu’il est sous contrôle, et
que, hélas, malgré des médias novateurs, Rue 89, Arrêt sur Images et quelques
autres, ce contrôle continue d’imposer ses lignes directrices à une majorité
civique trop passive. La situation nationale et internationale est grave :
l’économie est en récession, et pourrait aller vers la dépression, le chômage
explose, … Nos dirigeants sont ou dépassés ou non compétents ou nuls ou mauvais
(celles et ceux qui sont heureux de cette situation et font tout ce qu’ils
peuvent pour la faire empirer). De tout cela, nous pouvons et devons parler,
librement, c’est-à-dire avec des espaces et du temps (ah ces médias qui
relaient les sms des «télespectateurs » ou qui les laissent parler 30
secondes…). Nous ne pouvons rien demander aux médias privés. Ils sont sous
contrôle et nous savons que celles et ceux qui les dirigent refusent notre
liberté d’expression. Par contre, les médias publics appartiennent à la nation.
Ces médias publics, ce sont, le groupe France Télévisions, Arte, Radio France. France
2, dont la rédaction est dirigée par Madame Chabot, soutient entièrement le
gouvernement et sa majorité, comme le prouve toutes les émissions dont elle est
animatrice (« A vous de Juger »), ainsi que celles animées par M.
Calvi, etc.Le réseau de France 3
régions est entièrement dévolu au relais des informations économiques et
politiques, sans la moindre émission pour le débat public ! Et les autres
chaînes de France Télévisions propose des rediffusions. Il y a donc de la
place, de l’espace et du temps, sur ces 24 heures de diffusion, pour permettre
des émissions EN DIRECT , SANS CONTROLE par les pouvoirs publics sur les
thèmes et les participants. En tant qu’ancien animateur de cafés-philos auprès
de Marc Sautet, je sais que, dans un débat, d’un débat, il ne sort pas
nécessairement le meilleur. Mais je sais aussi que dans un débat et d’un débat,
il peut aussi sortir le meilleur, selon l’état d’esprit, la volonté, l’intelligence
et la sensibilité des participants, et je sais que SANS DEBAT PUBLIC ET LIBRE,
il n’y a pas de démocratie. Or, c’est précisément ce que nous vivons et
subissons.
Dans un premier temps, je publie
cet appel pour que celles et ceux qui le lisent expriment clairement leur
soutien ou non, leurs sentiments, leurs idées, leurs propositions. Il faut que
cet appel soit suffisamment relayé et soutenu pour que, dans un deuxième temps,
nous le portions à l’attention des leaders politiques, des responsables. D’ores
et déjà, je lance un appel solennel aux quelques médias libres, comme
ceux-cités, Rue 89, Arrêt sur Images, pour qu’ils se mobilisent sur ce sujet et
qu’ils se coordonnent afin de mettre en place les moyens de tels débats publics
et libres.
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